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15 oct. 2020
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La filière cosmétique se mobilise avec 30 propositions pour faire face à la crise

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15 oct. 2020

Ce jeudi 15 octobre se sont tenus à Paris les premiers Etats généraux de la filière parfumerie-cosmétique. Organisé par le pôle de compétitivité de la Cosmetic Valley, cet évènement inédit qui visait à préparer la relance des entreprises du secteur après la crise du coronavirus fut le point d’orgue d’une semaine dense pour la filière, puisque les 12 et 13 octobre s’est également déroulée la sixième édition du salon Cosmetic 360. Cette session 100% digitale en raison du contexte de crise sanitaire, était placée sous le signe de l’innovation et a généré 22.000 connexions. Cette semaine de relance, décisive pour un secteur qui ne prend que rarement la parole, a également été marquée par l’annonce de la mise en place d’un couvre-feu en Ile-de-France et dans huit métropoles.


En France la filière cosmétique se prépare à l'ère post Covid-19


"La consommation était bien repartie en juin, dès la rentrée de septembre nous avons senti un fléchissement, peut-être dû à la montée d’une certaine appréhension ou du télétravail. Avec les annonces du couvre-feu ce fléchissement risque donc de s’accentuer. Vous savez notre secteur est bizarre, en Chine la croissance est repartie et aux Etats-Unis les ventes se sont maintenues. Le secteur cosmétique reste moins touché que l’ensemble de l’économie française même s’il y a évidemment des différences. Les PME sont plus touchées que les grands groupes, la distribution sélective et les instituts sont plus touchés que la grande distribution ou les pharmacies, et les marques repères des grands groupes fonctionnent mieux que les nouveaux entrants", détaille Marc-Antoine Jamet président de Cosmetic Valley. 

Avec ces premiers Etats-Généraux, la filière qui emploie 250.000 personnes et pèse plus de 40 milliards d’euros veut donc préparer la reprise et s’emparer du plan de relance du gouvernement. Pour cela, elle se mobilise et vient de dévoiler ses "30 mesures pour une relance gagnante et durable". Un rapport issu d’une vaste consultation de l’ensemble des acteurs du secteur ayant généré 400 propositions, qui sera remis aux ministères de l’Économie et des Finances, des Affaires Etrangères et du Commerce extérieur, mais également à des acteurs à l’échelle européenne. L’objectif: contrer la concurrence des marchés asiatique, américain et émergents.

"Un tiers des mesures présentées dans ce rapport consiste à s’inscrire, avec nos particularités, dans le plan de relance du gouvernement. Un second tiers aboutit à l’accélération et au renforcement d’opérations que nous avions testées ou expérimentées et qui doivent être généralisées. Enfin un dernier tiers est composé d’initiatives nouvelles nées de la crise du coronavirus", explique Marc-Antoine Jamet.

Parmi les mesures s’inscrivant dans le plan de relance du gouvernement la possibilité pour les entreprises de la filière cosmétique d’accéder à Bpi Touch. Ce programme de Bpi France est dédié aux start-up et PME des industries créatives et culturelles (ICC) et inclut un volet de garanties (garanties de renforcement de trésorerie…), un autre sur l’innovation (prêts innovations, aides à la faisabilité) ou encore des outils de conseil (formation, mise en relation…).

L’innovation apparait plus que jamais comme l’une des clefs de la relance



Du côté des mesures déjà initiées par la Cosmetic Valley mais dont la mise en place va être accélérée, le renforcement du Beauty Hub. Cet accélérateur dédié à l’innovation dans la parfumerie et la cosmétique conçu normalement pour recevoir jusqu’à une dizaine de start-up va voir sa capacité d’accueil augmenter. L’innovation qui apparait plus que jamais comme l’une des clefs de la relance, sera aussi favorisée par la mise en place d’un "Tour de France de la recherche cosmétique" afin de créer des synergies entre les mondes de la recherche publique et privée. Une initiative qui s’inscrit dans la continuité d’une démarche initiée dès 2015 avec la création du Groupement de recherche sur la cosmétique avec le CNRS.

Pour parer à la crise sanitaire, la profession annonce aussi la création d’un réseau d’investisseurs baptisé "Cosmetic Angels". Un réseau qui vise à renforcer les fonds propres des entreprises en phase d’amorçage ou porteuses de nouveaux projets. Un appel à la candidature d’investisseurs a ainsi été lancé ce jeudi 15 octobre.

Parmi les mesures directement nées de la crise sanitaire pour soutenir l’outil industriel en France, les acteurs de la filière proposent que les nouveaux sites de production cosmétique qui verraient le jour malgré la crise soient exemptés d’impôts fonciers pendant la durée d’amortissement de l’investissement.
 
Le soutien aux exportations de produits cosmétiques, qui ont chuté de 14% sur les six premiers mois de l’année, est également abordé. La profession souhaite ainsi voir naître une marque filière export pour porter les valeurs du "Made in France" et influer sur les marchés internationaux. Une marque qui serait adossée à la marque d’État Choose France. "Pour cela il faudrait que l’Etat nous reconnaisse comme une véritable filière et pas seulement comme un pôle de compétitivité. Il est vrai que nous produisons des produits aussi différents que du savon ou du parfum haut de gamme, mais il en va de même pour la filière automobile. Et puis nous sommes le second secteur exportateur en France. Notre faiblesse est sûrement de ne pas tellement être B2B. C’est vrai que l’Etat ne nous a jamais passé une grosse commande de rouge à lèvres", conclut avec humour Marc-Antoine Jamet.

A noter que les mesures à prendre pour rendre l’industrie cosmétique plus responsable et plus durable sont largement présentes, tout comme celles liées à la nécessaire accélération de la digitalisation.
 

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