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La filière textile marocaine affiche de grandes ambitions

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20 oct. 2014

Mohamed Tazi, directeur général de l'AMITH.

Présenté en 2013, le plan 2025 pour la filière textile marocaine se précise petit à petit. A l'occasion des salons Maroc in Mode et Maroc Sourcing ces 15 et 16 octobre, l'AMITH (Association marocaine des industries du textile et de l'habillement) a fait le point sur les avancées de 2014.

D'abord, après avoir doublé la Tunisie et pris la cinquième place des exportateurs de textile vers l'Union européenne en 2013, le Maroc a conforté sa bonne dynamique (+8 % en 2013) avec une nouvelle hausse de 9 % sur le premier semestre. De quoi, espère Mohamed Tazi, directeur général de l'AMITH, "consolider notre place dans le top 5".

Mais les objectifs pour 2025 sont très ambitieux et, pour faire passer les exportations textiles de 28 milliards de dirhams marocains (2,5 milliards d'euros environ) à 57 milliards en 2025, des mesures sont annoncées. Celles-ci reposent principalement sur la volonté d'organiser la filière en "écosystèmes", à savoir des pôles de compétence, à l'image du cluster jeans créé fin 2013. La maille pourrait faire l'objet d'une même structuration prochainement.

L'Etat interviendra ainsi pour que ces groupements d'intérêt économique renforcent notamment leur proposition en amont, pour offrir aux donneurs d'ordres une offre plus complète. Cinq conventions viennent de voir le jour, dont deux avec l'appui du groupe Inditex, notamment en matière de finissage.

Mais l'obstacle principal à ce plan très ambitieux est bien sûr la conjoncture européenne. Comme Gildas Minvielle, responsable de l'observatoire économique de l'IFM, l'a rappelé dans une conférence sur le salon de Casablanca, la consommation européenne ne tend évidemment pas à connaître de bond dans les années à venir. Si l'Espagne et la France sont les principaux clients des fabricants marocains, il leur faudra peut être donc diversifier géographiquement leur clientèle.

"Une nouvelle baisse des prix redoutée pourrait également pénaliser la filière textile marocaine si elle se confirme", tempère également Gildas Minvielle, pour qui il ne faudra pas chercher à concurrencer les bas prix asiatiques, mais "rester sur un positionnement fast fashion et un sourcing de proximité".

Pour cela, l'AMITH compte sur le développement de la consommation africaine, notamment, mais surtout sur son marché national. Et c'est le deuxième volet du plan 2025 : la reconquête du marché marocain et la réappropriation de la production de l'offre.

Environ un tiers de l'offre textile sur le territoire marocain serait fabriquée dans le pays, selon l'estimation de Mohamed Tazi. Il compte ainsi à la fois sur un boom de la consommation et sur une hausse de la part de fabrication nationale. Si le textile marocain pèse 16 milliards de dirhams (1,4 milliard d'euros) en 2014 sur son marché domestique, il espère pouvoir en peser 43 milliards à horizon 2025.

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