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17 mars 2020
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La France vers la récession : 45 milliards d'aides débloqués

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17 mars 2020

Après les restrictions de déplacements annoncées lundi soir par le président de la République, ce matin le ministre de l'Économie et des Finances détaillait les mesures de soutien aux entreprises et salariés évoquées par Emmanuel Macron. Bruno Le Maire a notamment chiffré à 45 milliards d'euros l'enveloppe dédiée.


Bruno Le Maire, ministre de l'Économie et des Finances - AFP Bertrand Guay



"C’est une première aide économique immédiate mais chacun doit comprendre qu’il y a une guerre contre le virus, il y aussi une guerre économique et financière, elle sera durable, elle sera violente. Et les entreprises qui sont touchées aujourd’hui, les artisans, les commerçants le savent mieux que personne, ils en souffrent. Ils sont inquiets. Et cette guerre doit mobiliser toutes nos forces, nos forces nationales, nos forces européennes et nos forces du G7. Nous allons mettre 45 milliards d’euros pour les entreprises et pour les salariés. Nous allons garantir au niveau de l’État les prêts bancaires pour que, quand une entreprise va dans sa succursale à Angers à Nantes ou à Sélestat, elle puisse trouver l’emprunt dont elle a besoin : 300 milliards d’euros de garantie de l’État pour les prêts bancaires, ce qui fait qu’on ne doit pas avoir une seule PME qui ne trouve pas la trésorerie dont elle a besoin. Nous avons décidé hier la mise sur la table de 1000 milliards d’euros au niveau des États membres de la zone euro de garantie de prêts bancaires pour s’assurer qu’il y a de la trésorerie et de la liquidité pour les entreprises européennes."

Au-delà de ces éléments, le ministre est aussi revenu sur la création d'un fonds de solidarité pour les entreprises réalisant moins d'un million d'euros de chiffre d'affaires annuel et qui subissent un recul drastique de leur activité.

"Nous voulons que la solidarité nationale joue à plein"



"C’est un milliard d’euros minimum, a annoncé le ministre. Cette situation est un drame pour des millions de français. Donc nous voulons que la solidarité nationale joue à plein. Il sera pour les micro entrepreneurs, pour les plus petites entreprises, pour les indépendants qui ont moins d’un million d’euros de chiffre d’affaires, il sera pour tous ceux qui ont perdu, entre mars 2019 et mars 2020, 70 % de leur chiffre d’affaires. On va faire simple, on va faire massif et on va faire solidaire. 1 500 euros, c’est le tarif de base qui sera garanti à toute entreprise qui rentrerait dans ces champs. Soit son commerce a été fermé, soit il y a la chute du chiffre d’affaires. Et il y a des cas où on aura besoin de plus parce que l’entreprise était menacée de faillite, le restaurateur peut fermer, le théâtre peut mettre la clef sous la porte. Nous ferons davantage et au cas par cas nous regarderons ce qui peut être apporté en plus."

Le ministre a précisé que l'action de ce fonds, qui s'adresse donc aussi au 1,3 million de micro entrepreneurs recensés en France l'an dernier, vient s'ajouter au report de toutes les charges fiscales et sociales sur le mois de mars, la mesure qui représente une grande part de l'enveloppe de 45 milliards d'euros. Sur ce point, Bruno Le Maire a même précisé que la mesure pourrait aller jusqu'à "éventuellement l’annulation de ces charges pour tous ceux qui seraient menacés de faillites. Comme l’a dit le président de la république nous ne voulons pas de faillites. Il y aura au cas par cas des annulations."

Le gouvernement entend limiter l'impact sur l'économie car il s'attend à une récession sur l'ensemble de l'année. Le ministre de l'Économie constate que la crise sanitaire est une catastrophe économique en France mais aussi dans le monde entier. "Nous aurons en 2020 une situation de croissance très détériorée. Je dois présenter dans quelques heures un projet de loi rectificative avec le ministre des comptes publics, Gérald Darmanin, en conseil des ministres nous inscrirons en prévision de croissance en 2020 -1, c’est-à-dire une croissance négative. Et je préfère être très transparent avec les Français. Ce -1 c’est un chiffre provisoire. La zone euro sera également en récession. Partons dans ce combat avec lucidité, le choc sera violent."

Au-delà de la lutte intense contre le virus, tout l'enjeu pour l'État est donc, selon le ministre, de mettre en place des mesures afin de permettre à l'économie et aux entreprises françaises de préparer l'après. "Toutes ces mesures sont faites avec une idée très simple. Il faut que l’économie puisse redémarrer très fort lorsque l’épidémie sera, je l’espère derrière nous, le plus vite possible, a-t-il souligné. Le chômage partiel qui a été simplifié par Muriel Pénicaud et déplafonné au-delà d'un SMIC. Cela est fait pour qu’on ne perde pas les compétences. Ce qu’il y a de plus précieux dans une entreprise, ce qu’il y a de plus nécessaire ce sont les compétences des salariés, c’est leur savoir-faire, c’est leur expérience. Nous avons tiré les enseignements de la crise de 2008 où il y avait eu des licenciements massifs parce que les entreprises ne pouvaient pas faire autrement. Nous disons, là vous gardez vos salariés en les mettant en activité partielle."

Nationalisation et plan de relance



La nationalisation est sur la table. Bruno Le Maire indique en effet être prêt à tout pour protéger les grandes entreprises fragilisées sur les marchés financiers. "Cela peut passer par la recapitalisation. Cela peut passer par des prises de participation. Je peux même employer le terme de nationalisation si nécessaire. Nous emploierons tous les moyens à notre disposition" a indiqué le ministre de l'Économie, à l'occasion d'une conférence de presse téléphonique organisée le mardi 17 mars au matin par Bercy.

La grande inconnue pour les professionnels concernait jusqu'à présent la nature du Plan de Solidarité, dont le programme est désormais dévoilé. La nouvelle inconnue est le fameux "Plan de Relance", sensé relancer l'économie au sortir de la crise actuelle. Un point qu'il n'est pas encore temps d'aborder, indique Bercy. "Des consultations sont en cours, mais il est encore trop tôt pour évoquer les contours de ce plan et sa mise en application", a indiqué Bruno Le Maire. 

Le Ministre a au passage expliqué la décision de maintenir l'activité industrielle tricolore. "Oui, nous avons fait le choix de maintenir une activité économique, même réduite", indique le locataire de Bercy. "Nous voulons garantir aux Français le maintien de leur approvisionnement en biens, services et traitements des déchets, notamment. C'est évidemment un exercice compliqué dans une chaîne de valeur fragilisée. Mais c'est ce qui assure la continuité de la nation".



 

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