×
Publicités

La Halle : Beaumanoir, Chaussea et Besson sont candidats à la reprise

Publié le
26 mai 2020
Temps de lecture
3 minutes
Partager
Télécharger
Télécharger l'article
Imprimer
Cliquer ici pour imprimer
Taille du texte
aA+ aA-

Qui pour reprendre les actifs de La Halle ? Placée à sa demande en procédure de sauvegarde depuis le 21 avril, l'enseigne de mode familiale du groupe Vivarte a reçu sept offres de reprise partielle, émanant pour la plupart de concurrents. Au global, ces dossiers combinés permettraient pour l'heure de sauver 3.195 emplois sur 5.391, soit environ 60% des effectifs. Côté magasins, 502 unités sur 830 seraient reprises. Pour l'heure, la logistique de La Halle (soit deux entrepôts et 496 salariés) n'intéresse aucun acquéreur.


Le concept familial de La Halle, dévoilé en 2018 à Metz - La Halle


L'offre la plus large émane du groupe Beaumanoir, déjà actif sur le dossier Naf Naf. La société malouine envisage de s'adjuger 300 magasins et plus de 2.000 salariés, en conservant le nom de marque La Halle. Viennent ensuite des offres complémentaires, dont celles des chaînes de périphérie Chaussea (100 magasins repris) et Besson (ancienne enseigne du groupe Vivarte), mais aussi de Gémo. Deux acteurs du secteur de l'alimentaire sont aussi sur les rangs pour quelques points de vente.

Le PDG du groupe Vivarte, Patrick Puy, expliquait le 15 avril qu'il cherchait de son côté à bâtir un plan de sortie de crise, en se séparant des points de vente dans le rouge et donc en cédant ou fermant 100 à 200 magasins. Ce ne sera pas le cas. Cette idée de relance a été abandonnée et, pour engager les cessions de magasins, La Halle va être placée en redressement judiciaire la semaine prochaine.

En l'état actuel, 2.196 personnes feraient donc l'objet d'un plan de sauvegarde de l'emploi



Un nouvel appel d'offres sera lancé : il inclura normalement les offres déjà émises, qui pourront être renforcées, et attirera peut-être de nouveaux candidats pour reprendre d'autres actifs. "Nous ferons notre possible pour qu'elles soient améliorées. Nous ne sommes pas gourmands : la quasi-totalité des offres s'effectueraient sans aucune contrepartie financière, hormis peut-être la vente des stocks. Au second round, nous espérons faire venir d'autres acteurs", expose Patrick Puy.

L'examen des offres s'effectuera entre le 8 et le 10 juin. Les candidats à la reprise devront encore prouver qu'ils ont la solidité nécessaire pour financer à l'avenir l'activité des magasins qu'ils souhaitent acquérir.

En l'état actuel, 2.196 personnes feraient donc l'objet d'un plan de sauvegarde de l'emploi, qui pourrait être acté en juillet, avec des notifications de licenciement qui interviendraient début août. "Je n'imaginais pas une telle issue, livre le dirigeant. On a fait beaucoup d'efforts, mais oui, je le vis comme un échec."

La crise du Covid-19 a aggravé la situation de l'enseigne, qui avait déjà été éprouvée par le mouvement des Gilets jaunes, puis les grèves contre la réforme des retraites. Avec les huit semaines de fermeture des magasins pendant le confinement, ce sont environ 80 millions d'euros de chiffre d'affaires par mois qui ont été perdus. La chaîne, qui pèse 847 millions d'euros de ventes annuelles, a également récemment liquidé son bureau d'achats en Asie.

Depuis la réouverture des magasins, le 11 mai, Patrick Puy indique que l'enseigne a enregistré un haut niveau de ventes : sur les deux dernières semaines, l'activité de La Halle a augmenté de 30% en moyenne par rapport à la même période l'an dernier.

En 2017, un plan social avait déjà entraîné la fermeture de 135 points de vente La Halle et la suppression de 450 postes, préparant la fusion des deux Halle (aux vêtements et aux chaussures). En février 2020, un PSE, aujourd'hui suspendu en raison de la procédure, avait été annoncé au siège et à la logistique, touchant 101 postes.

Tous droits de reproduction et de représentation réservés.
© 2020 FashionNetwork.com