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La Halle rejoint le giron du groupe Beaumanoir

Publié le
8 juil. 2020
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Le tribunal de commerce de Paris a rendu son verdict dans le dossier La Halle, qui compte 830 points de vente et quelque 5.400 salariés. Parmi les différentes offres présentées au tribunal, une préférence a été donnée au projet du groupe breton Beaumanoir, annonce ce dernier dans un communiqué. La société malouine va donc reprendre 366 magasins et 2.520 employés de l'enseigne de mode familiale, en redressement judiciaire depuis le 2 juin. L'enseigne de souliers Chaussea met quant à elle la main sur 128 emplacements et maintient l'emploi d'environ 700 salariés.


Magasin La Halle - DR


Le périmètre des actifs que s'adjuge le groupe Beaumanoir intègre 150 personnes des deux sièges de La Halle (à Paris et dans la région lilloise) et concerne aussi l'un de ses deux entrepôts, celui de Montierchaume (Indre). 

"Au nom de l’ensemble de nos équipes, je suis fier et heureux d’accueillir la marque La Halle, ainsi que ses collaborateurs et partenaires au sein du Groupe. La Halle est une marque française emblématique sur le marché de la mode à petit prix, et nous sommes ravis qu’elle vienne compléter notre offre de marques actuelle. Nous avons pour cela conçu et proposé un projet global fort et engagé pour la marque qui va pouvoir bénéficier de tout notre savoir-faire et de nos technologies pour lui donner de vrais moyens de développement", a réagi Roland Beaumanoir, le président du groupe aux 2.700 points de vente, qui réalise environ 1,3 milliard d'euros de ventes annuelles. 


La Halle a fusionné ses deux enseignes (vêtement et chaussure) en 2019. - La Halle


Ce sont 25 offres de reprise qui avaient été déposées concernant la chaîne du groupe Vivarte, portant surtout sur des groupes de magasins et émanant d'acteurs comme Chaussea, Besson, Gémo, Aldi, Carrefour ou Lidl. Certains de ces acteurs reprennent des points de vente qui n'entrent pas dans le périmètre de Beaumanoir, et cela permet ainsi de sauver davantage d'emplois. Pour l'heure, les enseignes Chaussea et Chauss34 (active dans le Sud de la France) ont vu leur offre validée, ce qui maintiendrait 3.334 emplois sur 5.400 si l'on additionne les trois dossiers, selon l'AFP. 

Fondée en 1984 par la famille Grieco, la chaîne tricolore Chaussea (360 points de vente) nous confirme qu'elle reprend 128 emplacements et 700 salariés La Halle. "La Halle aux chaussures est un rêve pour Chaussea. Mon père Gaetan Grieco qui a commencé sur les marchés a toujours admiré cette belle entreprise au temps où elle était dirigée par Georges Plassat et Claude Buffard", commente Sophia Grieco, la directrice de la stratégie de l'enseigne, qui empoche là des "emplacements dont l'entreprise rêve depuis trente ans". 

En outre, les offres émanant des distributeurs alimentaires seront évaluées dans un second temps. Un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) sera ensuite lancé pour les salariés qui ne seront pas repris. Un contingent qui pourrait atteindre 1.500 personnes.

Un nouveau segment de marché pour Beaumanoir



Comme nous l'expliquait fin juin Jérôme Drianno, le directeur général de Beaumanoir, l'acquisition de La Halle est "un vrai projet de marque, afin de redresser et de moderniser La Halle, avec une enveloppe d'investissement conséquente de plus de 60 millions d'euros. La famille Beaumanoir engage aussi des fonds personnels dans cette relance". Le groupe breton, qui détient les enseignes Cache Cache, Morgan, Bonobo et Bréal, couvre avec La Halle un nouveau segment de marché sur lequel il n'était pas présent, celui de la mode à petit prix pour la famille. Et renforce de plus son empreinte retail en périphérie, alors qu'il a échoué il y a peu à reprendre Naf Naf.

La Halle, qui a réalisé 847 millions d'euros de ventes en 2018/19, a souffert durant la crise du Covid-19, mais était déjà fragilisée depuis quelques années, puis a vu son cas s'aggraver face aux conséquences du mouvement des gilets jaunes et des grèves. Pendant le confinement (huit semaines de fermeture des magasins), ce sont environ 80 millions d'euros de chiffre d'affaires par mois qui ont été perdus, selon le PDG de Vivarte Patrick Puy. Le placement de l'enseigne en sauvegarde a été acté le 21 avril, une procédure convertie sans surprise en redressement judiciaire quelques semaines plus tard.

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