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La haute couture, entre faste et interrogations

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AFP
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6 juil. 2007

PARIS, 6 juil 2007 (AFP) - Les défilés de mode pour l'hiver prochain, qui se sont achevés jeudi 5 juillet à Paris, ont ravivé les interrogations sur le rôle de la haute couture face aux nouveaux talents qui ont assuré l'essentiel du programme et exprimé plus modestement leur créativité.


John Galliano entouré de Linda Evangelista, Naomi Campbell et Gisele Bundchen, lors du défilé Christian Dior, le 2 juillet 2007 à Paris - Photo : François Guillot/AFP


Seules six des dix maisons qui possèdent l'appellation juridiquement protégée "haute couture" ont présenté des collections. Les dix-sept autres ont été présentées par des créateurs de prêt-à-porter de luxe, invités par la Chambre syndicale de la couture à bénéficier de la vitrine exceptionnelle que constituent les défilés parisiens.

Les quatre jours de défilés ont donné lieu à des shows plus ou moins somptueux, la palme revenant sans conteste à la maison Christian Dior qui a fêté ses soixante ans à l'Orangerie du château de Versailles en présence de nombreuses stars et de plus d'un millier d'invités. John Galliano, qui lui-même célèbre ses dix ans chez Dior, a dessiné une collection particulièrement fastueuse, inspirée de maîtres de la peinture.



Christian Lacroix a sublimé son élégance baroque pour les vingt ans de sa maison de couture. Dans une collection au faste princier, Jean Paul Gaultier a poussé encore plus loin le gommage des frontières entre homme et femme, qu'il pratique déjà dans le prêt-à-porter (mixte), en remplaçant la traditionnelle mariée par un marié.

Karl Lagerfeld pour Chanel a bravé une pluie tenace pour montrer, dans le cadre champêtre de la forêt de Saint Cloud, à l'ouest de Paris, ses femmes-oiseaux en robes à plumes ou gansées de pierreries, chaussées de cuissardes, coiffées d'aigrettes ou de cagoules et arborant, comme le couturier, des lunettes de soleil, même en robe de mariée.




Créations de Karl Lagerfeld pour Chanel présentées lors des défilés Haute Couture pour l'automne-hiver 2007/2008 à Paris le 2 juillet 2007


Riccardo Tisci pour Givenchy a invoqué la mythologie pour un vestiaire aux accents africains et Franck Sorbier a arrêté le temps pour une collection empreinte d'une nostalgie poétique.

"La haute couture, ça vit", a lancé avec enthousiasme Jean Paul Gaultier, interrogé après son défilé. "Evidemment, on ne gagne pas d'argent avec la haute couture, mais on arrive tout au moins à combler les frais", a-t-il ajouté en assurant avoir "de plus en plus de clientes". "La haute couture me donne une certaine forme de liberté, ou c'est peut-être moi qui m'octroie plus de liberté".

La haute couture est "obsolète", estiment au contraire Béatrice Ferrant et Mario Lefranc, créateurs de la griffe Lefranc-Ferrant dont la collection a été très applaudie. "Passer des heures pour faire des points qui ne se voient pas, ça ne sert à rien". Ils jugent la haute couture "trop passéiste, pas assez adaptée à la réalité".

Ils reconnaissent cependant qu'être invités dans le calendrier de la haute couture est "une aide précieuse", "une main tendue, peut-être une reconnaissance".

Le styliste brésilien Gustavo Lins, invité pour la première fois en janvier et à nouveau cette saison, souligne que cela lui a "donné une visibilité énorme". "Dans les six mois qui ont suivi le premier défilé, nos ventes ont augmenté de près de 70 %", dit-il en soulignant que ses vêtements sont "dessinés et réalisés selon les critères de la haute couture mais peuvent être fabriqués de façon industrielle".




Création de Christian Lacroix lors des défilés haute couture parisiens le 3 juillet 2007 - Photo : Pierre Verdy/AFP


Pour Christian Lacroix, la haute couture, "c'est un rêve" mais, ajoute-t-il, en même temps, ça veut dire de vrais ateliers, avec de vrais gens qui achètent, qui commandent, qui s'habillent comme ça".

"La couture doit faire rêver", approuve Franck Sorbier. Mais "une femme qui s'habille en couture ne s'habille pas de la même façon qu'une femme, par exemple, des années 50 ou 60.". "Notre rôle aussi, c'est de nous adapter à l'époque, aux femmes".



Par Dominique SCHROEDER

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