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La lunette française mise sur l'innovation et le haut de gamme pour survivre

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18 oct. 2007

PARIS, 18 oct 2007 (AFP) - Montures recouvertes de peau de requin ou personnalisables à volonté: les fabricants français de lunettes jouent la carte de l'innovation et du haut de gamme pour se démarquer de la concurrence asiatique et tenter de rattraper leurs rivaux historiques, les Italiens.


Affiche du Silmo 2007

"Les fabricants français changent de positionnement sur le marché : ils trouvent désormais leur place dans un créneau d'innovation qui leur est reconnu", explique Denis Larrue, directeur d'A.Lu.Tec, l'Association lunetière technologique, à la veille de l'ouverture à Paris du Mondial de l'optique.

"Aujourd'hui, la création est réellement française", assure-t-il depuis Morez (Franche-Comté), un des deux bassins historiques de la lunetterie française, avec celui d'Oyonnax (Ain).

L'industrie du verre de lunette est dominée par Essilor, 2,7 milliards d'euros de chiffre d'affaires. A coups de partenariats et de lourds investissements dans la recherche et développement, le français s'est hissé jusqu'à la première place mondiale.

Mais la fabrication de montures reste éclatée entre une soixantaine de petites et moyennes entreprises: L'Amy, le plus gros producteur français, réalise "seulement" une soixantaine de millions de chiffre d'affaires.

Avec des marges de quelque 10 % en moyenne, ces PME et PMI ont difficilement résisté au rouleau compresseur asiatique du début des années 2000. Dans une industrie très gourmande en main d'oeuvre, les fabricants asiatiques, en particulier chinois, se sont engouffrés dans le bas et moyen de gamme.

Après une phase de restructuration, de fermetures de sites et de délocalisations, la lunetterie française employait fin 2005 quelque 2 690 salariés, soit 16 % de moins que deux ans plus tôt.

A l'inverse, les fabricants italiens, concurrents historiques avec lesquels les lunetiers français faisaient jeu égal jusqu'au début des années 1990, ont mieux résisté, du fait de leurs poids : le numéro un italien, Luxottica, est aussi leader mondial avec 4,7 milliards d'euros de ventes annuelles.

Surtout, "en partenariat avec de grandes marques de luxe, ils se positionnent sur du haut de gamme", explique le Sessi, le service statistiques du ministère de l'Economie, dans son édition 2007 du Panorama de l'industrie en France.

Une stratégie que les fabricants français adoptent aujourd'hui. Avantage : "les entreprises, qui n'ont plus la pression des volumes, peuvent désormais se permettre d'innover sur les produits et d'apporter du renouveau sur le marché", explique Denis Larrue.

Au-delà d'une mode des montures aux couleurs acidulées, les lunetiers français osent les mariages: ils associent bois, corne, écaille ou même peau de requin aux aciers et plastiques traditionnels.

L'innovation se niche jusque dans les charnières, que l'on tente de rendre plus souples et plus flexibles, ou desquelles certains tentent de chasser les dernières vis.

La possibilité de personnaliser la monture en utilisant des branches démontables et interchangeables fait aussi fureur, assure le directeur d'A.Lu.Tec.

Revers de la médaille, cette course à l'innovation accélère le renouvellement des collections: pour séduire un opticien, l'industriel doit désormais démontrer sa créativité et présenter des modèles tout au long de l'année, et non plus seulement à l'occasion des deux grands salons professionnels de Paris et Milan en Italie.

Le Mondial de l'optique parisien se tient de vendredi à lundi porte de Versailles. Ses organisateurs attendent un millier d'exposants représentant 80 pays, et 48 000 visiteurs.

Par Gaëlle GEOFFROY

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