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La Manufacture Charentaise, en redressement, cherche un repreneur

Publié le
today 19 sept. 2019
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C'était une idée ambitieuse que de regrouper les derniers fabricants français de charentaises. Mais celle-ci a rencontré un écueil de taille. A la tête des sociétés Rondinaud, Jéva, et Manufacture Degorce, le groupe Manufacture Charentaise qui s'est constitué en 2018 sous l'impulsion de l'ex-ministre Renaud Dutreil, à la faveur de plusieurs reprises consécutives de fabricants en difficultés, est aujourd'hui en redressement judiciaire. Le tribunal de commerce d'Angoulême a placé le groupe en observation jusqu'en janvier, lui permettant de poursuivre son activité, mais recherche activement un repreneur.


La Manufacture Charentaise


Les candidats à la reprise de l’entreprise basée à Rivières (Charente) ont jusqu’au 30 septembre au soir pour déposer leurs offres. Mais le directeur général, l’ex-ministre Renaud Dutreil, indiquait durant l’été se donner avant tout le temps de reconstruire un projet pour l’entreprise.

Selon l'AFP, qui cite l'avocat de Renaud Dutreil, il y aurait un candidat déclaré pour la reprise : Pascal Becker, ancien cadre supérieur du groupe suisse Givaudan, numéro un mondial des parfums et arômes.

Née en juin 2018 de la fusion des sociétés Rondinaud, Labuge, Degorce et Ferrand, la structure s’inscrit dans l’ambition de Renaud Dutreil de construire un « pôle charentais des produits chaussants ». Celui qui était ministre des PME de 2002 à 2007, s’était lancé il y a deux ans dans la gestion d’un fonds d’investissement dédié aux entreprises porteuse de savoir-faire d’excellence, Mirabaud Patrimoine Vivant. Un fonds notamment entré au capital du chausseur parisien Carel en avril dernier, mais aussi de l'équipementier Le Coq Sportif un mois plus tôt.

A cette activité de gestion du fonds s'ajoute donc la casquette de fondateur d'un groupe dédié à la fabrication de chaussons et chaussures en Charente. Renaud Dutreil détient à ce jour 50 % du capital de la Manufacture Charentaise constituée en 2018. L’ex-directeur général Stéphane Baleston, qui démissionnait en avril dernier, conserve une part minoritaire, selon la Charente Libre.

L’entreprise aurait souffert des visions diamétralement opposées sur plusieurs points. Stéphane Balestron aurait notamment fait prendre un virage haut-de-gamme à l’offre, là où Renaud Dutreil souhaitait viser grande distribution et détaillants. 

« Notre objectif à tous, salariés et direction, est de préserver le savoir faire des salariés et l'attrait commercial de nos produits. C'est possible si, sans polémique inutile, nous profitons de ce nouveau départ », indiquait Renaud Dutreil fin juillet à France Bleu.

Ce redressement intervient alors que la Charentaise de Charente-Périgord a décroché en mars dernier le statut d’indication géographique protégée auprès de l’Institut Nationale de la Propriété Intellectuelle. Elle limite l’utilisation du mot « charentaise » à des entreprises utilisant le procédé traditionnel du cousu-retourné sur une zone bien précise, incluant La Manufacture Charentaise.

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