×
6 480
Fashion Jobs
Publicités

La Manufacture Charentaise ne trouve pas de repreneur

Par
AFP
Publié le
today 15 nov. 2019
Temps de lecture
access_time 2 minutes
Partager
Télécharger
Télécharger l'article
Imprimer
Cliquer ici pour imprimer
Taille du texte
aA+ aA-

Angoulême, 15 nov 2019 (AFP) - La dernière fabrique de charentaises en Charente va fermer : le tribunal de commerce d'Angoulême a prononcé vendredi la liquidation judiciaire de La Manufacture Charentaise (LMC) à Rivières. La société emploie 104 salariés.


Georges Gobet AFP



Placée en redressement judiciaire le 25 juillet dernier, l'entreprise n'avait fait l'objet que d'une seule offre de reprise que le tribunal a rejetée. Elle proposait le maintien de 38 emplois. La liquidation a été prononcée "avec effet immédiat", a précisé à l'AFP Henri Lalouette, dirigeant départemental FO qui suivait le dossier, dénonçant la "gabegie, l'incompétence et la négligence" des dirigeants qui ont conduit à cette faillite. Présidée par Renaud Dutreil, ex-ministre du gouvernement Raffarin, qui détient la moitié des parts, LMC est le fruit du regroupement en 2018 de quatre fabricants, déjà mal en point, des célèbres chaussons charentais.

Selon une source proche du dossier, la société a subi en un an une forte baisse de son chiffre d'affaires - de 13 millions d'euros pour les quatre entreprises en 2018 à 7 millions - passant d'un résultat net positif de 1,3 ME à une perte de près de 700.000 euros en quelques mois.

Des problèmes de gouvernance, avec une direction en conflit interne, ainsi que des "mauvais choix de commercialisation", notamment en abandonnant trop rapidement ses ventes traditionnelles en grande surface pour se tourner vers le haut de gamme, expliquent notamment la dégringolade de l'entreprise, selon la même source.

LMC avait obtenu il y a moins d'un an un label qui garantit son savoir-faire, une "indication géographique" délivrée le 25 mars par l'Institut national de la propriété industrielle (Inpi). Ce label de la "charentaise de Charente-Périgord" est également détenu par l'entreprise Fargeot, qui fabrique toujours des charentaises mais en Dordogne voisine.

Née à la fin du XIXe siècle, la charentaise est issue des rebuts de fabrication des industries textiles et papetières situées sur le fleuve Charente. Les savetiers locaux ont eu l'idée de récupérer les feutres qui servaient au pressage pour en faire des chaussons, avec la languette caractéristique qui protégeait le pied du sabot de bois et la technique très particulière du "cousu-retourné" (semelle cousue et montée à l'envers, puis retournée).

Tous droits de reproduction et de représentation réservés.
© 2019 Agence France-Presse
Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (ou sur cette page selon le cas) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. L'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions qui ne peuvent être exclus, ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.