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La Manufacture de Layette reprend le tricoteur roannais Marcoux

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7 déc. 2020

Après avoir repris La Manufacture de Layette et Tricots de Tarbes en 2016, puis les Tricots Jean Ruiz à Roanne en 2018, Karine Renouil-Tiberghien et Arnaud de Belabre annonce l’acquisition du tricoteur roannais Marcoux. Forte du succès rencontré par ses produits dans la grande distribution tricolore, la Manufacture vise désormais les 5 millions d’euros de chiffre d’affaires l’an prochain, contre 1 million cinq ans plus tôt.


Karine Renouil-Tiberghien et Arnaud de Belabre - La Manufacture de Layette et Tricots



Ce changement intervient alors que la fratrie Marcoux (Christiane, Jean-Louis et Jean-Pierre) avait exprimé son souhait de prendre sa retraite: “On est allé les voir, et la structure s'est avérée très cohérente avec nos besoins en forte croissance, avec 30 métiers à tricoter, et une trentaine de personnes porteuses de savoir-faire”, raconte à FashionNetwork.com Karine Renouil-Tiberghien. “Ce sont des bonnetiers, des programmeurs, un atelier de confection d’une dizaine de personnes… Et plusieurs métiers”.

Avec l’acquisition de Marcoux, La Manufacture met en effet un pied dans le textile médical. La structure de Roanne est réputée pour ses orthèses, genouillères, coudières et chevillières. Un tricotage technique qui représente trois quarts du chiffre d’affaires de Marcoux. Ce que les nouveaux propriétaires entendent ramener à environ 50%, pour renforcer sa production de pull adulte et surtout de layette, métier historique de la structure reprise. “Sur l’aspect médical, il y a un gros marché sur les genouillères sportives, sur un marché qui produit surtout à l’étranger. C’est quelque chose qu'on a vraiment envie de développer”, explique la dirigeante.

La trentaine de salariés de Marcoux vient s’ajouter aux 12 employés que compte La Manufacture de Layette et Tricots, désormais installée à Pau, et les neufs officiant pour Jean Ruiz à Roanne. La Manufacture produit massivement et à flux tendu des layettes pour la grande distribution, et a de ce fait connu une excellente année 2020, puisque échappant aux fermetures de magasins ou rayons textiles en grandes surfaces. En septembre, l’activité était même en croissance de 48% chez Leclerc et de 42% chez Carrefour. 


La Manufacture de Layette et Tricots



Hors Marcoux, l’activité s'établit sur l’exercice clos fin septembre à 3,6 millions d’euros de chiffre d’affaires. Un chiffre désormais réalisé à hauteur de 25% sur des vêtements pour adultes. “Je pense que c’est surtout la part de l’adulte qui va désormais progresser, car nous sommes déjà dans pas mal d’endroits avec la Layette”, indique Karine Renouil-Tiberghien.

Pour la responsable, le message passé par l’entreprise ne change pas: il est possible de tricoter en France. Même l’assemblage, qui se fait pour les layettes chez un partenaire tunisien, est un terrain de relocalisation. “Depuis un an, nous développons avec Leclerc des pièces adultes (bonnets, écharpes, pull...ndlr) assemblées en France”, explique la dirigeante. “Mais on ne peut aller plus vite que l’évolution des prix que les gens sont prêts à payer. L’assemblage est la cerise sur le gâteau. Mais pour le tricotage, il n’y a pas de raison de ne pas le faire en France, car cela passe par des machines qui ont le même prix ici qu’en Asie, au Maghreb ou en Roumanie”. 


La Manufacture de Layette et Tricots



Sur ce terrain, La Manufacture entend également œuvrer à la sauvegarde des savoir-faire. Avec le soutien de la région et de Pôle Emploi, Jean Ruiz devrait être doté en mars d’une école de remailleur. Un savoir-faire presque disparu mais nécessaire au tricot pour marques haut de gamme. Et dont les dernières tenantes, au sein de Jean Ruiz, approchent du départ en retraite. La Manufacture de Layette et Tricots étudient par ailleurs les possibilités offertes par le plan France Relance, dont tout un pan est dédié au financement de nouvelles machines, à même de renforcer encore un peu plus la vaillance de l’entreprise.

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