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La mode brésilienne rattrapée par la crise économique

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AFP
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1 mai 2016

La Semaine de la mode de São Paulo souffre elle aussi de la récession de l'économie brésilienne : investissements et salaires des mannequins ont été réduits et des marques emblématiques comme Animale et Cavalera n'étaient pas au rendez-vous.


Riachuelo / SPFW 2016


En revanche, sept nouvelles marques ont fait leurs débuts dans la quarantaine de défilés de la São Paulo Fashion Week (SPFW), la plus grande d'Amérique latine, qui a pris fin vendredi.

Cette année, 12,5 millions de réais (3,5 millions de dollars) y ont été investis. C'est 15 % de moins que pour la précédente fin 2015, a indiqué l'organisation de l'évènement.

La première économie d'Amérique latine a plongé dans la récession l'an dernier avec un recul de 3,8 % et, selon les prévisions, elle ne commencera à se rétablir qu'à partir de 2017, soit l'une des pires crises du siècle.

Avec plus de 200 millions d'habitants, le Brésil qui était un marché dynamique s'essouffle désormais.

« La crise est arrivée », affirme Arlindo Grund, consultant en mode et présentateur d'un programme de télévision qui suit tous les défilés de la Fashion Week. « Et cela touche beaucoup cette industrie. Il y a eu des coupes dans la publicité et les investissements qui ont touché tout le monde : mannequins, couturières, stylistes. Il y a un risque pour les marques qui peuvent perdre en qualité, aussi bien dans la maison de confection que dans le concept de leurs collections », dit-il.

Plus de crise, moins de consommation

Si la Fashion Week a tout de même vu arriver de nouveaux sponsors de renom comme Coca Cola et Mercedes Benz, il semble évident qu'il y avait moins de public et moins de brio dans cette 41e édition.

La récession « se ressent beaucoup », confie le mannequin Larissa Marchiori, 18 ans qui vit à Paris et court d'un défilé à l'autre à la SPFW. « Le cachet est très bas, on met plus de temps à nous payer. Au lieu de grandes campagnes les marques préfèrent faire juste un "lookbook". A l'étranger, ce n'est pas beaucoup mieux, mais ici au Brésil c'est pire, ils marchandent tout le temps », dit-elle.

D'après l'Association de l'Industrie Textile et de la Confection (Abit), le chiffre d'affaires du secteur à totalisé 36,2 milliards de dollars en 2015, 32 % de moins que l'année d'avant. Les investissements ont reculé quant à eux de 31 %, à 749 millions de dollars.

« La crise nous a affectés avec la diminution des ventes et des commandes », explique le styliste João Pimenta, qui a présenté jeudi sa collection de vêtements pour homme. João Pimenta voit toutefois un « côté positif à tout cela » car la crise « nous obligera à être plus créatifs et efficaces pour survivre à cette situation ».

La designer Patricia Bonaldi, estime elle que cette crise a conduit la « cliente brésilienne à devenir plus consciente. Les achats impulsifs ont diminué et les personnes cherchent plus de qualité à un prix juste ».

Opportunité

Efficacité et compétitivité sont des mots récurrents lorsqu'on parle de l'industrie du géant sud-américain. Lourds impôts, bureaucratie excessive, infrastructure insuffisante, coûts élevés de l'énergie et de la main d'oeuvre forment le dénommé « coût Brésil » qui rend la production locale chère par rapport aux produits étrangers. Et la mode brésilienne, sans la qualité des grandes marques internationales, n'échappe pas à la règle.

« Nous avons connu une croissance en style et design, mais maintenant avec la récession la situation est difficile. Et à l'étranger, la mode brésilienne n'est pas compétitive », déplore Luciane Robic, spécialiste en marketing de l'Institut Brésilien de la Mode.

Mais cette crise pourrait bien se transformer en atout. « C'est un moment de réflexion et de défis, peut-être pourrions nous enfin repenser maintenant une meilleure stratégie », dit-elle.

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