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8 févr. 2022
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La mode italienne dépasse son niveau d’exportation de 2019

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8 févr. 2022

"En 2021, nous avons récupéré les deux tiers de ce que nous avions perdu en 2020. Cela a été une année importante, qui nous pousse à miser sur 2022 pour revenir à notre niveau d’avant pandémie", se réjouit le président de la Chambre nationale de la mode italienne (CNMI), Carlo Capasa, à l’occasion de la présentation du programme de la Fashion Week de Milan de février. Selon les dernières estimations publiées concernant les onze premiers mois de 2021, le chiffre d’affaires du secteur, incluant textile, maroquinerie, habillement, chaussures, bijoux, beauté et lunettes, est attendu à 83,13 milliards d’euros, en progression de 20,9% sur un an. Mais il reste encore légèrement en dessous de son niveau de 2019 (-0,8%), où il avait atteint 90,2 milliards.


Fendi, haute couture, printemps-été 2022 - © PixelFormula


Le marché italien, qui avait enregistré un ralentissement cet été après de fortes croissances aux premier et deuxième trimestres, a rebondi à l’automne, avec un mois de novembre particulièrement dynamique (+31,4%), bénéficiant d’une des plus larges couvertures vaccinales en Europe.

Le problème qui préoccupe le plus en ce début d’année est celui de l’inflation, même si, à y regarder de plus près, il ne touche pas excessivement le secteur de la mode en Italie. Alors que les prix des biens de consommation ont augmenté de 3,9% en décembre 2021 sur un an, selon les données de l’institut italien des statistiques Istat, les prix des produits de la mode n’ont progressé que de 0,6%. Sur la même période les coûts de production ont bondi de 22,6%, mais seulement de 3,2% concernant l’industrie de la mode.

Les résultats les plus intéressants ont été enregistrés à l’international avec, là aussi, un rebond à l’automne après la décélération estivale, toutefois plus contenu par rapport au boom du premier semestre. Enree janvier et fin octobre 2021, les exportations italiennes ont grimpé de 16,4% concernant juste habillement et maroquinerie et de 39,9% pour bijoux, beauté et lunettes. Selon les prévisions de la Camera della Moda, pour l'ensemble de l'année dernière, l’export transalpin devrait atteindre 67,9 milliards d’euros avec une hausse de 21% (+6,2% par rapport à 2019).

 "Nous progressons de six points par rapport à avant la pandémie et ce alors que perdurent les restrictions pour les déplacements. Nous sommes forts dans tous les pays, avec des croissances à deux chiffres dans sept de nos dix premiers débouchés", souligne Carlo Ferro, le président d’Italian Trade Agency, l’agence pour la promotion à l’étranger et l’internationalisation des entreprises italiennes (ICE).

Sur les dix premiers mois de l’année, les exportations du made in Italy se sont envolées de 50,1% vers la Chine, de 32,8% vers les Etats-Unis de 20,6% vers la France et de 19,3% en Corée du Sud. Le Royaume-Uni reste l’exception (-18,3%) en raison du Brexit, tandis que l’évolution de la croissance de l’export vers le Japon reste incertaine (+4,4%).


La hausse des ventes de la mode italienne en 2021 et celles sur 11 mois de son coût de production et du prix de ses produits - Istat


"Nos produits ont bien progressé vers les marchés les plus proches, assurant une reprise plus immédiate et facile, mais aussi vers ceux plus lointains, tels que les Etats-Unis et l’Asie, plus intéressants à long terme avec un grand potentiel de croissance en termes de demande, poursuit Carlo Ferro, en rappelant à FashionNetwork.com que pour promouvoir la présence des entreprises italiennes à l’international, l’ICE a lancé 19 actions et services nouveaux depuis trois ans, notamment vers le digital. "Nous avons créé, en particulier, 33 vitrines virtuelles de produits made in Italy sur les principales marketplaces mondiales, d’Amazon à Alibaba, qui hébergent 7.000 de nos PME", indique-t-il.
 
Parallèlement, les importations s’inscrivent en baisse de 1,7%, en grande partie à cause des difficultés logistiques et d’approvisionnement des pays extra-européens (-10,8%), en particulier en provenance de la Chine (-35%)."Il sera intéressant en 2022 de mesurer combien ce phénomène de ralentissement des importations reflète aussi une restructuration des chaînes d’approvisionnement international en faveur des pays les plus proches à l'Europe", note l’étude.

Du coup, le solde positif de la balance commerciale, attendu à 34,4 milliards d’euros pour 2021, devrait rejoindre et dépasser le niveau de 2019, année où il avait atteint 32,2 milliards d’euros. "C’est important, car cela témoigne aussi d’une nouvelle tendance à la relocalisation de la production dans la Péninsule", conclut Carlo Capasa.

 

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