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La mode post-minimaliste de Loewe

Traduit par
Marguerite Capelle
Publié le
today 1 mars 2019
Temps de lecture
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Les murs de l’espace qui accueillait le défilé Loewe au sein de l’Unesco étaient ornés ce vendredi de camées en verre, représentant des notables de la Restauration et de la Renaissance. La mode était dépouillée, épurée, mais avec d’autant plus de résonance et de sens du spectaculaire.


Loewe - Fall-Winter2019 - Womenswear - Paris - © PixelFormula


La visite d’une exposition à la National Portrait Gallery, qui comprenait des camées, était au cœur de la dernière collection imaginée par Jonathan Anderson pour la maison Loewe et le résultat était un défilé incroyable, et la mode la plus fraîche de cette saison parisienne.

Si la pièce signature de Jonathan Anderson, que ce soit chez Loewe ou pour sa propre maison, J.W. Anderson, était jusqu’alors la robe imprimée ruchée et semi-asymétrique, pour cette saison, il a tenu la barre avec des coupes plus cintrées et une palette de couleurs pleine de retenue.

Son premier look était un manteau de laine noire très bien vu, avec des poches plaquées et un col dégoulinant sur la poitrine, le tout parachevé par des bottines compensées et associé à un sac en cuir souple, coupé comme un sachet en plastique. Le deuxième : une liquette en mousseline blanche descendant jusqu’aux genoux, portée avec un corsage en dentelle aux manches bouillonnantes et sur un pantalon noir ample. Les chemises bouffantes, jabots et cols montants en dentelle des camées apparaissaient sur des corsages de soie sur le podium.

Les perles qu’affectionnaient ces aristocrates étaient présentes sur l’ourlet d’un pull marin torsadé couleur crème ou encore sur un fantastique pull en grosse laine complètement recouvert de centaines d’entre elles et associé de façon incongrue à un jean baggy. De nombreux tops portaient de spectaculaires petits chapeaux avec des ailes déployées, presque comme des membres féminines de la Guardia Civil, même si en fait ils s’inspiraient d’un modèle années 1950 du chapelier Coret, de San Francisco.

Mais le défilé était à mille lieux d’une interprétation littérale, puisque le créateur jouait avec son style composite. Avec par exemple une tenue de femme d’affaires brillante, avec un corsage d’institutrice victorienne, une brassière-pull à rayures inversée et une chemise d’homme taillée en jupe. Comme la dernière campagne de Jonathan Anderson pour Loewe, encore une fois réalisée par le maître de la photographie Steven Meisel, ce défilé méritait le titre : Magnified Emotions (« émotions magnifiées »).


Loewe - Fall-Winter2019 - Womenswear - Paris - © PixelFormula


« J’imagine que les camées sont les selfies de leur époque. Et peut-être qu’ils laisseront davantage de traces que nos selfies ? Et puis… je suis obsédé par l’artiste Richard Tuttle et j’adore l’idée de quelque chose d’incroyablement petit. Qui vous oblige à regarder les détails de très près », souriait Jonathan Anderson en faisant allusion à l’artiste post-minimaliste. Le créateur d’Irlande du Nord est même revenu sur le sol noir et les murs blancs de l’exposition. « Quand j’ai vu ça, je me suis dit, on embarque tout », a-t-il gloussé, cerné par les rédacteurs de mode agitant leur téléphone portable en coulisses.

Jonathan Anderson va aussi faire marcher les tiroirs-caisses Loewe avec quelques supers nouveaux accessoires et en particulier de nouvelles baskets basses blanches stylées, avec des motifs en spirales, et de nouvelles versions cloutées de son sac Puzzle à succès.

Jonathan Anderson a été l’enfant terrible de Londres pendant si longtemps que cela fait drôle de qualifier cette collection de très mûre, mais c’est exactement ce qu’elle était.

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