La science au service des cosmétiques de demain

Le 12 septembre dernier, 500 étudiants européens se rendaient à l’Institut Pasteur à Paris pour assister à un cycle de conférences orchestré par la National Beauty Science Institute (NBSI), un organisme américain qui promeut la place de la science dans l’industrie cosmétique. Face à eux des experts scientifiques des groupes L’Oréal, Coty, Estée Lauder, LVMH, Symrise et Johnson & Johnson venus présenter leurs travaux de recherche. L’occasion de rencontrer Sumit Bhasin, vice-président senior en charge de la recherche et du développement de la division luxe de Coty. Une division qui, avec ses marques Burberry, Gucci ou encore Philosophy, enregistre un chiffre d’affaires de 3,2 milliards de dollars, soit un peu plus d’un tiers des revenus totaux de la multinationale américaine.


Le 12 septembre l'Institut Pasteur à Paris accueillait le cycle de conférences du National Beauty Science Institute - DR

« L’objectif de l’événement est de montrer aux étudiants que ce qu’ils perçoivent de la création d’un produit n’est que la partie émergée de l’iceberg et que la science occupe une place centrale dans la création d’un produit de beauté. Et pas seulement en termes de formule mais dans tout l’écosystème, du packaging au big data. Nous avons donc besoin de chimistes, de biologistes mais aussi d’analystes spécialistes de la data, d’ingénieurs… », explique Sumit Bhasin, vice-président pour la recherche et le développement de la division luxe de Coty (Burberry, Gucci…) qui siège par ailleurs au Conseil consultatif international du NBSI.

Pour ce rendez-vous, qui se déroulait pour la première fois en France, le groupe de beauté américain a dépêché trois de ses experts qui ont tour à tour parlé de l’innovation en matière de packaging (le groupe Coty a d’ailleurs récemment ouvert un centre d’innovation dédié au packaging en France), des produits de protection solaire responsables ou encore de la "stretch innovation", comprendre comment développer de nouveaux modèles d’innovation dans la beauté à la manière des start-up, avec réactivité.


Sumit Bhasin vice-président senior pour la recherche et le développement la division luxe de Coty - DR

Le groupe Coty qui ne communique pas son budget global de recherche et développement (R&D), dispose aujourd’hui de 2 800 brevets au niveau mondial, dénombre dix sites de production et compte trois sites européens de R&D pour sa division luxe : à l'image de celui de Monaco dédié aux soins de la peau et aux produits solaires. Avec sa marque spécialiste des produits solaires, Lancaster, le groupe s’est par exemple penché sur la lumière des écrans, la fameuse "blue light", et ses conséquences sur la peau, proposant désormais un produit répondant à cette problématique.

« Pour des raisons de confidentialité, je ne peux pas entrer dans les détails des axes sur lesquels les pôles d’innovation travaillent actuellement, mais je peux vous dire que la "premiumisation" de nos marques est un sujet majeur. Nous cherchons des leviers techniques qui permettent cette "premiumisation" car les clients veulent désormais des produits personnalisés. Et au cœur de cette réflexion, nous nous demandons sans cesse comment innover en restant responsables. C’est presque devenu un prérequis dans tout ce que nous faisons », détaille Sumit Bhasin.

Sécurité des produits, montée de l’individualisation portée par les réseaux sociaux, pollution accrue ou encore vieillissement de la population, le champ des recherches paraît donc illimité dans une industrie mondiale de la beauté qui en 2016 a généré un chiffre d’affaires de 205 milliards d’euros, enregistrant une croissance continue depuis dix ans.  

Et au milieu de ces sujets qui flirtent pour certains avec des problématiques de santé publique, les experts de la cosmétique doivent innover toujours plus vite, suivant les envies et les attentes d’une génération zappeuse toujours en quête de nouveautés. « Nous avons changé notre façon de travailler, nous multiplions les partenariats avec des start-up car la mode de l’instantanée, de l’instagramable, nous oblige à aller toujours plus vite. Tout cela constitue une révolution. Mais l’avantage que nous avons ce sont ces outils incroyables que sont l’intelligence artificielle et la data qui nous permettent d’aller tellement plus vite. Des études empiriques que nous menions en une année peuvent se faire en une journée », conclut Sumit Bhasin.
 



 
 

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