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20 oct. 2020
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La seconde main, un marché qui séduit toujours plus de clients

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20 oct. 2020

Véritable tendance de fond, les vêtements de seconde main prennent de plus en plus leurs aises dans les penderies des consommateurs, et ce sur le plan mondial. Qu’il s’agisse de sites web de revente, de friperies ou de marques et enseignes traditionnelles qui s’y engouffrent, la commercialisation de la mode de seconde main est protéiforme, et tous entendent s'octroyer une part d’un gâteau qui s’étoffe chaque année. Évalué à l’heure actuelle entre 30 et 40 milliards de dollars (25 à 34 milliards d’euros), ce qui correspond à 2% du poids total du secteur mode et luxe, le marché mondial de la seconde main devrait croître de 15 à 20% par an au cours des cinq prochaines années, avance le cabinet Boston Consulting Group (BCG), qui a conduit une nouvelle étude en la matière pour la plateforme Vestiaire Collective.


Vestiaire Collective vient de lancer une nouvelle campagne pour promouvoir la circularité. - Vestiaire Collective


Un essor qui pourrait être beaucoup plus appuyé dans les marchés développés, avance l’étude, affirmant que "certaines plateformes en ligne pourront expérimenter une croissance de 100% d’une année sur l’autre". Une manne dopée par le recrutement de nouveaux clients se tournant vers ce mode d’achat, qui viennent renforcer la base des consommateurs déjà adeptes de la seconde main. En 2019, 25% des shoppers internationaux ont acheté un article mode d’occasion, contre 24% en 2018, ce qui représente environ 10 millions de nouveaux clients en un an pour la seconde main.

C’est par le biais d’une enquête menée auprès de 7.000 consommateurs dans six pays (Etats-Unis, France, Espagne, Italie, Allemagne et Royaume-Uni) que le BCG a pu cerner ces comportements d’achat. 69% des sondés se disent prêts à consommer davantage de pièces d’occasion à l’avenir. Ainsi, à horizon 2023, 27% de la garde-robe des consommateurs qui pratiquent la seconde main sera composée d’articles ayant déjà eu une première vie, contre 21% aujourd’hui.

Les préoccupations grandissantes des consommateurs en matière d’écoresponsabilité - accentuées depuis le déclenchement de la crise sanitaire - favorisent la croissance de ce marché. 70% du panel a indiqué se tourner vers la seconde main en raison de son caractère durable, contre 62% en 2018. Les autres critères d’achat pour l’occasion sont l’aspect économique, la disponibilité et la singularité des pièces.

"Les acheteurs aspirent à posséder moins de pièces, mais de meilleure qualité, à réduire la surconsommation et à prendre davantage soin de leur garde-robe. Le marché florissant d’articles d’occasion favorise la réalisation de ces trois objectifs", ajoute le document. Ainsi, 70% des consommateurs interrogés affirment que ce mode d’achat les pousse à prendre encore plus soin de leurs pièces, et 60% des vendeurs de seconde main n’auraient pas songé à donner une deuxième vie à leurs vêtements sans l’existence et le développement du marché de l’occasion.

Outre ces considérations générales, l’étude s’attache également à dissocier les différents profils de ceux qui consomment cette mode d’occasion. Elle identifie six types de clients, chacun avec des attitudes et des comportements bien distincts. Les deux premiers profils correspondent à ceux qui se contentent d’acheter de la seconde main, à savoir des personnes de moins de 35 ans en quête d’articles à forte valeur ajoutée, qui cherchent de l’expérience et une certaine authentification, et des plus de 35 ans à la recherche de produits uniques et exclusifs.


Les six profils détaillés des clients acteurs de la seconde main - BCG x Vestiaire Collective


Chez ceux qui achètent et revendent à la fois, on recense les "sophistiqués impulsifs", qui cèdent leurs vêtements pour pouvoir en acheter de nouveaux d’occasion, de manière assez fréquente; mais aussi les "trendy millennials" qui sont très actifs en ce qui concernent les interactions sociales, et revendent également pour acquérir de nouvelles pièces; et enfin les adeptes de la durabilité, peu actifs à la revente et achetant plus rarement et à des prix bas, mais engagés sur de nombreuses plateformes. Le sixième profil correspond à une catégorie qui se contente de vendre en seconde main, sans en acheter: un profil âgé de plus de 35 ans en quête de plateformes pratiques pour écouler ses pièces.
 
Pour finir, l’étude affirme que les marques doivent pouvoir tirer profit de cette manne, avec pour options de développer leur propre site de revente, d’instaurer des programmes de rachat ou de nouer des partenariats avec des spécialistes. 62% des sondés seraient en effet plus enclins à acheter des pièces auprès de griffes qui collaborent avec des acteurs de la vente de seconde main. L’an dernier, un acheteur de mode d’occasion sur deux a testé une nouvelle marque par ce biais. De plus, 48% envisagent de consommer à nouveau et directement auprès d’un label lorsqu’ils l’ont découvert par le biais de l’occasion. La seconde main s’impose donc comme une clé à activer pour acquérir de nouveaux clients.

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