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16 janv. 2021
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La Semaine de la mode Homme de Milan prône une "slow fashion"

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16 janv. 2021

Vendredi s’est ouverte la Milano Fashion Week Homme, à l’enseigne d’une mode réfléchie, puisant dans les traditions séculaires du tissage et de l'artisanat. En cette journée d’ouverture, la manifestation milanaise, qui se tient jusqu’au mardi 19 janvier en mode exclusivement virtuel, a donné d’emblée le ton, proposant une "slow fashion" issue des quatre coins du monde.
 

Les techniques ancestrales revisitées par le label africain - Lagos Space Programme


Après le luxe d’Ermenegildo Zegna, qui a ouvert le bal avec un film immergé dans l’architecture milanaise contemporaine, le public a pu se plonger dans la savane africaine découvrant le travail du Nigérian Adeju Thompson, qui revisite les traditions ancestrales pour sa marque Lagos Space Programme (LSP), pour se transférer ensuite dans les ruelles de Florence et ses palais décrépis et y apprécier l’artisanat et le travail de la maille remis au goût du jour par la toute nouvelle ligne Nick Fouquet - Federico Curradi, née de la rencontre créative entre le chapelier américain basé à Los Angeles, et le designer florentin.
 
Agé de 30 ans, Adeju Thompson, qui s’est formé en partie en Angleterre, a fondé sa marque no gender à Lagos en 2014, qu’il considère plutôt comme "un mouvement éthique". Le jeune designer ne veut pas raisonner en termes de saisons, ni se conformer au fashion system. Il préfère utiliser la mode pour explorer la richesse du design africain dans toutes ses facettes, des imprimés à l’architecture, en passant par les bijoux, en multipliant les collaborations avec artistes et artisans locaux entre Nigéria et Bénin, et y apporter son nouveau langage pour façonner une mode africaine du futur.

Son film réalisé par le photographe nigérian Kadara Enyeasi, présenté vendredi, est centré sur son "projet 5", soit sa collection printemps-été 2021, qui immerge les mannequins dans un décor naturel de végétation luxuriante au pied d’arbres millénaires tels d’immenses sculptures. La collection s’intitule "Aṣọ Lànkí, Kí Ató Ki Ènìyàn", (Nous saluons la robe avant de saluer son porteur), reprenant un dicton du peuple Yoruba, dont est originaire Adeju Thompson, qui, en quête de ses racines, s’est plongé pendant 14 mois dans l’artisanat traditionnel de l’Afrique de l’Ouest.
 

Les bijoux du label nigérian - Lagos Space Programme


A l’arrivée, il a façonné, de la tête aux pieds (y compris chaussures et masques), un vestiaire à la fois sobre et précieux, riche en détails, où la silhouette se compose pour le haut, d’une chemise blanche, d’un gilet de costume indigo, de tuniques zippées ou de tricots en mailles faits mains, et pour le bas, de larges pantalons coulisses en coton, qui dans des modèles très amples et plus courts font penser à des pagnes ou de robes portefeuilles en soie teintes à la main.
 
Les bijoux en or et bronze (bagues, bracelets, pendentifs et autres accessoires) ont la part belle. On les retrouve notamment dans une série d’amulettes accrochées sur le torse par le biais de lacets. Ils soulignent à la fois l’esprit spirituel de cet ornement, et la personnalité queer revendiquée par le styliste.
 
Changement de décor pour le nouveau projet Nick Fouquet-Federico Curradi, réunissant le chapelier des stars américain et le styliste florentin, qui se sont rencontrés lorsque ce dernier pilotait la ligne masculine de Rochas. Cette première collection signée à quatre mains en annonce d’autres et dévoile d’emblée son identité à travers un film poétique situé hors du temps.


La saveur du produit beau et bien fait made in Italy - Nick Fouquet - Federico Curradi

 
On y croise des silhouettes floues se fondant dans les fresques de vieux palais décatis ou sous les flocons de neige dans les ruelles désertes de Florence. Avec son grain vintage, ce film aux couleurs estompées virant parfois au sépia suit les pas de ces garçons à l’allure nonchalante, le sac enfilé en bandoulière avec une ficelle en bouts de tissus, à travers la vieille ville, ses bâtiments abandonnés et des paysages de campagne enneigée.
 
Tout nous renvoie vers un passé serein fait de plaisirs simples et quotidiens à travers des vêtements lâches, comme patinés par le temps. A l'instar du costume côtelé en velours ou de ce cardigan mohair tricoté à la main dans des dégradés de réglisse et de bleu. La maille à la part belle avec des chandails moelleux torsadés, des pulls à capuche, des tricots à fines rayures boutonnés sur une épaule, de grosses moufles et chaussettes, ainsi que de longues écharpes multicolores.
 
Les jeans délavés sont décorés de petits motifs brodées. Vestes et pantalons sont confortables. Les chapeaux en feutre à larges revers sont moulés à la main. La palette reste neutre, entre beiges et bleu-gris, avec quelques touches de couleurs fanées comme les fresques, qui s’effacent sur les murs des palais.

Comme Adeju Thompson, Federico Curradi a pensé aussi à des bijoux pour homme, des chaînes fines à enfiler autour du cou, par exemple sur un pull, qui apportent un éclat de lumière à ce dressing jouant la discrétion.

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