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11 avr. 2011
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La semelle rouge, apanage de Christian Louboutin ? la parole est au juge

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AFP
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11 avr. 2011

NEW YORK, 11 avr 2011 (AFP) - L'escarpin à semelle rouge laquée est-il l'apanage du chausseur français Christian Louboutin? Un juge de New York va devoir trancher, après la plainte déposée jeudi dernier contre Yves Saint-Laurent.

Le plaignant poursuit la maison de luxe française pour "violation de marque commerciale" et "concurrence déloyale", après l'apparition dans des boutiques de Manhattan de chaussures YSL à semelles rouges, a indiqué à l'AFP un des avocats du chausseur Louboutin, Harley Lewin.

"La semelle rouge existe depuis 1992, elle permet de reconnaître immédiatement les créations de M. Louboutin dans le monde entier, et c'est une marque déposée aux Etats-Unis depuis 2008", a poursuivi M. Lewin.

La société Christian Louboutin demande au juge d'ordonner le retrait immédiat du commerce des chaussures incriminées, à titre conservatoire et sans attendre la décision de justice.

Portés par des dizaines de célébrités, d'Oprah Winfrey à Caroline de Monaco, de Sarah Jessica Parker dans "Sex and The City" à Jennifer Lopez dans le clip de sa chanson "Louboutins", les escarpins à semelle rouge sont devenus la signature la plus évidente du chausseur, même si "l'éclat de rouge" apporté aux chaussures des "grands de ce monde" remonte loin dans le temps: Louis XIV avait des chaussures à talon rouge, les papes portent des souliers rouges, et la tradition remonte jusqu'à l'Empire romain.

"La renommée de la marque Christian Louboutin et de la Semelle Rouge est telle qu'en 2009, la société a signé un contrat d'un an avec la compagnie Mattel pour le 50e anniversaire de la poupée Barbie, et trois poupées produites cette année là portent des chaussures à semelles rouges", explique le chausseur dans sa plainte.

Le plaignant demande également un million de dollars d'indemnités pour préjudice moral. "La semelle YSL est tout simplement une contrefaçon. La semelle laquée induit la confusion chez la cliente, c'est suffisant, la chaussure ne doit pas être 100% identique pour qu'il y ait imitation, ", assure M. Lewin.

A Paris, la direction de YSL contactée par l'AFP n'a pas souhaité commenter cette affaire.

L'avocat new-yorkais attendait lundi un appel des conseils de la société "Yves Saint-Laurent", le juge Victor Marrero ayant demandé aux deux parties de préparer leurs arguments avant de se présenter devant lui.

Une autre marque, brésilienne, a elle aussi des démêlés avec Christian Louboutin. Quelques mois après avoir ouvert une boutique rue de Grenelle à Paris, le label "Carmen Steffens", qui compte parmi ses clientes le mannequin brésilien Gisèle Bündchen, a reçu un courrier du chausseur, lui reprochant l'utilisation de semelles rouges sur certains modèles.

Dans un communiqué publié lundi à Paris, Alexandra Le Garrec, responsable de la marque pour la France, souligne que la marque "créée et fabrique depuis toujours des chaussures à semelles colorées, pour certaines rouges".

"Nous avons utilisé des semelles rouges bien avant que Christian Louboutin fasse connaître les siennes, nous sommes prêts à ressortir nos catalogues et à fournir des preuves", assure Mme Le Garrec.

"Et en 2009, lorsqu'il a ouvert une boutique au Brésil, à Sao Paulo, il a bien vu nos semelles et n'a pas porté plainte", ajoute-t-elle.

Par Paola MESSANA

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