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Laure Hériard-Dubreuil, The Webster : "Le retail n’est pas mort !"

Publié le
3 mars 2020
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5 minutes
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Récemment installée à Los Angeles, Laure Hériard-Dubreuil, la fondatrice du multimarque The Webster revient sur les raisons de son succès et sur ses nouvelles ambitions. Elle vient d’ouvrir sa septième boutique à Los Angeles au sein du mall Beverly Center. 


La nouvelle boutique The Webster à Los Angeles - Lauriang Hinitoiu


Fashionnetwork.com : Vous venez d’ouvrir votre septième boutique à Los Angeles, un espace d’architecture unique…

Laure Hériard-Dubreuil 
: L’endroit fut un Hard-Rock Café puis un steak-house sordide, l’ensemble transformé par l’architecte Sir David Adjaye, son premier projet en Californie. Un « space ship » ou cathédrale rose aux larges colonnes, décliné en rose pâle – la couleur emblématique de The Webster – et dont les murs de la coupole extérieure ont été mis en scène par l’artiste Khalil Joseph via un film digital. 

FNW : Pourquoi avoir choisi le Beverly Center comme nouvelle adresse ?

LDH : Tout le monde me conseillait de trouver une adresse cachée. J’ai fait l’inverse. Le Beverly Center est au carrefour entre Beverly Hills et West Hollywood et reste une adresse très fréquentée. L’accès et la praticité sont des données importantes à Los Angeles, et nous bénéficions ici d’un parking, d’un valet qui facilite le passage chez nous.
 
FNW : Comment l’histoire de The Webster a-t-elle commencé ?

LDH : Tout a commencé à Miami en 2007 avec des boutiques temporaires, des avant pop-ups. Le nom du Webster est tiré de l’hôtel Art Déco historique de Miami, The Webster Hotel, où la première boutique a été ouverte, et j’ai conservé le nom pour la suite en prenant le flamant rose comme mascotte. Une référence à la série « Deux flics à Miami ». 


Laure Heriard-Dubreuil - Camilo Rios


FNW : Vous avez quitté Miami pour New-York puis Los Angeles aujourd’hui, pourquoi ?

LDH : Je suis née à Cognac (sa famille a été à la tête du Groupe Rémy Martin, ndlr) et j’ai débarqué à Miami pour le Art Basel. J’ai adoré l’ébullition et décidé de m’y installer, à l’époque aucun multimarque pointu n’existait. Peu de gens pariait sur le succès de The Webster mais les choses ont bien fonctionné, une seconde boutique a suivi dans le mall de Bal Harbor (au nord de Miami).
 
FNW : Qu’est-ce qui fait le succès de The Webster selon vous ?

LDH : La sélection très éditée des marques est notre force, beaucoup de clients découvrent ou redécouvrent les créateurs (soit une cinquantaine de marques allant de Rhude à Gucci, Chloé, Burberry, Loewe, Off-White, Acné Studios, Etudes, Ami ou Heron Preston) grâce à The Webster. Notre parti-pris de proposer des looks, d’associer les marques ensemble, sans portant dédié à une seule marque – exception faite des événements marques à l’instar d’Etudes récemment -, est aussi une composante essentielle comme le décor de chacune de nos boutiques, qui proposent des expériences de shopping uniques. 
 
FNW : Quelle direction avez-vous pris concernant la sélection des marques à The Webster ?

LDH : The Webster propose une nouvelle façon de porter le luxe aujourd’hui, soit l’envie de mixer des pièces de grandes maisons à des créateurs émergents, et de présenter des pièces intemporelles portables tout le temps.


La boutique The Webster à Los Angeles


FNW : Vous croyez à l’avenir du retail ?

LDH : J’ai ouvert la première boutique au moment où tout le monde disait « The retail is dead » et où l’attention se faisait uniquement online. Selon moi, le retail n’est pas mort. Avec The Webster, je propose une nouvelle façon de faire du retail, des adresses personnalisées, où le client se sent bien avec des boutiques très résidentielles, toutes portées sur l’art, où le temps s’arrête, où les clients peuvent s’imaginer en « Pretty woman », se cultiver, découvrir une œuvre d’art, prendre le temps…
 
FNW : Quelle stratégie a été la vôtre ?

LDH : J’ai construit un vrai réseau aux États-Unis, sept boutiques au total – Miami, Bal Harbor, Sawgrass Mills (outlet mall à Miami), Houston, South Coast Plaza (Orange County), New-York où j’ai développé une ligne Home Interior Design, et Los Angeles. D’autres projets sont en cours, peut-être en Asie, Los Angeles permettant d’ouvrir d’autres marchés sur ce continent.  
 
FNW : Vous avez récemment nommé Laurent Malecaze comme PDG de The Webster, quelles étaient vos intentions ?

LHD : C’était une décision naturelle. The Webster grandit, les ventes aussi. Il fait partie de la maison depuis longtemps maintenant, nous nous complétons parfaitement et nous travaillons main dans la main. Je peux me reposer sur lui. Et je peux me concentrer sur la curation des marques et les événements. 
 
FNW : Quelles autres ambitions ?

LHD : Le business online est une de nos priorités, il représente aujourd’hui 20 % des ventes et la marge de progression existe. Après la ligne enfant, nous avons ouvert de nouvelles catégories de produits « home », Stéphane Parmentier, ancien directeur créatif chez Christofle et du Printemps de la maison, s’occupant de la curation de cette partie. L’univers de la beauté est aussi de plus en plus présent. 

FNW : Concernant LHD, votre première ligne en propre, quelles envies de développement souhaitez-vous lui donner ?

LHD : La ligne a été lancée il y a deux ans, au moment de l’ouverture de la boutique de New-York. Une marque incarnée par moi, marquée par les imprimés, l’humour, facile à porter, avec un bon rapport qualité-prix (elle est fabriquée en Chine, ndlr). Chaque collection est dédiée à une destination de voyage ou de vacances. Nous avons débuté avec une distribution wholesale mais nous nous sommes vite reconcentrés sur une vente exclusive au sein de nos boutiques. La marque est aussi vendue online sur notre site. 
 
FNW : Une ouverture The Webster en France est-elle envisageable ?

LHD : On me pose régulièrement cette question mais le marché américain prend aujourd’hui tout notre temps. Le marché est immense. L’Asie et l’Europe nous intéressent, j’ai déjà développé des projets notamment avec le Bon Marché ou le Ritz, d’autres projets pourraient arriver. 

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