Le Niçois Breuer travaille à construire son avenir

Après un accroc en 2012 qui a conduit l’entreprise sous procédure de sauvegarde (avec un plan déposé depuis) et qui a entraîné la fermeture des boutiques de Paris (rue de la Paix, vendue à LVMH pour Fred) et de Madrid, le fabricant niçois de cravates et écharpes, mais aussi de prêt-à-porter, Breuer entend repartir du bon pied.


Look Breuer. Photo DR
"Nos difficultés sont venues de la conjonction du lancement de notre prêt-à-porter en 2008 qui a nécessité des investissements et de la crise qui nous a frappés à ce moment-là. Sans compter la chute des ventes sur la cravate", souligne Alain Breuer, qui dirige l’entreprise familiale avec son frère Walter.

C’est d'ailleurs cette chute des ventes du produit phare et historique de Breuer qui avait conduit l’entreprise à diversifier son offre. "En quelques années, les ventes de cravates ont chuté de moitié dans l’entreprise", souligne Gregory Breuer, neveu d’Alain.

En 2013, Breuer c’était 6,5 millions d'euros de chiffre d’affaires dont 75 % réalisés à l’export. Quelque 15 % de ce chiffre est représenté par la prise en charge de la production de cravates Façonnable, un deal historique entre sociétés d’origine niçoise. Breuer est présent dans une trentaine de pays avec quelque 500 revendeurs dont une centaine en France.

Les principaux pays à l’étranger sont les Etats-Unis et le Japon, où la marque est référencée dans des grands magasins comme Saks et Neiman Marcus outre-Atlantique.

Au Japon, Breuer a d’ailleurs signé au début de cette année un contrat de distribution pour le prêt-à-porter avec le groupe Itochu. L’objectif est d’atteindre un minimum de chiffre d’affaires d’ici trois ans de 2,5 millions d’euros garanti, notamment en développant la diffusion en grands magasins. "Le Japon fait office de référence sur toute la région Asie-Pacifique", souligne Alain Breuer.

Sur la France, la marque entend renforcer et développer sa présence dans les meilleurs multimarques. En grand magasin, Breuer n’est en revanche présent, à ce jour, qu’en accessoires au Bon Marché.

La société niçoise compte, concernant son prêt-à-porter, sur un classicisme modernisé avec un travail important sur les matières, les couleurs et les fittings. Le grade de qualité se veut irréprochable à partir d’une fabrication réalisée essentiellement en Italie. Les chemises sont vendues autour de 150 euros, les vestes un peu plus de 500 euros et les costumes autour de 1000 euros.

"Nos arguments portent sur une belle fabrication face à de grandes marques à la force de frappe sans commune mesure mais qui font fabriquer en délocalisation. Nous misons aussi sur un vrai service apporté aux détaillants, notamment sans imposer de lourdes commandes", explique Alain Breuer.

Celui-ci admet toutefois que si, sur le marché de la cravate, il se battait à armes égales avec ses concurrents, il n’en est pas de même sur le marché du prêt-à-porter.

Toujours pour rendre la marque plus visible, la société niçoise entend rouvrir à Paris, mais cette fois dans le VIIIe arrondissement. "Nous aurions bien aimé la rue Saint-Honoré, souligne Alain Breuer. Mais c’est très cher".

La marque s’apprête aussi à lancer un site de e-commerce en français et en anglais d’ici quelques semaines. L’objectif porte sur une diffusion européenne, souligne Gregory Breuer. On y trouvera une large sélection de produits. C’est incontournable aujourd’hui de se lancer sur le Web, notamment aussi en termes de prospection".

Enfin, l’actionnaire familial vise l’entrée d’un investisseur. "Ce ne peut être un fonds qui veut rentabiliser très vite son investissement, souligne Alain Breuer. Mais pourquoi pas un investisseur particulier ou un industriel de la mode sensible à ce que nous faisons".

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