Le Slip Français devrait atteindre la rentabilité cette année

Six ans après sa naissance, Le Slip Français s'est préparé cette année pour franchir une étape importante. SI le fondateur, Guillaume Gibault, pense toujours la marque en mode start-up, il veut faire savoir que la start-up est bel et bien pilotée, avec des objectifs qu'elle atteint. Et celui qui l'intéresse pour cette année, outre la quasi-multiplication par deux du chiffre d'affaires, c'est le seuil de rentabilité. « Pour la première fois, nous devrions dégager plusieurs centaines de milliers d'euros d'EBITDA », prévoit-il pour la fin de l'exercice.

Collection hiver 2017 - Le Slip Français

« Nous avançons sur le prévisionnel, après avoir affiché un EBITDA négatif de 1 million d'euros l'an dernier », précise le dirigeant de l'entreprise. « Pour cela, il a fallu serrer les boulons, reporter des créations de postes, mesurer toutes les dépenses... » Et surtout dégager une croissance naturelle des ventes. Le chiffre d'affaires annuel du Slip Français devrait lui se situer entre 13 et 14 millions d'euros, soit une hausse de 70 % après avoir atteint 7,8 millions en 2016.

« Jusque-là, nous étions en déséquilibre volontaire pour pouvoir accélérer, il faut se mettre en danger pour grandir vite. Mais aujourd'hui, nous avons la rentabilité en vue et c'est important, même au-delà des enjeux qui sont les nôtres. Nous avons l'opportunité d'être rentables avec un modèle made in France, quelque chose qu'on n'a pas ou peu réussi depuis trente ans », témoigne Guillaume Gibault, toujours actionnaire principal, même depuis l'entrée au capital d'un second fonds l'an dernier, Experienced Capital, rejoignant 360 Capital Partners, qui accompagne la marque depuis 2015.

Le Slip Français parvient à faire croître ses ventes sur tous les canaux, même si le Web, celui qui reste prioritaire, est toujours le plus dynamique. Car si les ventes en ligne pèse toujours pour 70 % des ventes, un seuil sous lequel Guillaume Gibault affirme ne pas vouloir descendre, la marque a néanmoins bien densifié son réseau de points de vente physiques. Les grands magasins lui permettant de réaliser entre 5 et 10 % du chiffre d'affaires ouvrent plus grand leurs portes, à l'image du Bon Marché Homme, qui accueille un pop-up de la marque jusqu'à la fin de l'année.

Mais surtout, Le Slip Français a doublé son réseau de boutiques cette année, avec quatre ouvertures. De nouvelles adresses en propre ont ainsi ouvert à Aix-en-Provence en juillet, Toulouse en août et tout récemment à Paris, rue de Charonne. La huitième boutique ouvrira de nouveau à Paris avant la fin de l'année et c'est cette fois du côté du quartier des Batignolles que la griffe s'installera, rue Legendre. Guillaume Gibault voit un potentiel pour passer rapidement à 10 ou 15 boutiques, appuyé en cela notamment par les experts retail du dernier fonds monté à bord, Experienced Capital. Sont notamment ciblées les villes de Lyon, Bordeaux et Lille pour 2018.

Enfin, le développement et l'équilibre du Slip Français passe par une extension de sa gamme. Ne mettant pas tous les oeufs dans le même panier, la griffe a déjà bien avancé sur le segment du maillot de bain (20 % des ventes), du homewear et des accessoires, faisant baisser la part du sous-vêtement à 60 % des ventes totales. La gamme masculine va encore s'étendre, avec le lancement prochain de nouveaux produits prêt-à-porter : bleu de travail, chino, pièces à manches, rejoignant les mailles actuelles, dans un esprit de simplicité. Le tout évidemment toujours made in France.

L'autre objectif du Slip Français sera de séduire davantage les femmes. Lancée cette année, la nouvelle catégorie représente à ce jour 10 % des ventes, une première étape avant beaucoup plus, espère le dirigeant. « Il faut savoir que 60 % de nos clients sont en fait des femmes ! Elles achètent pour les hommes, mais c'est la preuve qu'elles adhérent à notre parti pris. A nous de progresser maintenant dans la manière dont on s'adresse à elles », estime Guillaume Gibault. La collection femme sera donc élargie et la communication qui l'accompagne aussi.

Pour 2018, l'objectif annoncé se situe entre 20 et 25 millions de chiffre d'affaires, accompagné bien sûr d'un maintien de la rentabilité de la marque. Une année qui sera de nouveau concentrée sur le territoire français, l'international ne pesant que pour un peu plus de 10 % des ventes à ce jour. « Il faut d'abord que l'on atteigne notre taille critique, mais je pense qu'on pourra commencer à poser la question fin 2018 », estime le dirigeant.

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