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Le Bangladesh tacle des marques réticentes à payer le prix du textile écoresponsable

Traduit par
Lionel Tixeire
Publié le
today 26 avr. 2017
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Selon Ahmed Tofail, le ministre du Commerce du Bangladesh, les acheteurs internationaux ne payent pas assez pour les vêtements confectionnés dans les usines locales respectueuses de l'environnement. Alors que des investissements ont été engagés afin de rendre ces usines plus respectueuses de l'environnement, les acheteurs n'ont pas augmenté leurs prix. Au contraire, ceux-ci ont eu tendance à diminuer.

Ahmed Tofail - DR


C'est ce qu'a déclaré le ministre au cours d'une réunion avec une délégation de la fondation allemande Friedrich-Ebert, menée par son vice-président, Michael Sommer.

Les usines textile du Bangladesh ont été modernisées après l'effondrement du Rana Plaza, qui a coûté la vie à 1 300 ouvriers textile le 24 avril 2013, afin d'améliorer aussi bien la sécurité au travail que l'impact de celles-ci sur l'environnement.

Les initiatives nationales Accord et Alliance ont inspecté plus de 3 780 usines. Dans ce cadre, 47 usines ont été rénovées et 39 ont été fermées. Par ailleurs, sept usines se sont vues décerner le certificat de Leadership in Energy and Environmental Design par le Green Building Council américain.

Aujourd'hui au Bangladesh, moins de 2 % des usines ne se conformeraient pas à la réglementation, selon le ministre. Il s'agit d'une performance internationalement reconnue, souligne ainsi Ahmed Tofail dans les médias locaux. Le droit du travail local a aussi été révisé et des associations pour le bien-être des travailleurs ont été créées dans les zones industrielles d'exportation.

La prise de position d'Ahmed Tofail marque moins pour son propos que par la fonction occupée par son locuteur. Depuis le Rana Plaza, se sont tenues nombre de négociations tripartites ayant réuni marques étrangères, fabricants locaux et représentants de l'Etat, dans le cadre de la modernisation des infrastructures. Et une part des industriels bangladais a presque systématiquement pointé du doigt l'hypocrisie des donneurs d'ordres, réclamant de lourds investissements écoresponsables, tout en continuant à tirer les prix des commandes vers le bas.

Le Bangladesh est le deuxième pays exportateur de textile au monde, derrière la Chine. Le secteur pèse 30 milliards de dollars dans ce pays pauvre d'Asie du Sud, qui compte 4 500 usines dont à peine quelques centaines répondent aux normes de sécurité.

Le pays était l'an passé le deuxième fournisseur de l'Union européenne en habillement, avec 14,8 milliards d'euros de biens expédiés vers le Vieux Continent, en progression de 8 % sur un an. Le pays a largement profité des hausses de salaires en Chine, qui a poussé « l'usine du monde » à laisser la main à d'autres pays d'Asie pour les productions d'entrée de gamme.

Avec Fibre2Fashion

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