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17 avr. 2009
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Le Brésil

Publié le
17 avr. 2009

Chiffres-clés 2008 :

• Population : 190 millions d'habitants
• Taux de croissance du PIB : 4,5 %
• Exportations françaises textile-habillement vers le Brésil : 25 millions d’euros
• Importations françaises textile-habillement depuis le Brésil : 10 millions d’euros

Industries textiles :

Le climat économique dégradé...

Bien que figurant parmi les économies émergentes, le Brésil ne devrait pas échapper au retournement mondial de la conjoncture. En effet, le pays est fortement intégré dans l’ensemble américain et particulièrement dépendant de la demande des Etats-Unis. Ses performances économiques devraient donc s’en ressentir : après une hausse de 4,5 % en 2008, la croissance du PIB attendue en 2009 n’est « que » de 2,5 % environ. Outre la nette diminution des exportations vers les Etats-Unis, le pays souffre également de la forte baisse du cours des matières premières agricoles, dont il est richement doté. Autre facteur aggravant : la forte appréciation du real brésilien face au dollar américain, qui pénalise l’export. En conséquence, le chômage a fortement progressé, atteignant 8,6 % de la population active en janvier 2009. L’ensemble de ces éléments concourt à peser sur le dynamisme de la demande interne, sur laquelle repose en grande partie la croissance brésilienne.






...n'a encore eu qu'un impact limité sur le secteur

Le Brésil conserve une position significative dans l’économie mondiale du textile. Il était en 2007 à l’origine de 0,6 % des exportations mondiales selon l’OMC. La dotation du pays en fibres naturelles, articulièrement le coton, explique ce résultat. Le pays produit annuellement plus d’un million et demi de tonnes de fibres et filaments naturels, contre 459 000 tonnes de fibres synthétiques. Le coton sous toutes ses formes (fibre, fil, tissu) représente 44 % des exportations brésiliennes de textiles. On peut également remarquer le poids important des ouates et des textiles de maison dans l’offre brésilienne. Leurs exportations ont progressé de 4 % en 2008. Elles s’adressent aux grands marchés américains (Etats-Unis et Argentine) et de façon plus morcelée aux confectionneurs asiatiques, essentiellement pakistanais. Cette diversification ne devrait néanmoins pas empêcher les industriels brésiliens de connaître des diminutions de leurs commandes, notamment en provenance des Etats-Unis.






Industries de l'habillement :

Un marché à fort potentiel...

Contrairement à l’industrie textile, la confection brésilienne n’occupe qu’un poids limité à l’échelle mondiale. Elle est surtout positionnée sur les vêtements maille et bonneterie, en particulier sur le sportswear. Quoi qu’il en soit, la production locale ne couvre pas les besoins du marché brésilien. Celui-ci était estimé à 30 milliards d’euros en 2008. Avec une population de 190 millions d’habitants, le Brésil est le plus grand marché d’Amérique Latine. Il se caractérise par la jeunesse des consommateurs (60 % de la population étant âgée de moins de 29 ans) et par un intérêt marqué pour la mode. En effet, les dépenses annuelles par habitant en habillement avoisinent les 400 dollars, ce qui place le pays loin devant les autres marchés émergents.

La distribution est encore peu concentrée au Brésil, le commerce de détail indépendant représentant encore 60 % des ventes. Cependant, les chaînes nationales (Riachuelo, Renner) et internationales (Zara, Mango, C&A) occupent une place de plus en plus visible dans le paysage commercial, avec des conséquences importantes sur l’organisation de la filière habillement brésilienne.






...essentiellement servi par des produits chinois

La montée en puissance des chaînes va de pair avec une pénétration croissante des produits importés sur le marché brésilien. Les fournisseurs asiatiques sont à l’origine de 78 % des livraisons, et la Chine représente à elle seule 55 % des importations brésiliennes d’habillement. Les produits issus de l’Union européenne comptent pour 7 % dans les approvisionnements, et la France seulement pour 0,4 %. Le potentiel de croissance est donc important.

Pour faire face à l’afflux massif de produits d’importations - les livraisons d’habillement ont progressé de 43 % en 2008, alors que les exportations brésiliennes de vêtements reculaient de 11 % - des mesures de protection ont été prises dès 2007. Les droits de douanes avaient alors sensiblement augmenté, sans que cela ne se traduise par un ralentissement ou un recul des importations. Au début 2009, les autorités brésiliennes ont décidé d’actionner un autre levier en assouplissant la politique monétaire. Mais la nécessité de relancer la demande pour faire face à la crise laisse craindre un recours important aux produits importés.







FRANCK DELPAL

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