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Le Festival de Dinan place le créateur au cœur de son premier cycle de conférences

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today 13 avr. 2019
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Le Festival international des créateurs de mode de Dinan inaugurait ce vendredi 12 avril un premier cycle de conférences. Cinq intervenants se sont succédé devant le micro du Centre des congrès de la ville bretonne.
 

La 25e édition du Festival international des créateurs de mode de Dinan se tiendra du 12 au 14 avril - DR


C’est le maire de Dinan, Didier Lechien, qui a lancé les réjouissances. Il a choisi de rappeler les liens séculaires entre sa ville et l’industrie de la mode (d’une rue de la Draperie recensée au XIIIème siècle au dernier atelier de tissage fermé en 1958). A sa suite, Michael Scherpe, président de Messe-Frankfurt France et partenaire du festival, a voulu insister sur l’opportunité que représente le marché du prêt-à-porter. « Il y a sept milliards d’êtres humains sur la planète, qu’il faut tous habiller ». Ensuite, les invités ont pu dérouler leurs présentations.
 
Pascal Denizart, président du Ceti (Centre européen des tissus intelligents), a démarré avec le thème « Comment aborder son métier de créateur dans la mode 4.0 ». L’occasion pour lui de décrire la boutique connectée du future, déjà développée par le Ceti et installée en exclusivité dans la boutique A l’aise Breizh, située au 8 rue de l’Apport, à Dinan. Déjà testée par quelques magasins à Paris, elle met l’accent sur les réactions des clients sur les produits et la personnalisation en temps quasi réel avec des essayages sur avatar. Si aucune étude n’est encore disponible sur le sujet, Pascal Denizart explique que l’apport estimé de consommateurs dans les boutiques est de 15%.

Adèle Rink, responsable de la communication de l’organisme EcoTLC, a ensuite pris la parole pour aborder « Le modèle disruptif de création à travers l’économie circulaire ». Avec 640 000 tonnes de produits textiles mis en circulation sur le marché français, la réflexion autour des déchets et de leur seconde vie apparaît comme essentielle. Adèle Rink rappelle d’emblée que pour s’inscrire dans une démarche d’économie circulaire, il faut éco-concevoir des produits pour optimiser la manière de les utiliser et améliorer leur recyclage. Pour illustrer son propos, elle remémore à l’assistance le jean 100% biodégradable de Freitag, confectionné en chanvre de lin, modal et fibres libériennes aux boutons amovibles, qui une fois usé se transforme en compost.
 
Mina Ly, qui a récemment fondé Rendez Voo, un salon annuel de créateurs, a discuté « Les opportunités pour les jeunes créateurs à l’international ». Elle a notamment dénombré les pays les plus accueillants pour lancer son entreprise. La France se place dans les 30 premiers, mais loin derrière le Danemark, Singapour, l’Afrique du Sud ou la Nouvelle Zélande.
 
Jacqueline Le Nozerh du cabinet ET3A Management, a voulu décrire les enjeux des « Créateurs face à l’évolution du commerce et aux nouveaux comportements d’achat ». Elle a mis l’accent sur le service, le besoin de fidéliser le client d’une autre manière que par le produit, en apportant au consommateur de nouvelles expériences.
 
Dominique Pellen, président de DP Studio et gagnant du premier Festival des créateurs de Dinan (alors organisé à Saint-Malo), a détaillé son parcours, de la naissance de sa vocation au rôle qu’a joué son prix, à ses années de professorat à la Chambre syndicale de la couture. A l’origine d’un livre sur la coupe à plat et d’une entreprise de patrons féminins, il a partagé avec l’auditoire, composé principalement de journalistes et d’étudiants, les joies et les difficultés de son métier.
 

Les participants à la table ronde consacrée au créateur


Cet après-midi d’interventions s’est clôt avec une table ronde animée par Michael Scherpe. Alice Gras, fondatrice de la structure d’accompagnement de marques Hall Couture, Corinne Jeammet, journaliste pour France Télévision, Christine Walter-Bonini, directrice d’Esmod International et la créatrice Chantal Thomass, présidente d’honneur du Festival, ont réfléchi au devenir du créateur de mode. « Notre génération voulait conquérir le monde, grandir et être célèbre », affirme Chantal Thomass, tandis que Alice Gras explique que les plus jeunes, arrivés sur un marché du travail en crise, ont pour ambition d’exercer ce métier de créateur qu’ils adorent mais avec un but premier plus terre à terre : en vivre. Nouvelles matières, innovations techniques, démarche durable sont de plus en plus systématiquement intégrés à leurs business, mais aussi aux enseignements dispensés dans les écoles. Esmod réfléchit par exemple à la mise en place d’une classe pilote uniquement digitale pour s’adapter  aux nouvelles pratiques et technologies. On laissera à la directrice de l’établissement le mot de la fin : « La création a encore de beaux moments devant elle ».

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