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Publié le
29 juin 2011
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Le fin du e-commerce pour 2020 ?

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29 juin 2011

L’assemblée générale de la fédération du e-commerce (Fevad) a été l’occasion d’aborder le secteur sous un angle original: sa fin, ou plutôt celle de la distinction entre commerces traditionnels et en ligne. Un sujet sur lequel plusieurs observateurs et professionnels ont pu s’exprimer.

Le sujet est au centre d’une étude menée par Catherine Barba, fondatrice de l’agence de Malinea Conseil, et baptisée "2020: l’Année du e-commerce, ou l’achèvement du commerce connecté". Issus d’entretiens menés auprès de 54 experts, l’ouvrage retrace l’évolution du secteur, définit son identité actuelle, et tente d’en percevoir l’avenir. Il en ressort que les consommateurs seront bientôt moins en quête de prix réduits que d’offres larges et de services associés. La multiplication des terminaux devra en outre s’accompagner d’une offre cohérente entre plateformes. Les vidéos devraient, pour leur part, peser 90% du trafic dès 2015. Quant aux réseaux sociaux, si de nombreux doutes restent associés au traitement des données personnelles, beaucoup croient en la possibilité qu’ils offrent de personnaliser l’acte d’achat.

L’étude est librement accessible sur le site de la fédération


"L’immédiateté est le plus grand défi"

Pour Alexandre Hoffmann, directeur général de Paypal France, le rôle des réseaux sociaux sera en effet d’importance. "Si les gens passent plus de temps sur un réseau social qu’ailleurs, je reste persuadé qu’ils finiront par y dépenser de l’argent", explique-t-il, tout en s’interrogeant sur l’intérêt de la vente directe via ces réseaux. "Internet nous aide à retrouver ce qu’aurait dû être la relation commerciale: un échange de biens et services, mais aussi de parole et d’empathie", décrypte pour sa part le sociologue Stéphane Hoffmann. "Le web comble un vide, avec un retour aux échanges entre consommateurs avant l’achat".

Pour le professeur en marketing Pierre Volle, il ne fait aucun doute que commerce et e-commerce vont s’interpénétrer. "Le mobile fera le lien", assure-t-il. "L’immédiateté est pour moi le plus grand défi, la tendance la plus forte chez les consommateurs". Avis partagé par le psychiatre Christophe André, pour qui l’on progresse vers une intolérance à la frustration. "Sur Internet, le surchoix de produits induit du stress, et le sous-choix s’avère déprimant", explique-t-il. "Et la volonté de comparer peut rendre fous ceux qu'on nomme les "Maximizer".

"Les marques vont prendre le pas sur les distributeurs"

Pour Rachel Marouani, directrice e-commerce et marketing de Sephora, les pure-players auront toujours leur place. "Ils apportent une véritable valeur ajoutée au consommateur et à son expérience shopping", explique-t-elle. "Il reste encore de la place pour des pure-players plus spécialisés. Le problème ne sera plus le prix mais l’offre". Avis partagé par Jean-Emile Rosenblum, co-fondateur de Pixmania. "Au milieu des marques de niche et des marques incontournables, un grand nombre de griffes sont condamnées à passer par des distributeurs qui leur apporteront un plus en produit et service".

"Les marques vont être de plus en plus nombreuses", prévient pour sa part Jacques-Antoine Granjon, co-fondateur de Vente-Privée. "Elles devront donc se réinventer, se faire désirer. A la manière d’Armani, qui est parvenu à devenir une signature émotionnelle, sensitive, au travers de ses Armani Caffé. Les marques vont prendre le pas sur les distributeurs, sauf si les distributeurs deviennent eux-mêmes des marques". Pour Marc Simoncini, le fondateur de Meetic qui vient de lancer le 1er groupe internet français d’optique Sensee, les web-entrepreneurs français ont plus d’illusions que d’ambitions. "On est le dernier pays où l’on peut réussir" lâche-t-il, avertissant que "la Chine aura bientôt créé un environnement web-entrepreneurial avant que la France ne s'y mette". "Soit la France réalise qu’elle ne peut plus légiférer sur le e-commerce, et on prend notre chance. Soit on régule tout, et les entreprises partiront".

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