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Le groupe Beaumanoir détaille son projet de relance pour La Halle

Publié le
25 juin 2020
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3 minutes
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Parmi les 25 offres de reprise sur la table pour les actifs du géant La Halle, le groupe Beaumanoir décrit avoir amélioré son dossier, et s'est rapproché d'un autre candidat pour grossir le contingent de magasins repris. Un duo qui entend reprendre 424 magasins sur les 830 que compte l'enseigne du groupe Vivarte, en redressement judiciaire depuis le 2 juin. Le partenaire de Beaumanoir est présenté par le groupe comme un acteur de la chaussure. Il s'agirait, selon nos informations de l'enseigne Besson. Cet acteur se positionne sur 58 points de vente, tandis que le groupe breton entend relancer l'enseigne La Halle avec 366 magasins.


L'intérieur d'une boutique La Halle - La Halle


"L'offre définitive a été déposée hier soir. Le groupe Beaumanoir s'engage sérieusement dans cette reprise, qui concerne maintenant plus de 2.500 salariés, et 2.700 en tout avec notre partenaire, nous détaille Jérôme Drianno, le directeur général du groupe basé à Saint-Malo. Etre capable de reprendre 2.500 personnes ne se déclenche pas d'un coup de baguette magique, c'est un gros challenge pour nous".

Lors du premier round, 300 adresses La Halle avaient été ciblées. L'offre a donc été étoffée d'une soixantaine d'unités en ce qui concerne le réseau, mais s'élargit aussi avec un des deux entrepôts de l'enseigne, qui entre désormais dans le périmètre. Il s'agit du site logistique de Montierchaume, spécialisé dans le vêtement et situé près de Châteauroux. De plus, Beaumanoir inclut dorénavant à son offre 150 personnes des deux sièges de La Halle, à Paris et dans la région lilloise.

"C'est un vrai projet de marque, afin de redresser et de moderniser La Halle, avec une enveloppe d'investissement conséquente de plus de 60 millions d'euros. La famille Beaumanoir engage aussi des fonds personnels dans cette relance", pointe le dirigeant.

"La Halle couvre le segment de marché de la mode pour la famille à petits prix, et nous permet de nous diversifier", Jérôme Drianno



L'enseigne, qui a réalisé 847 millions d'euros de ventes en 2018/19, constituerait un nouveau positionnement mode pour le groupe malouin. "Notre premier segment est la mode accessible, avec Cache Cache, Bonobo et Bréal, tandis que le segment premium accessible est couvert par Morgan. C'est dans ce pôle que s'inscrivait la possible reprise de Naf Naf, qui n'a pas abouti. La Halle couvre un troisième segment de marché, celui de la mode pour la famille à petits prix, et nous permet de nous diversifier."

C'est aussi l'occasion pour Beaumanoir de renforcer sa présence en périphérie. Un type d'emplacement (où elle déploie déjà son format multimarque Vib's) qui sera plus à même de tirer son épingle du jeu en période de sortie de crise que les centres commerciaux par exemple, selon Jérôme Drianno. "La périphérie continuera à maintenir une dynamique commerciale à l'avenir".

Un offre mixte, habillement et chaussure, serait développée pour chaque magasin La Halle, une fusion débutée depuis quelques années déjà. "Nous allons immédiatement donner accès à la marque à l'ensemble du socle de services du groupe, en redéveloppant ses zones de sourcing, en la 'branchant' sur notre supply chain et en accélérant son omnicanalité. Elle souffrait d'un sous-investissement depuis dix ans, tant côté marque que sur le plan technique".

Le tandem n'est pas le seul à se positionner pour la reprise de La Halle : parmi les spécialistes, Chaussea et Gémo ont déposé une offre partielle, tandis que des acteurs de l'alimentaire se sont aussi manifestés, à savoir Aldi, Carrefour et Lidl, intéressés par environ 200 emplacements.

Certaines offres pourraient donc s'additionner, et permettre de sauver davantage de magasins. La direction du groupe avançait début juin un chiffre de 607 points de vente qui pourraient au global être repris. La solidité des offres et leur réelle combinaison seront examinées par le tribunal de commerce de Paris lors d'une audience fixée le 29 juin.

Verdict sera ensuite rendu la semaine suivante. Un PSE, dont on ne connaît pas encore l'ampleur, est incontournable pour les salariés qui ne seront pas repris. Pour l'heure, 4.036 emplois sur 5.391 pourraient potentiellement êtres maintenus. Ce qui conduirait tout de même à la destruction de près de 1.500 postes.

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