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Le groupe LVMH va-t-il renégocier les conditions du rachat de Tiffany ?

Publié le
4 juin 2020
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3 minutes
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Selon la rumeur, Bernard Arnault tenterait actuellement de renégocier le prix pour l'acquisition de Tiffany par LVMH — en tout cas, le groupe de luxe français a déclaré jeudi qu'il ne compte acheter aucune action du joaillier américain sur le marché.


Bague de fiancailles - Tiffany


"Compte tenu des rumeurs ayant circulé sur le marché, LVMH confirme [...] ne pas envisager d'acheter d'action Tiffany sur le marché", indique le conglomérat de luxe dans un communiqué laconique publié jeudi matin — qui suggère implicitement que le projet d'acquisition aura bien lieu, malgré une formulation qui semble délibérément ambiguë. Bernard Arnault, l'homme le plus riche d'Europe, chercherait-il à obtenir un rabais pour s'offrir le célèbre joaillier new-yorkais ?

D'autant plus que le cours de l'action Tiffany a été durement affecté par la parution dans le WWD d'un article qui rapporte les hésitations de Bernard Arnault au sujet du prix d'achat élevé du joaillier. Une perspective de plus en plus probable dans la conjoncture actuelle, partagée entre la crise sanitaire et les manifestations anti-racistes qui secouent les États-Unis.

Pour rappel, après d'âpres négociations, LVMH avait accepté en novembre dernier de racheter Tiffany pour 16,2 milliards de dollars (14,29 milliards d'euros), soit 135 dollars par action. Cette opération, la plus importante jamais réalisée dans le secteur du luxe, avait été saluée comme une initiative habile, qui permettrait de renforcer considérablement la présence de LVMH en Amérique du Nord, du moins dans le secteur de l'horlogerie de luxe et dans celui de la joaillerie.
 
Mais après la parution de l'article dans la publication américaine — dans lequel on apprend que Bernard Arnault a convoqué mardi soir son conseil d'administration à Paris, ce qui laisse penser que le président et actionnaire majoritaire de LVMH pourrait avoir changé d'avis —, le cours des actions Tiffany a chuté de plus de 10 % à 114,24 dollars à la Bourse de New York. En d'autres termes, le groupe LVMH pourrait actuellement s'offrir le joaillier à un prix beaucoup plus bas sur le marché libre que dans le cadre de l'accord conclu il y a quelques mois.

Le communiqué de ce matin indique clairement que LVMH ne se livrera pas à cette manœuvre — mais n'écarte pas formellement la possibilité de renégocier le prix exact de la transaction. "Le Conseil d'Administration de LVMH Moët Hennessy Louis Vuitton, s'est réuni le mardi 2 juin 2020 et a notamment porté son attention sur l'évolution de la pandémie et son impact potentiel sur les résultats et les perspectives de la société Tiffany au regard de l'accord qui lie les deux groupes", fait savoir LVMH.

À Paris, des observateurs avertis spéculent sur le fait que LVMH aurait délibérément divulgué l'information sur cette réunion au WWD, afin de faire baisser le prix de l'action Tiffany sur le marché libre, donnant à Bernard Arnault plus de poids pour renégocier les termes de l'accord. LVMH craindrait également que Tiffany ne soit pas en mesure de rembourser certaines de ses dettes après son rachat. Ce qui, théoriquement, pourrait donner à LVMH une excuse légale pour se retirer de l'opération et renégocier des conditions plus avantageuses. 

Au vu du désastre commercial de ces deux derniers mois dans le secteur du luxe, ces observateurs suggèrent que Tiffany — dont la trésorerie a été affectée par la crise sanitaire — pourrait avoir du mal à respecter ses engagements en matière de dette. Tiffany devait publier ses résultats trimestriels vendredi, mais a annoncé le report de ces annonces à mardi prochain.

Malgré nos appels répétés à des membres de la direction de LVMH, nous n'avons pu obtenir d'informations supplémentaires sur ce bref communiqué.

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