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7 oct. 2021
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Le groupe Royer discuterait avec de potentiels partenaires financiers

Publié le
7 oct. 2021

En France, il s'agit d'un acteur incontournable de la chaussure. A partir d'un petit négoce de ventes de chaussures fondé en 1945 dans la ville bretonne de Fougères, la famille Royer a créé un groupe majeur du secteur dans l'Hexagone. Le Groupe Royer a consolidé son modèle en multipliant les casquettes: celle de propriétaire de marque (avec par exemple Kickers), celle de distributeur spécialiste du sourcing et celle de licencié.

Visuel de la campagne Kickers, marque phare du groupe Royer


Pourtant, ces dernières saisons, son modèle à 360° qui constituait sa force a été ébranlé. Et la crise du coronavirus a renforcé la déstabilisation du solide groupe familial. Si bien que la société va probablement devoir faire appel à un acteur externe. A plusieurs reprises ces derniers mois, le groupe aurait ainsi été en discussion avec de potentiels partenaires financiers, indiquent des sources concordantes du secteur.

Sollicité par FashionNetwork.com, le spécialiste français de la chaussure ne nie pas l’existence de certaines rencontres mais estime qu'il n'y a là rien d'exceptionnel et ne donne pour l'heure pas plus de détails. Aucun accord n'aurait été encore signé. Alors, quelles sont les conditions qui ont incité cet acteur, -qui avait vécu avec Apax Partners l'expérience de la présence d'un fonds minoritaire à son capital entre 2007 et le début des années 2010-, à de nouveau rechercher un soutien financier?

D'abord, le groupe présidé par Jacques Royer fait face aux transformations du marché de la chaussure et de ses réseaux de distribution. Mais au-delà des difficultés sectorielles, ces derniers mois la société bretonne a traversé plusieurs zones de turbulences. La crise sanitaire du coronavirus, paralysant le transport et le commerce mondial, a nécessairement eu un impact sur son activité, ses infrastructures et services logistiques, qui s'appuient en grande partie sur un sourcing asiatique.

Les confinements ont de plus impliqué la fermeture de ses magasins Kickers & Co et des centaines de revendeurs des marques distribuées. Sur les 11 premiers mois de 2020, l'IFM notait un recule de 23,5% de ce marché. Une situation inédite à laquelle s’est ajoutée la perte en juillet 2020 de la licence de distribution de la marque américaine New Balance en France, en Allemagne et dans le Benelux. Une activité qui, selon les syndicats, représentait près de 30% du chiffre d’affaires de Royer. Depuis, le groupe Pentland (Berghaus, Canterbury ou encore Speedo) a confié à Royer la distribution de la ligne de chaussures Ellesse pour le marché français. Mais si cette arrivée dans le portefeuille de Royer apporte une respiration au groupe, elle ne pallie pas pour autant la perte de New Balance.  

Le spécialiste de la chaussure a donc été fragilisé sur tous ces versants. Ce qui a impliqué des mesures drastiques dès 2020. En effet, en septembre de l'an passé le propriétaire de Kickers & Co et Von Dutch, également distributeur d’Umbro et d'Everlast qui compte au total 26 marques dans son portefeuille, annonçait la mise en place d’un vaste plan de restructuration synonyme de près de 200 suppressions d’emplois sur les 500 que compte l’Hexagone. 

En avril dernier, le journal Ouest France indiquait que les suppressions d’emplois avaient finalement été revues à la baisse. Au final, 150 emplois ont ainsi été supprimés, dont 47 à Fougères. Jacques Royer précisait que 70 personnes étaient reprises par la nouvelle structure de New Balance. Dans le détail, sur les cinq sites français du groupe, celui de Maleville (Aveyron) va disparaître, ne resteront que ceux de Sèvres (92), Cholet (49), Arques (62) et le siège social à Fougères (35). À Cholet, de 75, il ne restera que 45 personnes. Par ailleurs l’activité de certains sites à l’étranger a aussi été diminuée comme en Espagne, en Italie, ou encore en Allemagne.

Cette réduction drastique de la voilure doit permettre au groupe breton de passer la période de gros temps, notamment dans une perspective de signer de nouvelles licences fortes. Mais, avec des finances grevées par deux années de crise, la recherche d'un nouveau partenaire (créancier ou entrant au capital) pour affronter les prochains mois apparaît donc des plus logiques. Reste à savoir quelles seront les modalités de l'accord et le profil de celui.

En 2019, le groupe Royer revendiquait un chiffre d’affaires de 300 millions d'euros, dont 45% réalisés à l'export, pour plus de 20 millions de paires vendues. En 2020 ses ventes se seraient effritées de 18%. Cependant grâce aux ventes en ligne, à l’acquisition de nouvelles licences et les bonnes performances de Kickers, Jacques Royer indiquait à Ouest France qu’il anticipait un retour au niveau de 2019 dès 2021.
 

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