×
6 480
Fashion Jobs
Publicités

Le groupe Vog et Dan Arrouas toujours en quête d'acquisitions

Publié le
today 22 mars 2019
Temps de lecture
access_time 3 minutes
Partager
Télécharger
Télécharger l'article
Imprimer
Cliquer ici pour imprimer
Taille du texte
aA+ aA-

Petit à petit, le groupe Vog, qui se décrivait il y a encore quelques années comme un "business angel", a pris un peu plus de place dans le paysage de la mode. Avec deux nouvelles prises de participation dans des griffes féminines en 2018, Make My Lemonade d'abord, puis Roseanna il y a quelques mois, "l'accélérateur de start-up" comme il se qualifie désormais, emmené par Dan Arrouas, accompagne aujourd'hui simultanément six marques, puisqu’il est de nouveau propriétaire d'Eleven Paris depuis 2017, toujours actionnaire historique de Ba&sh, mais aussi présent au capital de Modetrotter et Livy.


Collection printemps-été 2019 - Roseanna

 
Un attelage qui pourrait encore changer cette année, via des sorties ou de nouvelles entrées. « Notre vocation c’est le plus souvent d’accompagner des petites marques, de un à quelques millions d’euros de chiffre d’affaires environ, jusqu’au cap suivant, entre 8 et 14 millions d’euros. A partir de là, nous avons vocation à sortir », explique Dan Arrouas. Exception faite de Ba&sh - griffe dans laquelle il avait investi dès le lancement de la marque en 2003, et qui réalise aujourd’hui 150 millions d’euros de chiffre d’affaires, avec 200 millions dans le viseur pour 2019 - mais aussi d’Eleven Paris, dont le groupe Vog avait été actionnaire par le passé et qui cherchait un repreneur en 2017.
 
Même s'il ne détaille pas les résultats des marques, l’année 2018 a été globalement bonne pour les labels du portefeuille, affirme Dan Arrouas, avec des rythmes de croissance différents néanmoins. Pour Eleven Paris, la problématique est de restructurer la marque avant de parler de développement, même si la marque a « atteint ses objectifs », estime l'investisseur. Modetrotter a fortement progressé et doublé son chiffre d’affaires, notamment en ajoutant le wholesale à sa distribution, tandis que Make My Lemonade construit son modèle avec une ouverture de flagship et une entrée au Bon Marché, tout en travaillant la structure de ses collections. Roseanna, dernière prise de participation en date, « récolte déjà les fruits du travail des six derniers mois », estime Dan Arrouas, avec une forte dynamique de progression sur les derniers mois. Enfin, la griffe de lingerie Livy passe un cap international grâce à un partenariat récent avec Victoria’s Secret.

Outre l’investissement financier, le groupe Vog, également actif dans l'immobilier, a un rôle d’accompagnement des fondateurs de marques. « Il y a une double démarche, évidemment une financière, mais aussi une volonté de redistribuer ce que j’ai reçu. Transmettre des enseignements. J’ai gagné assez d’argent pour en redonner une partie. D’ailleurs l’idée du groupe Vog c’est toujours de réinvestir ce que l’on gagne », explique Dan Arrouas, qui se félicite du nombre grandissant de business angels, des particuliers notamment, qui aident les jeunes marques en gestation.

L’accélérateur de marques est donc bel et bien en recherche de nouvelles acquisitions. Deux profils l'intéressent. En premier lieu, les marques au potentiel encore non exploité : « Il y a pas mal de jolies petites marques, à 1 million d’euros de chiffre d’affaires, qui se bagarrent depuis sept ou huit ans par exemple, et dont les fondateurs sont un peu fatigués de ne pas réussir à passer le cap suivant », estime le dirigeant du groupe Vog, qui vient par ailleurs d’investir dans son premier projet d’hôtellerie avec Tinah, pour « This is not a hotel », dans un esprit confidentiel rue Réaumur à Paris.
 
Mais aussi une nouvelle génération de business durables : « Le prochain investissement, ou du moins l’un des prochains investissements, j’aimerais que ce soit dans une marque avec une approche écoresponsable, projette Dan Arrouas. Pour moi, c’est vraiment le prochain grand sujet, le produire local par exemple, dont va s’emparer la prochaine génération de consommateurs, ceux qui ont entre 12 et 18 ans aujourd’hui. Certes les plus grandes marques essayent de s’y mettre, s’emparent de la question RSE, mais pour moi personne ne le fera aussi bien que les nouveaux acteurs qui fondent leur modèle sur ce créneau. Eux pourront redonner envie de consommer à la prochain génération ».

Tous droits de reproduction et de représentation réservés.
© 2019 FashionNetwork.com