×
Publié le
4 avr. 2012
Temps de lecture
4 minutes
Partager
Télécharger
Télécharger l'article
Imprimer
Cliquer ici pour imprimer
Taille du texte
aA+ aA-

Le Made in France: professionnels et politiques y croient

Publié le
4 avr. 2012

Quel avenir pour une production française de proximité ? Deux tables rondes se sont tenues à ce propos sur le salon Made in France. Et c’est face à un public très nourri que professionnels et politiques se sont exprimés.


Gilles Attaf, Clothilde Ranno (Les Lumières de la Pluie), Nicolas Maure, Lucien Deveaux, Alain Moreau, Frédéric Arnaud et Tony Herblot. Photo MG

Une fois de plus, le problème de la formation a été longuement évoqué. "Les gens qui sortent des lycées ne sont pas du tout au niveau de compétence", explique ainsi Tony Herblot, président du syndicat Mode Grand Ouest, qui dit plébisciter le travail en alternance. "Nous avons proposé au ministre, Frédéric Lefebvre, que les personnes partant en retraite puissent avoir le statut de formateur pour pouvoir transmettre leur savoir". Alain Moreau, co-président de l’Ufih et président de GFF*, souligne quant à lui la grande évolution connue par le secteur ces dernières années. "Il y a 20 ans, on avait affaire à des donneurs d'ordre qui nous apprenaient le métier, les spécificités de leurs produits", rappelle-t-il. "Aujourd’hui, le savoir-faire est chez les sous-traitants et beaucoup moins chez les marques".

Ce que confirme Lucien Deveaux, président de l’Union des Industries Textiles (UIT). "Le fameux mystère allemand de la compétitivité, c’est l’apprentissage", explique-t-il. Il souligne également que si les relocalisations sont une réalité, il reste encore à leur créer un climat favorable. "Avec le coût du travail qui existe en France, il est difficile d’imaginer le Made in France prendre des proportions énormes côté consommation. Il faut faire évoluer le droit social". Pour Gilles Attaf, PDG de Smuggler, le secteur a pour quelques semaines une carte à jouer. "Avec la présidentielle, nous avons une fenêtre de tir très courte dont il faut profiter pour faire avancer certains choses", a-t-il insisté. "Le seul moyen d’être compétitif aujourd’hui, c'est de fabriquer et distribuer ses propres produits", avance-t-il en outre.

"Il ne faut pas se faire d’illusions: des efforts sont à faire aussi du côté des marques", analyse pour sa part Frédéric Arnaud, directeur de la production d’Agnès b. "Les Italiens ont capté l’attention pendant plus de vingt ans. Il faut que nos jeunes aient envie d’aller se frotter à cette réalité pour avoir envie de découvrir ces métiers". Mais, pour Tony Herblot, l’avenir du Made in France n’est finalement peut-être pas là où on le croit. "Peut-être demain continuerons-nous à produire en France, mais pour des marques chinoises visant la clientèle chinoise".

Volontés politiques à l'heure des présidentielles

Qu’ils soient PS, UMP ou Modem, les représentants politiques conviennent tous que le secteur pâtit de son image. "Il faut parler de l’image de vos métiers, dont les jeunes ont une représentation passéiste", pour Catherine Dumas, conseillère UMP de Paris. De son côté, l’adjoint PS au Maire de Paris Lyne Cohen-Solal verrait bien les défilés parisiens comme vitrine de ces emplois. "Il faut faire connaitre les gens qui, loin des podiums, sont à l’origine des pièces".


Daniel Garrick, Catherine Dumas, Lucien Deveaux, Lyne Cohen-Solal, Alain Moreau et Tony Herblot

"Soutenir le secteur serait une réelle démarche stratégique", pour Daniel Garrick, député Modem de Dordogne. "Nous pourrons soutenir la production dans notre pays tant que nous pourrons soutenir la demande des marques". "Sur le plan du droit du travail, il y a des avancées à faire", avance à son tour Catherine Dumas, pour qui certaines ont déjà été obtenues. "Je vous invite à poursuivre dans la continuité", conclut-elle, son invitation peu subtile à voter Nicolas Sarkozy provoquant quelques rires grinçants dans l’assistance. Lyne Cohen-Solal rappelle de son côté la présence au programme de François Hollande du Contrat de Génération, qui rejoint la proposition faite plus tôt par Tony Herblot.

C’est d’ailleurs le président du syndicat Mode Grand Ouest qui conclura la table ronde en rappelant l’un des grands défis qui attend le prochain président de la République: parvenir à agir dans l’intérêt du Made in France auprès de Bruxelles.

*GFF: association qui fédère les entreprises françaises de sous-traitance, de la conception à la fabrication de textile et d’habillement.

Tous droits de reproduction et de représentation réservés.
© 2022 FashionNetwork.com