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4 avr. 2017
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Le maître plisseur Pietro Seminelli recherche la lumière du noir

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AFP
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4 avr. 2017

D'une surface de papier ou de tissu passée entre ses mains, il n'en restera qu'un tiers à l'issue du pliage. Le maître d'art Pietro Seminelli crée des sculptures en papier et des vêtements pour le couturier Yohji Yamamoto.

Pietro Seminelli - AFP


Ce travail manuel, il l'assimile « à une forme d'origami », avant de préciser : « Plisseur c'est un métier, je sais créer des moules à plisser, mais je ne suis pas vraiment plisseur car je n'utilise pas la technique des moules ». Pietro Seminelli préfère donc le nom de plieur car « on plie directement le papier ou le tissu à la main. C'est à chaque fois une oeuvre unique, le tracé est perdu ».

D'immenses feuilles de papiers Kraft naît une sculpture en forme d'armure de plus d'un mètre de haut. Formée de pointes encrées de noir, elle est suspendue sur un cadre qui doit rejoindre le Japon pour une exposition. « J'ai mis en opposition quelque chose de très fragile avec l'image de solidité de l'armure. Je voulais savoir jusqu'où on pouvait pousser les limites du papier », explique le maître.

Affairé, il prépare les derniers vêtements plissés puis cousus pour Yohji Yamamoto qui doivent s'envoler pour le Musée national du Japon. « Je travaille sur le noir du vêtement en y ajoutant un oxyde or pour attirer la lumière », explique-t-il d'une voie douce. « En gommant la couleur on revient à l'essence de la silhouette », ajoute l'artisan français de 46 ans, devenu Maître d'art en 2005, un titre qu'il gardera à vie

Pietro Seminelli, qui se définit comme « un homme de la lumière et pas un homme de la couleur », évoque « les clairs-obscurs du Caravage ». Finalement, « il y a peu de frontière entre l'artisan d'art et l'artiste. L'oeuvre d'art est unique », dit-il.

« Dior et Chanel »

Ce diplômé de l'École nationale supérieur des arts appliqués (Ensaama) a commencé par confectionner des décors de théâtre comme « son grand-père qui le fascinait ». Mais sa volonté de se « remettre en question » l'a conduit à explorer d'autres contrées. « Être maître d'art, c'est aussi un savoir-être », assure Pietro Seminelli, qui en collaboration avec l'architecte Peter Marino, conçoit les décors des boutiques Dior et Chanel.

Des tissus viennent tout juste d'arriver de « sa base arrière », son atelier de Molay-Littry en Normandie. Tissés de fils blancs et or, ils contrastent avec les noirs de l'atelier. Ses grandes mains aux doigts fins parcourent les rouleaux destinés à la maison Chanel pour ses boutiques mais aussi pour les vêtements de la prochaine collection. « Savoir être, c'est aussi faire acte de transmission », dit Pietro Seminelli, avant d'ajouter : « Mais la créativité ça ne se transmet pas ».

Par Emmanuel CHERKI

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