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24 nov. 2011
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Le Maroc veut séduire les donneurs d’ordre

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24 nov. 2011

Les industriels marocains sont confiants sur le long terme. La situation en Asie obligerait en effet les centrales européennes à revoir leurs approvisionnements. Avec le soutien des associations et des autorités, les confectionneurs veulent visiblement augmenter leur niveau technologique, basculer de la sous-traitance à la co-traitance et surtout réduire leur dépendance à l’Espagne, qui représente 37% de leurs exportations totales. La France pesant 35%.

Maroc Souring, Maroc in Mode
Les deux salons ont eu lieu au Palais des congrès de Marrakech.


"L’industrie du textile et de l’habillement pèse 7 milliards d'euros dont 3 à l’export. En octobre, les exportations ont progressé de 7,3% par rapport à octobre 2010", commente Mohammed Tazi, directeur général de l’Amith (association marocaine des industriels du textile et de l’habillement). Maroc in Mode et Maroc Sourcing, qui se sont déroulés du 16 au 18 novembre, ont ainsi été l’occasion de montrer aux acheteurs européens la diversité des produits et des profils d’entreprise. Une occasion de profiter de la redistribution des cartes en termes de sourcing. "Nous sommes venus découvrir l'offre marocaine en termes de textile. Et, la proximité et la stabilité politique sont des atouts indéniables", commente ainsi un acheteur d'un groupe allemand de mode masculine.

"L’industrie marocaine a tendance à bénéficier des effets de crise. Les centrales réduisent leurs commandes auprès des fournisseurs lointains et elles travaillent sur du court terme, donc avec des pays proches tels la Tunisie, la Turquie et le Maroc", explique Aziz Elkouhene, gérant de Quattro, spécialiste de la chemise.
Les exposants sont persuadés que le Maroc est un pays de dépannage, mais qui, avec la crise actuelle, sera de plus en plus sollicité et ce même si les distributeurs européens ont du mal en ce moment.

Gildas Minvielle, directeur de l’observatoire économique de l’Institut Français de la Mode, a ainsi dressé le tableau. D’une part, les coûts de production en Chine vont très fortement augmenter et les fabricants s’orientent vers leur marché intérieur d'1,3 milliard d'habitants.
En parallèle, la consommation souffre sur le Vieux Continent. "Il y a un trou d’air en Europe. Il y a différentes stratégies d’approvisionnement, des mélanges de matières ainsi qu'une certaine sobriété dans les collections. Au final, nous observons une recomposition des pays producteurs en Asie et l’augmentation d’un sourcing de proximité", commente Gildas Minvielle. Ainsi, les importations en provenance de Chine vers l’Europe des 27 a, de janvier à août, augmenté de 10% en valeur. Celles en provenance du Maroc et de Tunisie ont sur la même période enregistré des hausses respectives de 12 et de 8%.

En volume, la hausse des exportations marocaines vers l’Europe a été de 9%. "Les marques européennes réalisent 85% de leur sourcing en Asie et pour les 15% restant elles décident une fois les premières ventes réalisées. Par contre, certains clients ont une politique de sourcing très claire avec une volonté de garder des sites de production textile à proximité. Ils peuvent ainsi faire face aux aléas tels que les quotas ou d'autres événements", commente Khalid Boujida de Modaline, qui travaille notamment pour La Redoute, Pimkie, Phildar, Inditex et H&M.
"Au Maroc, il y a un fort potentiel", résume Jean-Patrice Gros de chez Lectra, qui souhaite que les pays de la zone soient au même niveau technologique, facilitant ainsi le travail des acheteurs.

A Maroc in Mode, certaines questions restent en suspens. La principale: comment devenir force de proposition avec des collections finies. Une nécessité en termes de valeur ajoutée et surtout, jusqu'à présent les centrales, avec leurs équipes de stylistes, faisaient le choix des tissus et les commandaient avant de faire livrer leurs sous-traitants. Or, pour se démarquer, les industriels marocains doivent jouer la carte mode et financer les tissus en amont. Et puis, il y a la question des prix. "Certains veulent du caviar au prix de la sardine", conclut un confectionneur.

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