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6 mai 2008
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Le "Met" célèbre l'influence des "super-héros" de BD sur la mode

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AFP
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6 mai 2008

NEW YORK, 6 mai 2008 (AFP) - La métamorphose du corps par le vêtement est une ambition constante des créateurs, et une exposition retrace à partir de mercredi 7 mai au Metropolitan Museum de New York l'influence des "super-héros" de bandes dessinées et de cinéma sur la mode contemporaine.


Moschino automne-hiver 2007/2008 (comparé à Superman)
Jean Paul Gaultier Haute Couture printemps-été 2003 (comparé à Spiderman)
Photos : Chris Moore

Le 20e siècle a vu émerger des générations de couturiers qui, à des degrés divers, ont été inspirés par Superman, Spiderman et autres Captain America, ces justiciers aux corps parfaits et à la jeunesse éternelle, qui accomplissent des prouesses dès lors qu'ils quittent leur identité banale et revêtent les costumes qui les font s'envoler, tournoyer, plonger et triompher de l'ennemi.

Dans le hall d'entrée du musée sur la 5e avenue, les visiteurs sont accueillis par Superman, Batman et Wonder Woman, trois sculptures en stuc non peintes, un clin d'oeil aux "vraies" statues en marbre qu'abrîte l'établissement.

La salle d'exposition, étonnante pour l'architecture très austère du "Met", est faite de couloirs tapissés de miroirs, une réalisation de Nathan Crowley, décorateur de Hollywood à qui l'on doit notamment la scénographie de "Batman begins" et "The Dark Knight" qui sort l'été prochain.

Sur des mannequins en cire, une soixantaine de modèles créés par des stars de la mode comme Thierry Mugler ou Pierre Cardin dans les années 80, John Galliano, Jean-Paul Gaultier, Hussein Chalayan ou Alexander McQueen plus tard, montrent à quel point l'inspiration est venue souvent des héros urbains américains.

Certains vêtements sont très connus, comme le corset-moto de Thierry Mugler pour sa collection printemps-été 1992, équipé de rétroviseurs et de guidon, ou les combinaisons sportives à cagoule de Jean-Paul Gaultier pour sa collection automne-hiver 1995-1996. D'autres ont été vus au cinéma, comme le costume de Superman porté par Christopher Reeve en 1978.

"Il a été beaucoup plus difficile de trouver dans mes collections des modèles à exposer", s'est exclamé le couturier italien Giorgio Armani, sponsor de cette exposition qui va durer jusqu'au 1er septembre.


"Muscle Suit" de Eiko Ishioka destinée au ski de vitesse (comparée à Flash)
Thierry Mugler automne-hiver 1996/1997 (comparé à Catwoman) - Photo : Patrice Stable

Célèbre pour ses tailleurs pantalons pour femme d'affaires, ses formes fluides et ses camaïeux de beige ou gris, l'Italien a tout de même deux robes au "Met", une aux épaules très amples mais qui respecte la passion du créateur pour la soie grise, et une robe du soir en mousseline noire surpiquée d'une toile d'araignée.

"Ils ont eu du courage, les Gaultier, les Mugler, les Galliano (John Galliano, créateur chez Dior)", a poursuivi Giorgio Armani, lors d'une conférence de presse avec le directeur sortant du Metropolitan, Philippe de Montebello. "Mais ce courage est nécessaire à la culture de la mode, ces novateurs nourrissent l'inspiration", a-t-il ajouté, rendant hommage "aux dessinateurs de bandes dessinées des années 30 et 40".

"Flash Gordon vivait dans les mêmes maisons que l'on construit maintenant à Shanghaï dans le quartier du Bund, les voitures japonaises contemporaines sont sorties de ces BD", a-t-il constaté.

L'exposition a été organisée par Andrew Bolton, conservateur de l'Institut du Costume, qui est un département du Musée créé en 1946 et qui a monté ces dernières années des rétrospectives Poiret (2007), Chanel (2005) ou encore "Anglomania: tradition et transgression dans la mode britannique" (2006).

"Cette exposition est un hommage au triomphe de la fantaisie sur la réalité, à la transformation du corps, à la dualité", a-t-il expliqué avant de rendre hommage à "DC Comics" et "Marvel", les deux grandes maisons new-yorkaises d'édition de bandes dessinées.

Par Paola MESSANA

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