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4 déc. 2020
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Le Minor obtient le soutien de France Relance

Publié le
4 déc. 2020

Le Minor poursuit sa croissance et s’attaque à la seconde main. Depuis sa reprise au printemps 2018, le spécialiste morbihannais des marinières et pulls marins n’a pas chômé, dopant son chiffre d’affaires de 66% en 2020 à 2,6 millions d’euros et triplant ses effectifs, désormais forts d’une soixantaine de personnes. L’entreprise née il y a 98 ans, qui vient tout juste d’apprendre qu’elle sera bénéficiaire du plan France Relance, lorgne désormais vers la seconde main.


Le Minor



“On vient juste d’avoir l’information, on fait partie des dix entreprises bretonnes retenues par France Relance”, explique à FashionNetwork.com le directeur général de Le Minor Sylvain Flet, qu’il a repris avec Jérôme Permingeat. “On va être aidé à hauteur de 400.000 euros sur deux ans pour accompagner deux types d’investissements. Celui qu’on a déjà engagé avec l’embauche de 12 personnes supplémentaires et des machines pour elles (8 à la confection, 2 au tricotage et 2 à la coupe). Une expansion rendue nécessaire par notre carnet de commandes grandissant. Et cela va nous aider à moderniser notre outil, car notre bâtiment est assez ancien. Tout en apportant du confort à nos salariés, on va en profiter pour améliorer les flux industriels, et donc la productivité”.

Longtemps fournisseur de la Marine Nationale, Le Minor souffre en France d’un déficit de notoriété face à Armor-Lux ou Saint James, deux acteurs bien identifiés de l'univers marin français. La marque ne compte ainsi qu’une trentaine de boutiques françaises, contre pas moins de 1.200 points de vente au Japon, une vingtaine en Corée du sud, une autre vingtaine à Taiwan et une trentaine dans le reste de l’Europe (Royaume Uni, Scandinavie…). Quelque 80% du chiffre d’affaires est fait à l’export, tandis que l’activité de fournisseur en marque blanche est tombée à 5%. Une réussite qui a valu à Le Minor d’être retenue par la préfecture pour aller représenter la Bretagne à l’Elysée lors de l’exposition Made in France organisée par la présidence.

La crise sanitaire qui est depuis venue perturber l’activité du pays n’a eu que peu d’impact sur l’activité de la société. “Le premier confinement n’a pas eu d’effet sur le carnet de commande, qui était plein, et nos principaux clients ont été fidèles et impactés eux-mêmes de façon limitée”, explique Jérôme Permingeat, qui souligne que le second confinement a suivi la même tendance.

Le fait que les Français doivent se contenter de l’e-commerce aurait même permis d’accélérer l’activité du portail de vente de la marque, déployé il y a un an avec pour mission d’accroitre les ventes sur le sol national. “Il est clair que cette histoire de production de masques (à laquelle Le Minor a contribué en partenariat avec Guy Cotten, ndlr) a sensibilisé tout le monde au Made in France”, pour le dirigeant. “C’est aussi une reconnaissance de notre fabrication authentique et intégrée”.



Jérôme Permingeat. et Sylvain Flet - Le Minor



Le Minor veut maintenant déployer son offre de seconde main. Fort d’une activité octogénaire, la marque invite les détenteurs de pièces, même très anciennes, à la retourner contre une réduction de 40% sur une pièce nouvelle. “Le Minor a toujours fait des produits qui durent, et c’est la première étape d’une mode durable. Sinon, on est dans la mode jetable, et on contribue à la pollution”, souligne Jérôme Permingeat.

Parmi les pièces collectées, celles trop usées sont destinées au recyclage, à l’instar des chutes de production. Mais les autres se destinent à la revente, donnant l’occasion au portail de proposer des rabais sans creuser ses marges. Et s’attirer ainsi un nouveau public. Le succès rencontré par la collecte pourrait permettre un déploiement de ces ventes dès les prochains soldes d’hiver. Avec, à plus long terme, l’idée d’une marketplace dédiée aux reventes entre clients.



Le pull traditionnel militaire et le pull "Marine Nationale", jadis fournis à la Marine, restent les meilleurs ventes de Le Minor - Le Minor


“C’est inscrit dans notre mission d’entreprise: continuer à fabriquer des vêtements durables et désirables en sauvegardant les savoir-faire textiles en France”, rappelle le dirigeant de Le Minor, qui évoque pour l’heure une clientèle à l’équilibre entre homme et femme. Les meilleures ventes restant à ce jour le pull militaire traditionnel en pure laine (160 euros) et le pull Marine Nationale 100% laine, avec empiècement aux épaules, épaulettes et poche au bras (190 euros).

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