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Traduit par
Clémentine Martin
Publié le
9 févr. 2022
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Le Momad à Madrid retrouve du public et des couleurs

Traduit par
Clémentine Martin
Publié le
9 févr. 2022

Cette dernière édition du Momad est (enfin) marquée par le retour de la foule et des files de professionnels. Organisé par Ifema, le salon espagnol de la mode, de la chaussure et de l’accessoire a eu lieu du vendredi 4 au dimanche 6 février derniers au parc des expositions de Madrid. Pour cette dernière édition, l’événement a voulu mettre l’accent sur la reprise du secteur, après une première édition post-pandémie en demie-teinte organisée en septembre dernier. Pour ce faire, le salon a calqué ses dates sur celles de Bisutex, Intergift et MadridJoya afin de créer des synergies. Et la stratégie a porté ses fruits: 330 marques se sont installées dans les 15.800 mètres carrés occupés par le pavillon 8 de l’espace d’exposition, attirant 300 acheteurs internationaux venus de 35 pays différents (le nombre total de visiteurs, nationaux et étrangers, sera communiqué dans les jours à venir, ndlr). En pleine cinquième vague de pandémie de Covid, les participants ont dû montrer patte blanche: certificat de vaccination ou test négatif récent étaient de rigueur, tout comme le port du masque FFP2 dans l’enceinte de l’événement.


L’intérieur du pavillon 8 d’Ifema, où s’est tenue la dernière édition du Momad - FNW


"Après tout le travail que nous avons dû fournir pour en arriver là, les sensations sont agréables", soupire Julia González. La directrice des salons de mode, beauté et lifestyle d’Ifema est bien consciente des difficultés et des incertitudes que provoque le variant Omicron depuis septembre. Cette nouvelle vague du virus a causé l’annulation ou le report de nombreux salons en Europe, mais le Momad, lui, a décidé de passer outre.

"En septembre, nous avons réalisé un bon salon de transition, mais les montagnes russes des derniers mois ont été horribles", se remémore la directrice. Les exposants du Momad étaient pour la plupart au rendez-vous, mais le volet décoration de l’événement, Intergift, a souffert plus gravement des conséquences de la crise sanitaire et des difficultés logistiques du montage des stands et du transport.

La partie n’est pas encore gagnée pour les salons de mode et la cohabitation avec le virus s’annonce difficile. Malgré tout, Julia González invite à l’optimisme: "Je crois que c’est une étape décisive pour affirmer que les salons présentiels sont nécessaires, s’il restait encore des doutes à dissiper", sourit-elle. D’après elle, le démarrage "a été encourageant le vendredi, mais le samedi l’a largement dépassé". Le programme à destination des acheteurs internationaux "a très bien fonctionné".

Julia González dirige les quatre salons madrilènes et explique : "Quand un exposant nous fait confiance et fait l’effort de venir au salon, il faut pouvoir lui répondre. C’est une grande responsabilité."

Concernant le travail fourni par ses équipes au cours des derniers mois, elle détaille: "Nous avons beaucoup travaillé pour attirer des visiteurs intéressants et de qualité. Ce n’est pas la peine de faire venir des milliers de personnes, celles qui viennent pour travailler et pour signer des contrats nous suffisent."

Don Algodón, Compañía Fantástica et Naf Naf: les nouveaux venus



Cet optimisme et ce nouveau positionnement plus qualitatif ont imprégné l’événement: une file d’attente a commencé à se former devant la porte dès la première heure de la journée. Les flux de visiteurs se croisaient d’un pavillon à l’autre et les couloirs étaient bondés de professionnels que l’on retrouvait ensuite sur les stands.

Parmi les plus appréciés, celui de Don Algodón (Diutex), l’un des nouveaux arrivants de cette édition. "Nous sommes en train de réussir à nous implanter de nouveau dans la catégorie mode après notre relance il y a un an", commente la marque. Elle se réjouit du "monde" observé sur son stand et de la présence de "nombreux acheteurs". Un optimisme partagé par le groupe danois Bestseller (propriétaire des marques Only, Only&Sons, Vero Moda, Vila, Pieces, Object, Name it et Selected), dont l’imposant stand à l’entrée du pavillon 8 n’a pas désempli durant ces trois jours de salon.


Ángel Asensio, président de la Confédération Mode Espagne; Juan Carlos Rodríguez, directeur de marché industrie et consommation MINSAIT – INDRA ; et Julia González, directrice des salons mode, beauté et lifestyle d’Ifema - FNW


Parmi les nouvelles marques venues, on trouve aussi la française Naf Naf, dont les projets d’avenir passent par une expansion sur le marché espagnol. "La première journée a été très positive et le samedi a été déterminant pour l’activité", reconnaît Carlos Pérez, directeur pays de la filiale espagnole de l’entreprise, aux mains du groupe turc Sy International.

De son côté, la griffe Compañía Fantástica partage la satisfaction et l’optimisme décrits par la directrice du salon, où elle fait son retour sept ans après sa dernière participation. La marque de sacs et sacs à dos durables Hemper, de son côté, salue l’opportunité de faire entendre son message d’engagement "local" à son public.

Chez les marques, deux constats se dégagent: d’un côté, le besoin de réactiver le canal des multimarques et de trouver de nouveaux acheteurs après les derniers confinements engendrés par la crise sanitaire se fait sentir. De l’autre, on note de grandes améliorations par rapport à l’édition de septembre. Elle avait marqué la reprise du Momad après le plus dur de la pandémie, avec 6.000 visiteurs et 260 exposants.

"Cette édition n’a rien à voir avec l’édition précédente, plus triste et avec moins de marques. Maintenant, on ressent une atmosphère plus optimiste pour les affaires", affirme le designer Tony Bonet, originaire d’Ibiza et satisfait des "relations commerciales établies". "La première journée de septembre avait été très intense, mais ce rythme s’était essoufflé les jours suivants", rappelle Sonia Domínguez, de Fecoev. Elle ajoute : "Les marques d’Ibiza sont très contentes d’être venues et nous pensons que les résultats seront bons." Le secteur de la chaussure, de son côté, garde une présence discrète, malgré la présence de marques bien établies comme Victoria, Pons Quintana et Mascaró.

L’avenir du salon: un concours d’innovation et le métavers



Ifema en a profité pour présenter son prochain concours d’innovation dans le secteur textile et mode, dont les lauréats seront révélés en septembre prochain. "C’est un projet stratégique pour mettre en valeur le travail des entrepreneurs centrés sur la responsabilité environnementale", soutient Julia González. Les candidatures seront ouvertes au cours des prochaines semaines. "Notre secteur génère de la richesse, de l’emploi et de l’image de marque pour notre pays. Maintenant, nous avons une opportunité sur le créneau de l’écoresponsabilité et il est fondamental d’apporter des idées pour que nous puissions nous démarquer et apporter de la valeur ajoutée à travers l’innovation, la digitalisation et la créativité", rappelle Ángel Asensio, le président de la Confédération de la mode en Espagne, qui fait partie des organisateurs du projet avec le cabinet de conseil Minsait Indra.


Plan de la dernière édition par pavillons: Momad, Bisutex, Intergift et MadridJoya - FNW


Comme la plupart des autres salons, le Momad s’est lancé dans la digitalisation de ses éditions durant la phase la plus aigüe de la pandémie. De nombreux événements ont adopté des formats hybrides et le Momad a développé sa propre plateforme, Live Connect, qui permet de mettre en lien les professionnels au-delà des dates du salon présentiel.

Lors de cette dernière édition, Ifema a présenté conjointement avec le Momad et Helixa Expérience Center une installation technologique et artistique pour faire connaître à la communauté des entrepreneurs les opportunités que représentent les nouveaux écosystèmes virtuels et de réalité mixte, comme la création d’avatars 3D pour le métavers. "Les salons sont la réalité du futur. Dans peu de temps, nous pourrons utiliser la réalité augmentée lors des événements professionnels", assure le directeur du secteur digital d’Ifema. Raúl Calleja est convaincu que les nouvelles expériences immersives vont faire partie intégrante de l’événementiel à l’avenir, permettant de visualiser des endroits, des produits et d’interagir à distance.

Les chiffres officiels de participation restent à confirmer. En tout cas, Momad n’a pas perdu de temps et a déjà annoncé les dates de son édition de septembre, qui se tiendra du vendredi 9 au dimanche 11, ce qui lui évitera d’empiéter sur celles du salon parisien Who’s Next. Ce dernier aura lieu le premier week-end du mois. Cette fois-ci, Intergift, MadridJoya et Bisutex se tiendront en revanche une semaine plus tard. Momad espère bien retrouver sa dimension d’antan et recommencer bientôt à occuper deux pavillons du parc des expositions madrilène.

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