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12 nov. 2007
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Le Muséum d'histoire naturelle de Paris s'épanche sur la perle

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12 nov. 2007

Quand on parle de perle, on ne peut s’empêcher de penser à la nacre qui la rend si précieuse. Mais cette dernière ne la pare pas systématiquement. Ce gemme – le seul d’origine organique – peut être de nacre ou d’aragonite mais aussi de calcite auquel cas il attise moins la convoitise des bijoutiers que l’intérêt des scientifiques. Parler de la perle quelle qu’elle soit, tel est le parti pris par l’exposition "Perles, une histoire naturelle" que présente la Grande galerie de l’évolution du 25 octobre 2007 au 10 mars 2008 à Paris.


Affiche de l'exposition Perles, une histoire naturelle

Pour la première fois en Europe, cette exposition qui est déjà passée par New York, Tokyo, Sydney et Abou Dhabi est dans sa version parisienne « remaniée et complétée », affirme Agnès Iatzoura, chef de projet. Et comme « la perle n’habite pas Place Vendôme mais dans l’eau » à ses yeux, « l’ambiance de cet événement charnière entre la science et l’art est aquatique ». Baignant dans une atmosphère résolument abyssale, le visiteur découvre tout d’abord un pendant étonnant car méconnu de la perle avec le phénomène de biominéralisation, un phénomène par lequel un organisme vivant fabrique et organise une structure que ce soit un squelette ou une coquille associant matrice organisée et minéral sous forme cristallisée.

Un processus vieux de quelque 540 millions d’années présenté à l’aide de trois petits films et de fossiles pour le moins impressionnants : un crabe et des dents de requins fossilisés côtoient une vertèbre de baleine et un énorme crâne de poisson cuirassé. Sont aussi présentés les coquillages à l’origine des perles, qu’elles soient nacrées, porcelainées ou simplement calcaires, venues de la mer ou d'eau douce. Parmi les plus grosses du monde, la perle Hope (90g) ou celle du Centaure (171g) ont fait le déplacement jusqu’à Paris et son Jardin des plantes.

Après sa formation, la perle passe des fonds marins aux sommets du luxe. Au fils des siècles, la royauté, la religion et l’élégance deviennent ses principales terres d’expression. L’exposition illustre son utilisation avec de nombreux objets et des flots de parures. Ainsi, le visiteur vogue vers une reproduction de la couronne de Charles V et des boucles d’oreilles ayant appartenu à Coco Chanel.

Véritable gemme ornemental, la perle s’épanouit également sur une robe Chanel de l’automne-hiver 1991 ou sur une tunique Franck Sorbier. Elle s’appose sur des bagues signées Lalique, des colliers Van Cleef et Arpels, Cartier ou Mellerio, des broches Mikimoto... Et loin de péricliter, son emploi est plus que jamais d’actualité avec Lorenz Bäumer, le plus jeune des joailliers de la célèbre Place Vendôme qui fait de ses bijoux des prouesses de dextérité et d’inventivité.

Plus inattendue, « la proximité évolutive entre les mollusques et les squelettes » selon les termes de Christian Milet, membre du comité scientifique de l’exposition, n’est pas en reste sur "Perles, une histoire naturelle". La visite s’achève donc sur l’application thérapeutique de la nacre et de la biominéralisation. Une réflexion menée en profondeur depuis de nombreuses années par des chercheurs du CNRS quant à la reconstituion osseuse grâce à des greffons de nacre.

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