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Traduit par
Clémentine Martin
Publié le
10 juin 2022
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Le nouveau patron d'Inditex vise 30% de ventes en ligne en 2024

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Clémentine Martin
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10 juin 2022

Óscar García Maceiras a pris la tête du groupe Inditex à la fin de l’année dernière. Mercredi 8 juin, il a fait sa première présentation de résultats en solo, après avoir été accompagné par le président historique du groupe Pablo Isla lors des dernières conférences de presse. Ce dernier a été remplacé le 1er avril dernier par l’héritière d’Amancio Ortega, sa fille Marta. Le groupe espagnol a son siège à Arteixo (La Corogne) et a présenté mercredi 8 juin ses résultats du premier trimestre. À cette occasion, son dirigeant s’est adressé aux économistes en soulignant le potentiel de croissance de son entreprise, qui se trouve encore dans une "phase initiale" de développement de son "modèle intégré, digital et écoresponsable", le levier qu’Inditex compte bien utiliser "pour se différencier".


Óscar García Maceiras, le PDG d’Inditex Inditex - Inditex


"Nos ventes ont connu une forte croissance au premier trimestre", s’est félicité cet ex-avocat. Les chaînes Stradivarius, Pull&Bear et Bershka ont réalisé des performances impressionnantes, tout comme l’enseigne phare du groupe, Zara, qui a enregistré "des ventes exceptionnelles et une productivité remarquable". Du 1er février au 30 avril, le chiffre d’affaires de l’entreprise a progressé de 36% à 6,742 milliards d’euros. Un résultat en partie dû au "bon accueil" fait par les clients aux collections printemps-été et à la "forte croissance du trafic", fruit de "l’optimisation des boutiques".

1,1 milliard d’euros d’investissement en 2022

"C’est principalement l’envie des gens de reprendre une vie normale qui a alimenté notre croissance", a reconnu le directeur général. Actuellement, 90% des boutiques du groupe sont opérationnelles. Seuls 67 points de vente sont fermés en Chine en raison du Covid-19. En Russie et en Ukraine, en revanche, les boutiques en ligne et les établissements physiques affichent porte close depuis le début de la guerre.

Pour compenser les effets du conflit sur son activité, Inditex a débloqué une enveloppe de 216 millions d’euros de ses comptes du premier trimestre pour "provisionner toutes les dépenses" estimées pour ces deux marchés pendant la durée de l’exercice. Si l’entreprise n’avait pas pris cette précaution, son bénéfice net aurait atteint 940 millions d’euros.

"L’évolution a été remarquable dans toutes les régions", affirme le dirigeant, sans plus de détails puisque Inditex ne fournit pas de chiffres de ventes segmentés pendant ses présentations trimestrielles. Les États-Unis, qui représentaient déjà le deuxième marché du groupe espagnol en termes de chiffre d’affaires à la clôture de l’exercice précédent, ont apparemment connu une "forte progression". L’entreprise va investir 1,1 milliard d’euros en 2022 afin de renforcer sa "différenciation, sa digitalisation et sa démarche d’écoresponsabilité". "Nous voulons proposer une expérience client unique", insiste Óscar García Maceiras.


Intérieur de la nouvelle boutique de Zara sur la Plaza de España, à Madrid - Inditex


Au cours des trois premiers mois de l’année, seize marchés du groupe ont été concernés par des ouvertures de boutiques. À la clôture du trimestre, Inditex possédait au total 6.423 établissements, soit 335 de moins qu’au 30 avril 2021. Toutes les marques du groupe sont en phase de rationalisation de leur réseau physique, mais maintenant que la chaîne Uterqüe n’existe plus, c’est Massimo Dutti qui remporte la palme du nombre d’établissements liquidés: 117 fermetures, pour 633 boutiques restantes. Zara conserve le réseau le plus développé avec 1.947 points de vente, en comptant les magasins Zara Home et Zara Kids. L'enseigne Bershka arrive en deuxième position avec 972 boutiques, suivie de Stradivarius avec 923 établissements.

Prix stables et frais de retour



Hors effets de change, la vente en ligne a perdu 6% par rapport à la même période l’an dernier; elle affichait alors une croissance de 67%, en raison d’une "forte base comparable". "En 2024, les ventes en ligne devraient représenter plus de 30% du chiffre d’affaires total", anticipe Óscar García Maceiras. En 2019, avant la pandémie, ce canal ne générait que 14% des ventes totales.

Concernant une possible hausse des prix, le PDG conserve une attitude prudente. Durant la présentation des résultats annuels en mars dernier, il avait annoncé une augmentation sélective de certains prix pouvant aller jusqu’à 2% pour compenser l’inflation. Il explique aujourd’hui qu’Inditex "va conserver une politique de prix stables, avec certaines actions ciblées sur les marchés les plus touchés pour préserver les marges".

Le directeur des marchés de capitaux du groupe, Marcos López, a pour sa part indiqué que les nouveaux frais appliqués aux retours de commandes passées en ligne depuis son domicile ou en point relais, fixés à un peu moins de 2 euros, “n’ont pas de conséquences négatives“ sur les ventes. Selon lui, l’objectif de cette démarche déjà testée sur 38 marchés consiste à "améliorer l’efficacité de l’activité et à promouvoir la responsabilité environnementale".

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