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30 juin 2021
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Le Pitti Uomo ouvre sa 100e édition sous le signe de l’optimisme

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30 juin 2021

Alors qu'il célèbre le retour à un format physique, mais aussi sa 100e édition, le Pitti Uomo s’est mis sur son 31. Le salon référence de la mode masculine, qui se tient à Florence jusqu’au 1er juillet, exceptionnellement en concomitance avec le Pitti Bimbo dédié à l'enfant, a ouvert ses portes ce mercredi non sans une certaine émotion. Son principal objectif ? Donner un signal de reprise au marché.


Marques et acheteurs reprennent le chemin des salons à Florence - Pitti Immagine


"Il était fondamental d'envoyer un message fort, pour démontrer que l'on peut recommencer, surtout en vue de janvier prochain. Même si le chemin de la reprise sera long", nous confie Lapo Cianchi le directeur de la communication et des événements de Pitti Immagine.

Le salon consacré aux fils Pitti Filati, qui a débuté deux jours avant à la Stazione Leopolda, "a très bien marché avec une forte présence internationale, ce qui est de bon augure. En attendant, nous avons rouvert le Pitti Uomo en parvenant à attirer en moins de deux mois près de 350 entreprises", se réjouit-il.

Les exposants sont au nombre de 395 sur 1.200 en temps normal, dont une cinquantaine a adhéré uniquement au salon en ligne Pitti Connect. "Nous n’avons qu'un tiers de nos participants habituels, dont 112 proviennent de l’étranger, mais ils ont fait un grand effort, avec des stands merveilleux. Ce sera un Pitti extrêmement qualitatif, où toutes les entreprises ont beaucoup investi", expose le président des salons florentins, Claudio Marenzi.

Pour accéder à la manifestation, il faut montrer patte blanche. Seules les personnes vaccinées ou testées anti-Covid sont acceptées. Chacun se voit remettre un bracelet, le blanc réservé aux vaccinés étant le sésame pour pouvoir circuler tranquillement pendant les trois jours.


La remise du bracelet pour les visiteurs vaccinés ou testés anti-covid, le sésame pour accéder à l'enceinte - Pitti Immagine


Comme si l’on plongeait dans une dimension futuriste, tout le parcours est balisé par des étapes, où les contacts humains sont limités au minimum, du badge digital pour actionner le tourniquet d’entrée à la prise de température à distance devant une machine. L'effet est encore accentué par le message diffusé par haut-parleurs, à cadence régulière, invitant les visiteurs à endosser leur masque au sein du salon (même en plein air).

Si l’espace en face de la grande entrée de la Fortezza da Basso, qui héberge l’événement, est quasiment désert, à l’intérieur de la forteresse l’ambiance est comme surnaturelle. Pas mal de monde circule, en effet, dans les allées du salon totalement reconfiguré. Même les "Pitti People" sont de retour, ces dandys toujours apprêtés et soignant leur look à l’extrême de la pochette au chapeau, pour se faire prendre en photo.

Dans les pavillons, les couloirs ont été élargis pour éviter les contacts. Mais, de fait, en se retrouvant, visiteurs et participants ne peuvent s’empêcher de former des petits groupes ici et là, sans compter les files d’attente devant les restaurants à l’heure du déjeuner, qui feraient presque penser que rien n’a changé. Une musique légère retentit sur le parvis central de la forteresse, où de nombreux stands amovibles ont aménagé de manière accueillante leurs espaces externes dans une ambiance très estivale.

"On respire un réel désir de redémarrer. Ce qui fait le plus d’effet, c’est de revoir tous ces visages qui nous ont manqué pendant plus d’un an", glisse Niccolo' Ricci, qui dirige la maison de luxe Stefano Ricci. Son stand se dresse toujours dans le pavillon central, côtoyant les autres grands noms du menswear italien. Non loin de là, Brunello Cucinelli multiplie les saluts face à une floppée de visiteurs. "La campagne de vente a déjà débuté à Milan il y a 15 jours. Le salon arrive un peu tard. Il sert surtout et uniquement pour revoir les personnes, se rencontrer, échanger", estime-t-il.


Les affaires reprennent au Pitti Uomo - Pitti Immagine


"Ce Pitti Uomo symbolise une nouvelle renaissance, qui sera aussi bien physique que digitale", veut croire pour sa part Claudio Marenzi, qui n’a pas manqué de remercier vivement pour leur support les autorités publiques présentes à la conférence d’inauguration, du maire de Florence Dario Nardella au ministre du Développement économique Giancarlo Giorgetti. Ce dernier a fait pour la première fois le déplacement au Pitti, témoignant du soutien du gouvernement envers les deux filières, celles de la mode et des foires, "à avoir le plus souffert de la pandémie."

La mode pèse, en particulier, 80 milliards d’euros et emploie 500.000 personnes dans la Péninsule, a rappelé le ministre au cours de la conférence. Malgré la crise, le textile-habillement a dégagé un excédent commercial de plus de 17 milliards en 2020, constituant le premier contributeur du solde de la balance commerciale de la manufacture italienne.

Des chiffres qui ne doivent pas cacher la dure réalité du secteur, comme l’a souligné Claudio Marenzi : "Ces derniers trimestres les maisons de mode ont rebondi de 10-20%. Mais notre chaîne d’approvisionnement, en revanche, continue à subir la lourde situation. Il faut absolument qu’elle soit soutenue, car la reprise ne pourra se réaliser qu’avec le maintien de nos artisans".

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