Le prêt-à-porter féminin français a fait évoluer son sourcing en 2018

Comme chaque année, dans son bilan annuel du secteur, la Fédération Française du Prêt à Porter Féminin se penche sur les importations des marques et les équilibres de sourcing. Pour l'année 2018, alors que l'organisation publie un recul contenu de la consommation française de mode féminine, mais une belle progression des exportations, la tendance confirme, côté fournisseur, la progressive recomposition du sourcing asiatique, ainsi qu'une poussée du Maghreb.


La présence de l'Italie en haut du classement des importations est difficile à analyser compte tenu des difficultés de traçabilité des marchandises passant par le pays - FFPAPF

Ainsi, au cours des douze mois de 2018, le prêt-à-porter féminin français a vu le volume de ses importations progresser à nouveau en valeur, de 3,3 %, avec pour principal point d'ancrage l'Asie, pesant pour 57 % du total (contre 57,4 % l'année précédente). Mais au sein même du continent asiatique, les forces se rééquilibrent, avec la montée en puissance du sous-continent indien.

Ainsi, la Chine reste encore et toujours le premier fournisseur du prêt-à-porter féminin français, avec 31,7 % des montants en valeur, mais cette part a reculé de 1,8 point en 2018. L'autre grand fournisseur asiatique qui semble profiter de cette redistribution est le Bangladesh, avec une progression en valeur de 13,9 %, représentant désormais 7,5 % des importations du prêt-à-porter féminin français.

L'Inde connaît une progression un peu moins forte de 4,7 %, qui lui permet néanmoins d'asseoir son statut de troisième fournisseur asiatique. Avec la croissance de 10,1 % des importations en provenance du Pakistan, le sous-continent indien confirme son émergence comme le nouveau grand pôle fournisseur pour les marques françaises. Inde, Bangladesh et Pakistan ont ainsi ensemble dépassé le cap des 15 % du montant total des importations.

Toujours en Asie, le Vietnam semblerait arriver à saturation de sa capacité puisque les importations ralentissent, +1,7 % seulement. Le Cambodge notamment en profite, puisque sa contribution au sourcing du prêt-à-porter féminin français progresse de 13,2 % en 2018, tout comme la Birmanie, qui fait un bond de +51 % pour prendre la quatorzième place du classement des importations.

En ce qui concerne le sourcing de proximité des marques de mode féminine françaises, le Maghreb a fait une belle année 2018. Les importations en provenance du Maroc, quatrième du top 20, sont ainsi en hausse de 7,5 % sur douze mois, tout comme celles en provenance de Tunisie, huitième du classement, qui progressent de 8,3 %. Aux portes de l'Europe toujours, la Turquie, cinquième fournisseur, a également été plébiscitée et affiche +7,5 % en valeur.

Trois pays qui tirent leur épingle du jeu pour le sourcing proche, alors que la situation est plus contrastée en Europe. A l'Est, la Roumanie recule (-5 %) du fait de « problématiques nationales internes », estime François-Marie Grau, délégué général de la fédération. La Bulgarie en revanche fait une poussée avec +11,9 % en valeur. Enfin, en queue de peloton de ce top 20, Espagne et Portugal ont réduit leur empreinte sur le sourcing des marques féminines françaises, reculant de 13,7 % et 15,3 % respectivement.

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