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Le Printemps rappelé à l'ordre par le ministre de l'Economie

Publié le
21 mars 2020
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4 minutes
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Un simple tweet en forme de rappel à l'ordre. Depuis plusieurs jours, Bruno Le Maire, ministre de l'Economie et des Finances, alterne sur son compte Twitter présentations des aides à l'attention des entreprises et mises en avant des initiatives solidaires. Mais vendredi soir le ministre a utilisé son compte, suivi par les chefs d'entreprises et les journalistes, pour taper du poing sur la table avec un message, proche du "name and shame", qui a mis en lumière une décision de la direction financière du Printemps. Jeudi, celle-ci a envoyé une lettre à ses fournisseurs, que FashionNetwork.com s'est procuré, leur annonçant le gel du paiement de ses factures.


Capture d'écran du tweet de Bruno Le Maire



"Comme de nombreux autres acteurs économiques du commerce, nous nous trouvons dans une situation économique et financière sans précédent, à la fois exceptionnelle, irrésistible, imprévisible et sans possibilité de pouvoir anticiper une date de reprise normale de l'activité.

Dans ce contexte exceptionnel, nous tenions à vous informer que nous allions suspendre le paiement de la totalité de nos encours fournisseurs à compter de ce jour pour l'ensemble des sociétés et des établissements du Groupe Printemps."

Le groupe Printemps revendique travailler avec 3 500 marques via ses 19 magasins Printemps, ses 8 magasins Citadium, les sites Place des Tendances et Made in Design. Il avait réalisé un chiffre d'affaires d'1,7 milliard d'euros de ventes lors de son précédent exercice et a récemment remercié son PDG, Paolo de Cesare.

Dans son tweet de vendredi soir, Bruno Le Maire annonçait avoir échangé avec la direction du groupe de distribution, "Le Printemps s’est engagé auprès de moi à tenir ses engagements à l’égard de ses fournisseurs et à respecter les délais de paiement, conformément à la loi. Dans les circonstances exceptionnelles, l’État veillera au strict respect de l’ordre public économique", a-t-il glissé vendredi soir.

La DGCCRF va veiller au respect des règles



Le Printemps nous a expliqué être revenu vers ses partenaires avec des précisions sur ses intentions. Un nouveau courrier leur a été envoyé expliquant : "Nous tenons à vous dire que cette suspension n’est que provisoire, le temps nécessaire pour définir le plan d’actions qui doit nous permettre de faire face à la fermeture temporaire de nos magasins, tout en respectant nos engagements. Nous déployons toute notre énergie pour faire en sorte que cette période d’incertitude soit la plus courte possible", détaille le mot sans toutefois dresser d'agenda. "Le groupe Printemps est très attaché à la qualité des relations qu’il entretient avec ses partenaires et fournisseurs, et fera tout son possible pour respecter les délais de paiements. Il déploiera les moyens financiers nécessaires pour honorer ses engagements, avec la volonté de maintenir et nouer des partenariats fondés sur la confiance."

Cette précision intervient donc suite aux échanges avec Bercy qui avait, via une intervention de Bruno Le Maire, annoncé la couleur aux entreprises. «Certaines entreprises s'estiment exonérées du paiement de leurs factures à cause de la crise sanitaire que nous vivons. C'est inacceptable et c'est dangereux pour des milliers de petites et moyennes entreprises prestataires », expliquait jeudi le ministre de l'Économie qui avait aussi précisé avoir demandé à la DGCCRF de veiller au respect des règles concernant les délais de paiement.

Jeudi soir, le gouvernement a d'ailleurs annoncé la mise en place d'un nouveau dispositif de garantie pour l'assurance-crédit à hauteur de 10 milliards d'euros. "Le crédit inter-entreprises est un maillon essentiel du financement des entreprises, représentant près de 700 milliards d’euros chaque année. L’assurance-crédit, qui couvre près de 200 milliards d’euros de créances, permet de sécuriser les entreprises contre le risque de défaillance des clients auxquels elles accordent des délais de paiement, précisait Bercy dans un communiqué. Le dispositif permettra aux entreprises de continuer à bénéficier des couvertures d’assurance-crédit dont elles ont besoin afin de poursuivre leur activité avec leurs clients PME et ETI françaises."

Que ce soit au ministère de l'Economie, comme au ministère du Travail, le ton se durcit face aux comportements d'entreprises jugés inciviques. Muriel Pénicaud, tançait d'ailleurs dans la semaine les sociétés qui basculaient en chômage partiel, sans avoir tenté de maintenir une activité avec le télétravail. Il semblerait également que le gouvernement commence à renforcer ses contrôles quant à l'obtention de l'autorisation de mise en place du chômage partiel.

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