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21 mai 2013
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Le prix de l'Andam de plus en plus business

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21 mai 2013

L'édition 2013 du prix de l'Andam marque un tournant sensible dans l'histoire du prix. Depuis les critères d'acceptation des candidatures jusqu'au choix du jury, révélé lundi dernier, le soutien de l'association emmenée par Nathalie Dufour et les institutions qui l'entourent, ne se permet plus de choix de niche. Au contraire, le signal du palmarès 2013 indique que le soutien de l'Andam se dirige plus que jamais vers des talents déjà bien ancrés dans le circuit.

Pour concourir au Grand Prix, désormais doté de la somme record de 275 000 euros, un designer doit répondre à un certain nombre de critères lui permettant d'être éligible. Parmi ceux-ci, le chiffre d'affaires annuel de sa société ne doit pas excéder un certain montant, jusqu'alors établi à 1,5 million d'euros. Cette limite a été relevée cette année à 3 millions d'euros, signe que les lauréats peuvent ou doivent justifier d'une solidité sensiblement accrue pour prétendre à la dotation. Cette dernière n'est d'ailleurs transmise aux lauréats que sur présentation de devis, tout au long de l'année qui suit la récompense, et non par virement bancaire sur le compte du designer comme le pratique Mango avec son Fashion Award.

Pedro Lourenço, Rabih Kayrouz, Yang Li, Alexandre Mattiussi, Iris Van Herpen, Masha Ma et Olympia Le Tan (DR)


Le choix des finalistes de l'édition 2013 est tout aussi symptomatique des nouvelles exigences du prix de mode français le plus généreux en date. Plus business car mieux doté - notamment grâce à de nouveaux capitaux des Américains de Fashion GPS -, le Grand Prix de l'Andam s'est tourné cette année vers des créateurs aux registres aussi divers que leurs CV sont riches, à l'image d'un Rabih Kayrouz ou d'un Aganovich, actifs depuis des années mais à la tête de structures encore jeunes. Iris Van Herpen et Masha Ma démarrent respectivement leur ligne de prêt-à-porter et une ligne secondaire après plusieurs années dans le circuit des collections parisiennes. Le timing est opportun aussi pour Olympia Le Tan, très référencée avec ses minaudières, qui a lancé l'an dernier une gamme de prêt-à-porter aux Fashion Weeks de Paris. L'exemple le plus parlant de cette shortlist est sans doute la marque Ami Alexandre Mattiussi, en pleine expansion retail soutenue depuis 2012 par Mode & Finance. La société d'investissement facilitera cette année l'accès à ses services aux finalistes implantés en France désireux d'ouvrir leur capital.

Yang Li (gauche) et Pedro Lourenço (droite) en lice pour le Grand Prix 2013 (DR)


Les membres du jury de l'Andam, présidé cette année par Renzo Rosso et dans lequel se trouve notamment Angelica Cheung, puissante rédactrice en chef du Vogue China, ont été sensibles à des talents internationaux déjà désireux de s'installer en France. C'est entre autres le cas du Brésilien Pedro Lourenço, âgé de 23 ans dont presque dix à la tête de sa marque éponyme qui défile à Paris depuis 2010. Même cas de figure pour la sensation australienne Yang Li, 25 ans, basé à Londres et nouveau venu sur la scène parisienne tout comme Masha Ma, dont le prêt-à-porter veut promouvoir le savoir-faire chinois en matière de luxe mais qui devra, si elle remporte la récompense, s'engager à employer des producteurs français dans ses futures collections.

Les sept finalistes du Grand Prix 2013 sont ainsi tous inscrits au calendrier parisien des collections. Autrement dit, il ne semble plus question d’inviter des créateurs étrangers à s'installer en France si ce désir ne figure pas déjà dans leur agenda, comme ce fut le cas avec Haakan (lauréat 2010) ou encore Giles Deacon (lauréat 2009). Ce dernier produit d'ailleurs toujours ses collections en Italie et a retrouvé le programme de la London Fashion Week, après quelques saisons à Paris.

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