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Marguerite Capelle
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16 sept. 2019
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Le romantisme celtique de Simone Rocha

Traduit par
Marguerite Capelle
Publié le
16 sept. 2019

​Simone Rocha a puisé son inspiration à des sources obscures, mais ses créations étaient exceptionnellement lumineuses, dans la collection particulièrement mémorable qu’elle a présentée à l’Alexandra Palace dimanche soir à Londres.
 

Simone Rocha - Spring-Summer2020 - Womenswear - Londres - © PixelFormula


Le défilé était présenté dans un ancien théâtre grandiose et complètement en ruines au sein de l’Alexandra Palace, bâti sur Muswell Hill, qui domine la ville de Londres. Le vieux parquet en pin et l’espace brut se juxtaposaient idéalement aux vêtements : un amalgame de romantisme aristocratique, de chic druidique et de punk BCBG. Tous les Londoniens surnomment ce bâtiment en plutôt sale état Ally Pally, un terme affectueux et plein d’admiration pour une vieille amie… tout comme la réaction suscitée par cette collection très spéciale.

Simone Rocha est partie de l’antique tradition celte du Wren Day, ou « jour du roitelet », qui voit des « wren boys » chasser un oiseau fictif, le mettre sur une pique et faire la fête affublés de vêtements de paille et de masques avec une excentricité digne d’un cirque. On célèbre encore le Wren Day chaque année à Sandymount Green, sur la côte dans la banlieue de Dublin, la ville natale de Simone Rocha. Parce que les roitelets chantent tard dans l’hiver, ils représentent l’année qui s’achève, et en tuer un symbolise le passage à la nouvelle année.

Mais l’imagination de Simone Rocha est fertile, et elle a poussé le concept bien plus loin. En ouverture, de très belles robes rebrodées en blanc et bleu de Delft, associées à des mules et des sandales garnies de pointes punk et de talons imitant le verre taillé, en plexiglas. Les robes étaient coupées avec des manches gigot, des épaules pointues, et de savants jeux d’épaisseurs et de transparence.

Mais les jeunes Celtes de Simone Rocha n’avaient rien d’effrayant. Elles offraient au contraire un superbe panaché de trenchs asymétriques, de broderies en paille brute, de volants à n’en plus finir et de multiples rangs de perles. Des brins de paille étaient également tressés dans les cheveux de certains mannequins, qui affichaient tous les âges et toutes les attitudes.


Simone Rocha - Spring-Summer2020 - Womenswear - Londres - © PixelFormula


Toute une troupe de it girls – Paloma Faith, Lulu Guiness, Lauren Santo Domingo – un régiment d’acheteurs et tous les rédacteurs qui comptent à Londres avaient accompli le périple d’une heure pour arriver dans le nord, tant est grande la considération dont jouit Simone Rocha.

Avec une bande son fantastique de la part du DJ Frédéric Sanchez, et notamment un mash-up de Flip Flops de Moving Elements, c’était vraiment un moment à part. Et alors qu’on boucle le premier tiers des 29 jours de cette saison internationale, c’était sûrement la collection la plus importante à ce jour.

Simone Rocha s’est attiré une ovation prolongée et tonitruante quand elle est venue saluer avec délicatesse, avant qu’une horde de rédacteurs ne la suivent en coulisses pour la féliciter. Menée au petit trot par Anna Wintour.
 

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