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Publié le
9 oct. 2008
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Le Royaume-Uni touché par l'écroulement des banques islandaises

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Les echos
Publié le
9 oct. 2008

Le Royaume-Uni subit le contrechoc de la crise qui secoue le secteur bancaire islandais, les banques et les entrepreneurs de ce petit pays ayant fait ces dernières années de la Grande-Bretagne un de leurs terrains de jeu préféré.



Une des victimes les plus emblématiques de la crise islandaise au Royaume-Uni est le club de West Ham, membre de l'élite du football anglais. Ce club de première division, situé dans l'Est de Londres, a été prévenu qu'il allait devoir subir une cure d'austérité, car son propriétaire, qui n'est autre que l'Islandais Björgolfur Gudmundsson, le président et l'un des principaux actionnaires de la deuxième banque islandaise récemment nationalisée par les autorités, Landsbanki, va devoir réduire ses investissements. Si M. Gudmundsson a écarté pour l'instant une vente du club, la presse et les supporteurs redoutent le licenciement d'une dizaine de ses 34 joueurs.

Le secteur de la mode et de la distribution est également en première ligne. Les groupes islandais, en particulier Baugur, ont multiplié depuis le début de la décennie les investissement dans le secteur du commerce, rachetant ou prenant des parts dans plusieurs enseignes ayant pignon sur rue, des plus populaires comme la chaîne Woolworths (magasins non alimentaires) aux plus prestigieuses comme les grands magasins House of Fraser, sorte d'équivalent local des Galeries Lafayette, autant d'actifs qu'ils pourraient être contraints de céder.

La maison de couture Hardy Amies, qui compte la Reine Elizabeth parmi ses clientes, est quant à elle en train de lutter pour sa survie car son actionnaire principal, Arev Brands, n'est plus en mesure de la financer. Arev Brands est un fonds d'investissement créé par Jón Scheving Thorsteinsson, un ancien patron de Baugur.


Avoirs britanniques dans les banques islandaises

Mais au-delà des investissements réalisés par les Islandais, de nombreux Britanniques tremblent car ils avaient confié leurs avoirs à des banques islandaises, qui avaient ouvert des filiales au Royaume-Uni. La chute de la Landsbanki a ainsi menacé quelque 300.000 Britanniques clients de sa filiale d'épargne en ligne Icesave.

Le gouvernement britannique a dû se porter à leur secours, garantissant le remboursement de leurs dépôts, et a entamé des négociations avec les autorités islandaises pour récupérer auprès d'elles les sommes en question. Et jeudi, plusieurs collectivités locales anglaises ont à leur tour demandé à bénéficier de la garantie de l'Etat pour les centaines de millions de livres qu'elles ont en dépôt dans des banques islandaises aujourd'hui au bord de la faillite. Parmi les collectivités impliquées figure le conseil municipal de Westminster, au coeur de Londres.

Selon l'opposition conservatrice, les sommes en jeu pourraient aller jusqu'à un milliard de livres (1,26 milliard d'euros). Le maire de Londres Boris Johnson a indiqué, de son côté, que la régie des transports londoniens, TfL, avait 40 millions de livres en dépôt chez KSF, filiale de la banque Kaupthing qui vient tout juste de passer sous le contrôle de Reykjavik.

Mais l'exemple le plus spectaculaire à ce jour est l'homme d'affaires d'origine iranienne Robert Tchenguiz. Selon la presse, ses participations dans dans plusieurs groupes britanniques étaient financées par KSF. Le dépôt de bilan de celle-ci aurait entraîné la vente forcée de plusieurs de ces participations, à vil prix et avec une forte moins-value par rapport à leurs coûts d'acquisition. Selon le "Financial Times", Robert Tchenguiz a perdu dans cette affaire la somme coquette d'un milliard de livres (1,23 milliard d'euros) en seulement 24 heures.

(source AFP)

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