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Le secteur textile britannique ne croit pas aux vertus des quotas

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AFP
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24 août 2005

LONDRES, 24 août 2005 (AFP) - Face au blocage des vêtements chinois dans les ports européens, les distributeurs britanniques, en colère contre Bruxelles, affirment que les quotas ne profiteront en rien aux fabricants locaux, un scénario que ces derniers ne mettent pas vraiment en doute.


Employée d'une usine à Ningbo

"Je ne crois pas qu'un seul tee-shirt manquant sera fabriqué au sein de l'Union européenne", lance Mark Neale de Moutain Warehouse, dont "bien plus de la moitié" des vêtements et articles de sport viennent de Chine.

Il attendait deux conteneurs pour l'hiver, mais ceux-ci n'ont pu être débarqués: résultat, "il y a deux semaines, j'étais à Bangalore (en Inde, ndlr) pour tenter de nouer des contacts", raconte-t-il.

Dénonçant l'absence de concertation entre la Commission européenne et les distributeurs, il explique que les petites sociétés sont les plus touchées, les grandes chaînes comme Next, Arcadia ou Marks and Spencer ayant des réseaux suffisants pour se retourner du jour au lendemain vers d'autres fournisseurs.

Selon lui, la réintroduction de quotas limitant l'importation de vêtements chinois en Europe est "complètement futile, car au final, nous n'allons pas essayer de faire fabriquer nos tee-shirts au Royaume-Uni, en Italie ou en Espagne, mais en Inde, au Vietnam, au Cambodge ou dans d'autres pays d'Asie pour lesquels il n'y a pas de problèmes de quotas".

Même son de cloche de la part de Alisdair Gray, porte-parole du British Retail Consortium, qui représente le secteur de la distribution.

"En Europe et au Royaume-Uni, où il ne reste plus guère d'industrie textile, nous ne sommes pas en position de lutter contre ces produits" qui viennent de Chine, souligne-t-il.

"Les seuls pays qui peuvent le faire, ce sont le Bangladesh, le Maroc, le Cambodge, le Vietnam. Nous nous approvisionnons là où nous avons le meilleur service clientèle, la meilleure qualité, les meilleurs prix".

Les industriels eux-mêmes ne se montrent guère plus optimistes quant aux bénéfices qu'ils peuvent tirer de la situation.

"Cela aurait été une bonne nouvelle si les usines qui produisaient les tissus et les pièces aujourd'hui importées de Chine existaient encore, mais malheureusement, la plupart ont fermé quand les distributeurs se sont tournés vers l'Europe de l'Est, la Turquie, l'Extrême-Orient", constate John Lambert, de la Confédération britannique de l'industrie lainière.

"Nous ne pouvons guère plus remplacer qu'une très, très petite proportion des articles chinois. En outre, nos produits seraient plus chers, donc pas compétitifs", ajoute-t-il.

Uldis Revelins, du Centre pour le vêtement de Coventry, qui aide à la régénération de l'industrie textile dans le centre de l'Angleterre, ne voit rien d'autre dans la situation qu'une aubaine éphémère.

"A court terme, les fabricants britanniques vont peut-être tirer quelque profit, mais cela débouchera surtout sur une diversification de l'approvisionnement des distributeurs entre les pays à bas coûts de main d'oeuvre, comme la Turquie, le Bangladesh, le Sri Lanka et l'Inde", dit-il.

"Il n'est guère probable que les alternatives à la Chine incluent des producteurs européens à un niveau significatif", anticipe enfin un porte-parole du ministère du Commerce et de l'Industrie.

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