Le soleil dope un peu l'ouverture des soldes

Le beau temps a dopé mercredi le coup d'envoi des soldes, mais les commerçants, qui sortent d'une saison très difficile, se montrent plutôt prudents sur le succès de l'opération face aux promotions qui séduisent les consommateurs tout au long de l'année.

Les soldes rue Etienne Marcel - FashionMag

A Paris, dès le début de la matinée, plusieurs centaines de clients se pressaient dans les boutiques de la gare Saint-Lazare, où le ministre de l'Economie Emmanuel Macron était venu inaugurer les soldes qui s'ouvrent ce mercredi pour six semaines.

Pour le ministre, « les soldes restent (...) un moment important du commerce en France". « Les attentes des commerçants sont fortes » après une saison difficile, marquée par une météo capricieuse et des mouvements sociaux qui ont pesé sur la fréquentation des magasins, explique-t-il devant la presse.

« On vient d'avoir un trimestre assez négatif » pour le commerce, avec des chiffres d'affaires en chute « de l'ordre de -20 à -30 % » pour certains détaillants. « A un moment, on est tellement bas que ça ne peut que s'améliorer », renchérit Claude Boulle, directeur général de l'Union du commerce de centre-ville.

Du côté des consommateurs aussi, « il y a toujours une attente », a déclaré mercredi après-midi la secrétaire d'Etat au Commerce, Martine Pinville, après avoir rendu visite à plusieurs petits commerçants. « Même s'il y a des promotions le reste de l'année, les soldes restent un moment privilégié pour faire de bonnes affaires », a-t-elle expliqué. « J'ai senti, qu'après des moments difficiles, les commerçants avaient plutôt le moral. Ils commencent à sentir une reprise d'activité, et les soldes devraient y contribuer », ajoute-t-elle.

Aurélie Mazères, responsable d'une boutique Petit Bateau, se veut pourtant optimiste. « Ça démarre bien, le soleil est avec nous, donc cela augure de bons soldes », déclare-t-elle.

Chez Etam, les vendeuses semblent également satisfaites de la fréquentation et des ventes, mais la directrice générale de l'enseigne, Marie Schott, se montre plus réservée. « Je suis partagée quant à l'éventuel succès des soldes. Il y a du monde, c'est vrai, mais il y a eu aussi beaucoup de ventes privées ces dernières semaines », qui captent une partie des achats autrefois réservés aux soldes. « Il faudra voir, et batailler jusqu'au bout pour attirer les clientes », estime-t-elle.

Au Printemps, on est également dans l'expectative. « La première heure a très bien marché, mais après ça s'est un peu tari », déclare son directeur Pierre Pellarey. A 11h, le grand magasin faisait état d'un chiffre d'affaires en repli de 1 à 2 %. « Mais ça va monter en puissance dans la journée, on a beaucoup de stocks, ça va favoriser les achats », estime Pierre Pellarey. A 17h, l'activité était tout de même en baisse de 4 % par rapport à l'an dernier, pénalisée par le recul des ventes d'accessoires de luxe.

Débuts plus timides en province

Yves Marin, expert consommation au cabinet Kurt Salmon, qui a interrogé les commerçants ce matin, explique que ceux-ci sont « majoritairement confiants dans le fait que les soldes vont bien se passer », d'autant que « ça démarre fort en termes de rabais », avec beaucoup de -50 %. Le cabinet d'études table sur une progression des ventes de 3 à 4 % pour la période. Mais, tempère-t-il, « cela intervient après une saison très mauvaise (-6 % en avril, -3 % en mai) et les soldes ne suffiront donc pas à compenser ce début d'année calamiteux ».

« Nous savons très bien que les soldes ne sont plus comme avant (...). Nous verrons bien ce que cela nous rapportera, même si on sait que cela ne devrait pas représenter beaucoup en termes de chiffre d'affaires », estimaient les commerçants parisiens, interrogés mercredi après-midi par la CCI Paris Ile de France.

En province, les soldes ont démarré plus timidement qu'à Paris.

« On attend beaucoup des soldes après les mauvais mois qu'on vient de traverser », explique la gérante d'un magasin de mode masculine, dans le centre-ville de Rennes, durement touché par les mouvements sociaux des dernières semaines.

A Bordeaux aussi, la foule n'était pas franchement au rendez-vous. C'est « calme » par rapport à l'accoutumée, explique Colas Michard, propriétaire du magasin de chaussures Michard Ardillier. Selon lui, commencer les soldes le 22 juin, « c'est se tirer une balle dans le pied », avec des ventes à pertes alors que la saison n'a même pas encore commencé du fait du mauvais temps.

« Le beau temps c'est bon pour les soldes, mais on sait aussi d'expérience que les gens restent chez eux lors des trop grosses chaleurs. Or aujourd'hui, on attend 34 degrés sur Bordeaux, donc pas forcément idéal pour lancer les soldes », déclarait mercredi midi Christian Baulme, président de la principale association de commerçants bordelais.

A Lyon, dont les magasins affichent des rabais à -50 ou -70 %, le gros des soldes est plutôt attendu pour le début d'après-midi. « Cela se réveille doucement », note Magali, vendeuse dans une boutique de vêtement indépendante. D'autres comme le magasin de chaussures Mephisto font en revanche déjà le plein de clients. « On est des lève-tôt, nous, c'est normal, explique Yvette, 68 ans. Et comme ça, on est sûr de trouver sa pointure ! »

Au centre commercial de la Part-Dieu aussi, les clients ont aussi fait le déplacement. A 11h, la fréquentation était en hausse de 4,5 % par rapport à l'an dernier et de 3 % à 17h. « C'est une bonne première journée de soldes, les gens ont profité de l'accalmie météorologique pour se faire plaisir », note sa directrice, Véronique Margerie.

Sur Internet, Sarenza affichait une activité en hausse 15% à 11h et 30 % à 17h, porté par des rabais à -60 %, et Brandalley voyait son nombre de visiteurs progresser de 10 %. Price Minister faisait même état d'un bond de 108 % de son volume d'affaires à la mi-journée.

Emmanuel Brunet directeur général d'Eulerian, qui mesure le trafic sur 40 % des sites Internet français, note « un petit ralentissement » par rapport à d'habitude, avec une fréquentation en hausse de seulement 2 % à 16h, contre +6 % en janvier. « Traditionnellement quand il fait beau, les gens préfèrent faire leur shopping en boutiques, plutôt que devant leur ordinateur », remarque-t-il.

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