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Publié le
18 oct. 2021
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6 minutes
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Le Surf Summit trace les enjeux du secteur des sports de glisse

Publié le
18 oct. 2021

Jeudi et vendredi, l'océan avait beau être plus calme que la Méditerranée, le surf était tout de même à l’honneur à Hossegor. Au casino de la ville côtière landaise, les acteurs du secteur avaient rendez-vous pour la vingtième édition de l’Eurosima, le rendez-vous annuel du secteur. Deux jours destinés à inspirer les dirigeants et équipes des sociétés Boardriders, Volcom, Oxbow, Rip Curl ou encore Vissla, mais aussi les étudiants des écoles formant les futurs professionnels des marques de sport comme le CNPC.


Le Surf Summit était l'occasion de faire le point sur les challenges à relever pour le secteur. - FNW



Il y a donc eu des conférences d’Emmanuelle Duez du Boson Project ou de l’ex-international de volley Wilt Chamberlain sur la motivation des équipes et la transformation des organisations. Mais le rendez-vous était aussi l’occasion de faire le point sur la dynamique du secteur après deux ans de crise liée au Covid.

Bien sûr, sur place, la majorité des acteurs présents doivent actuellement composer avec la triple problématique des prix des matières, des délais de production et de l’augmentation des coûts et temps de transport. Mais sur l’activité du secteur, Pascale Gozzi, présidente de l’Union Sport et Cycle, Jean-Louis Rodrigues, président de l’Eurosima, Virgile Caillet, délégué général de l’USC, et Franck Laporte, directeur exécutif de l’Eurosima, ont tracé le bilan des derniers mois mais aussi la dynamique commerciale en cours.

"Notre secteur sort très bien de cette crise. Nous sommes gagnants car nos pratiques correspondent à l’envie des citoyens et surtout des jeunes générations, estime Jean-Louis Rodrigues qui relève que le nombre de pratiquants est en plein essor. Nous avons 20% et 30% de croissance, avec 1,9 milliard d’euros générés dans le secteur depuis l’Aquitaine. Cela représente quelque 700.000 heures de pratique. Nous voyons aussi qu’à présent nous avons 30% de participation féminine dans nos sports, le surf bien sûr mais aussi Kite Sup Foil… Cela entraîne pour nos entreprises une grande croissance pour des catégories comme le matériel technique qui tirent la croissance du secteur."
 
Une dynamique forte pour les action sports, secteur qui fait clairement partie des moteurs du sport. Un domaine qui affiche plutôt une bonne dynamique depuis le début de l’année.
 
"Nous relevons une progression de 6% entre janvier et septembre par rapport à 2019, qui était une année record. Depuis l’hiver, le secteur du sport est en essor mais, en même temps, il y a un recul de la fréquentation dans les associations et les salles. Les gens pratiquent plus en plein air, à domicile, en accès libre. Nous voyons qu’il y a une recomposition du marché, avec des transformations qui vont réinterroger nos modèles", explique Virgile Caillet qui rappelle que le secteur de la montagne a subi un recul d’activité de 73% du fait de la fermeture des remontées mécaniques l’hiver passé.

"Il y a eu deux hiver amputés, précise-t-il. Et nous sommes encore en discussion avec Bercy sur la prolongation des aides jusqu’à la fin de l’année pour que les acteurs puissent tenir l’hiver."

Perspective olympique



Les signaux sont toutefois encourageants pour l’économie du sport, notamment avec les plans annoncés la semaine passée par le président de la République pour renforcer le nombre de lieux de pratique dans l’Hexagone.

"Globalement, on n’a jamais autant parlé de sport. Les acteurs qui fabriquent les équipements retrouvent une véritable croissance. Les projets sont en hausse de 20% par rapport à 2020, sans que l’on sache quelle est la part de rattrapage, précise Virgile Caillet. La tendance est très positive, mais on se demande comment on va assumer l’implantation de ces 5.000 équipements annoncés. Le sport est devenu un sujet politique et on commence à intégrer le sport comme une filière."

C’est l’un des enseignements de la période. Durant cette crise, les représentants de la filière sport ont dû défendre les intérêts du secteur auprès du gouvernement dans des réunions où se trouvaient des industries comme l’aéronautique ou l’automobile. Ils ont notamment dû faire entendre leur voix par rapport aux fermetures des lieux de pratique, des salles de sport aux pistes de ski en passant par les plages.

"Nous savons que nous sommes une filière clé sur la Nouvelle Aquitaine. Ici nous discutons avec les communautés de communes, les villes, les chambres de commerce… Nous avons appris à encore plus travailler avec eux. Actuellement nous avons sept projets structurants en cours. Nous avons l’écoute car nous représentons 4.000 emplois directs et 10.000 emplois indirects. Mais nous avons vu que nous avions zéro visibilité au niveau national, constate Jean-Louis Rodrigues. Et sur les questions structurantes, nous avons constaté la problématique de toucher les ministres décisionnaires. En rejoignant l’USC, nous avons pu faire comprendre que nous méritions un temps d’écoute nécessaire."
 
Un apprentissage majeur pour le secteur du surf. En effet, l’industrie entend faire revenir le championnat du monde de surf dans le sud-ouest de la France. Si pour 2022, cela semble inaccessible, l’ambition de l’équipe de l’Eurosima est de structurer le projet et mobiliser les acteurs sportifs et institutionnels pour obtenir un retour de l’évènement, qui est un moteur économique pour toute une région, à l’automne 2023. Alors que le 4 novembre prochain, le plan de reconquête du tourisme doit être présenté, l’industrie du surf entend donc pouvoir faire jouer ce lien entre tourisme et attractivité de la pratique sportive.
 

Les défis du recyclage des produits



S’il y a donc des enjeux autour de sa stratégie d’influence, l’univers du sport doit faire face à des défis à plus courte échéance. Encore peu d’acteurs l’ont identifié mais la loi Agec (loi anti-gaspillage et pour l’économie circulaire) passe dans une phase active au 1er janvier prochain. Plusieurs éléments entrent en jeu: l’obligation d’affichage environnemental et l’introduction de la responsabilité élargie du producteur.

"C’est une notion de pollueur-payeur, explique Virgile Caillet. Le metteur en marché doit se préoccuper de la fin de vie du produit. Il y aura donc une filière de recyclage. Nous devons avoir une réflexion sur les lieux de récolte. Il y a un accent fort sur le réemploi et la réparation. Cela va avoir un impact direct sur nos modèles mais c’est aussi une occasion de penser à de nouveaux business."

Une réflexion qui étonnamment n’est pas encore très développée dans l’univers de la glisse. "En tant que filière au contact de la nature, nous n’avons pas le droit d’être si peu identifiés parmi les marques responsables. Nous sommes en retard là-dessus. Il y a plusieurs raisons. D’abord parce que quand les décideurs de groupes internationaux sont américains ou australiens, la notion de responsabilité n'est pas au même niveau qu’en Europe. Mais du côté américain, il y a un début de prise de conscience."
 
Une prise de conscience qui peut permettre aussi de changer les modèles. "Nous devons jouer les passerelles entre les acteurs, estime Pascale Gozzi. Il y a des synergies entre les compétences. Il y a des ponts entre la mer et la montagne qui doivent se renforcer. Une énergie commune qui peut permettre de fabriquer ensemble. Si on est prêt à développer une industrie, l’Etat nous tendra la main. Aujourd’hui, tout le monde produit dans les mêmes endroits à l’autre bout du monde. Pourquoi ne pas faire de même ici?".
 

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