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Le tailleur romantique reconstruit d'Alexander McQueen

Traduit par
Paul Kaplan
Publié le
today 9 juin 2019
Temps de lecture
access_time 3 minutes
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Comment pourrait-on définir l'art du tailleur britannique ? Éléments de réponse chez Alexander McQueen, dont la présentation millimétrée était à elle seule une démonstration d'élégance londonienne.


Une tenue de la collection printemps-été 2020 d'Alexander McQueen présentée dimanche à Londres - FashionNetwork.com/Godfrey Deeny


Dévoilée dans l'enceinte de la Chartreuse de Londres, un sublime édifice médiéval de l'est de Londres, la collection était traversée de multiples influences - dans le désordre, les jardins japonais, une élégance au cordeau, la tradition du tailleur sur Savile Row - même si le leitmotiv principal de cette collection printemps-été 2020 était la façon dont le vestiaire masculin incorpore tout en subtilité des éléments tirés de la garde-robe féminine.
 
Exemples : les blazers en sergé beige à la coupe impeccable, séparés devant et derrière, garnis de dentelle. Ou ces costumes gris, coupés à la mode Belle Époque, munis d'un côté d'un éventail splendide en tissu assorti. Ou encore ce magnifique manteau de gentleman en soie noire - un tissu qu'on aurait plutôt imaginé sur une petite robe noire - orné de faux insignes militaires, de broderies argentées et de cristaux éblouissants.



Un détail d'une pièce de la collection printemps-été 2020 d'Alexander McQueen - Instagram/Alexander McQueen


Le regretté fondateur de la maison aurait été fier du travail mené par ses successeurs sur le tailleur : des vestes en deux couches superposées, des gilets et des manteaux, le tout coupé dans des lainages rayés du nord de l'Angleterre.

Le voyage au Japon de Lee McQueen et Sarah Burton, la directrice créative de la maison, a inspiré de sublimes dragons brodés au fil d'argent. La maison avait déjà annoncé ses intentions sur Instagram - en publiant des images du général Gordon of Khartoum vêtu d'uniformes militaires richement ornés. 


Une tenue de la collection printemps-été 2020 d'Alexander McQueen, présentée dimanche à Londres - FashionNetwork.com/Godfrey Deeny


L'époque d'Edo et l'ère Meiji se fondaient dans de remarquables imprimés : fleurs de prunier japonais, chrysanthèmes et lis araignées s'entremêlaient sur des vestes et des costumes poétiques de rock star. Clou du spectacle, un trench-coat en cuir écru ceinturé à la taille, peint à la main de motifs floraux abstraits inspirés des jardins zen.

La veille au soir, la maison avait offert un dîner raffiné à l'une des adresses les plus prestigieuses de Londres, Annabel's, opulent club privé du quartier de Mayfair, connu pour la décadence étincelante de son architecte, Martin Brudnizki, pour qui visiblement l'excès n'est pas une notion valable. Une vingtaine de journalistes de mode masculine - de GQ au New York Times - ont pu y déguster un tartare de thon et du filet de bœuf nourri au grain sous les lustres Art déco de la Silver Room.


Une pièce de la collection printemps-été 2020 d'Alexander McQueen, présentée dimanche à Londres - FashionNetwork.com/Godfrey Deeny

 
L'ambiance était tout aussi élégante au cours de la présentation elle-même : des serveurs en livrée servaient des Bloody Mary épicés dans le jardin du monastère par un dimanche matin ensoleillé.
 
Aucun signe de Sarah Burton pendant la présentation. Mais à une époque où les designers sont censés être des créateurs ultra-polyvalents - qui non seulement créent des vêtements, mais construisent également des marques, imaginent des boutiques, conçoivent des campagnes publicitaires et développent des communautés sur les réseaux sociaux -, sa timidité a un certain charme. Dommage, on n'aura pas pu la complimenter pour cette belle collection.

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