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23 oct. 2020
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Léonard Paris mise sur le digital, les licences et les collaborations

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23 oct. 2020

La maison de luxe indépendante Léonard Paris, connue pour ses imprimés floraux sur jersey de soie, a dû se confronter comme bien d’autres à la pandémie du Covid-19, dont les répercussions se sont fait sentir surtout sur son réseau retail en Europe. Mais elle résiste. Face à un marché de plus en plus complexe et incertain, elle concentre ses efforts sur sa digitalisation.
 

Une silhouette duprintemps-été 2021 - Léonard Paris


"Nos boutiques sont en souffrance, en particulier sur Paris, où la situation est terrible. Nous avons donc décidé de concentrer nos investissements dans la création, le design et le digital. Nous venons de lancer le recrutement pour un responsable de la transformation digitale", nous confie Nathalie Tribouillard Chassaing, PDG de la maison.
 
La crise a amené la griffe, qui emploie une cinquantaine de personnes, à réduire ses effectifs ainsi que son réseau direct de magasins. Aujourd’hui, elle ne compte plus en France que deux boutiques, à Paris et Cannes, tandis que le point de vente de Saint-Tropez a été fermé. En Europe, elle dispose d’une adresse à Genève en Suisse ainsi que d'une dizaine de corners dans des grands magasins en Allemagne et en Autriche.

C’est en Asie que Léonard Paris est surtout présente, mais là aussi la voilure s’est réduite ces dernières années. Au Japon, elle compte aujourd’hui 60 boutiques, contre une centaine par le passé, et en Corée du Sud 10 magasins, ainsi qu’un point de vente à Hong Kong, la marque parisienne n’étant pas encore vraiment entrée sur le marché chinois.

"Au Japon, sur le troisième trimestre 2020, Léonard Paris a réalisé 65% du chiffre d’affaires par rapport à la même période de 2019, et 80% pour la Corée", indique la dirigeante.

"L’année 2020 est à oublier !"


 
"Jusqu’à fin 2019, nous étions une maison saine, qui gagnait de l’argent. Mais l’année 2020 est à oublier ! Notre chiffre d’affaires consolidé devrait atteindre les 16 millions d’euros. Il faut être patient. Nous devons résister. Avec nos couleurs et nos fantaisies, la reprise et l'envie de se faire plaisir devrait jouer en notre faveur", poursuit-elle
 
Léonard Paris peut néanmoins compter sur ses licences. Elle a noué notamment en 1969 un partenariat au Japon avec le groupe Sankyo Seiko, actif dans le textile et l’immobilier, qui développe, produit  et distribue une collection de prêt-à-porter Léonard spécifique pour ce marché.  

En 2008, elle a signé un accord de distribution avec le groupe coréen LG et sa filiale LG Fashion Corporation. A cela s’ajoutent la licence pour les parfums, confiée au distributeur français Vag, et celle pour les foulards, gérée par Ratti, l’un des plus importants soyeux de Côme.
 

Un modèle de la collaboration entre Léonard et la marque de maillots de bain Luz - Luzcollections.com


Depuis sa création en 1958 par Daniel Tribouillard, Léonard Paris s’est positionnée dans le très haut de gamme. "La soie, les jolies finitions, l’impression irréprochable expliquent nos prix élevés", souligne Nathalie Tribouillard Chassaing, en rappelant que tout est fabriqué en Italie, où l’entreprise française a une filiale gérant production et logistique.
 
Pour toucher une nouvelle clientèle, l’historique maison multiplie les collaborations. A l’instar de la collection capsule de tabourets récemment dessinée par la designer d’intérieur Maryam Mahdavi ou la collection de maillots de bain réalisée l’an dernier par Luz. Comme l’explique la PDG, "ce sont des collaborations sur des produits qui ne font pas partie de notre cœur de métier. Cela permet nous diversifier, d’élargir notre visibilité et de toucher un public plus jeune".
 
Côté créatif, la griffe a recruté un designer junior. Il va succéder à Christine Phung, qui pilotait le style depuis quatre ans et vient de quitter la maison pour occuper un poste de consultante créative auprès d’une marque française détenue par un groupe international. Le nouveau designer débutera avec l’automne-hiver 2021/22.
 
"Il a une expérience intéressante à l’international. Nous le présenterons en janvier avec la nouvelle collection. Il sera designer chez nous, la direction artistique étant assurée par nos soins. Ce que nous cherchons, ce sont des stylistes hyper investis, qui aiment ce qu’ils font et sachent bien traduire l’univers de Léonard", conclut Nathalie Tribouillard Chassaing.
 

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