Les Britanniques jettent 14,1 milliards d’euros de vêtements encore portables chaque année

Le montant est vertigineux : 12,5 milliards de livres ou 14,1 milliards d’euros. Il s'agit du montant de la valeur marchande de tous les vêtements jetés par les Britanniques chaque année, selon une étude récente. La majorité termine à la décharge. A titre indicatif, Primark réalise un chiffre d'affaires annuel de 7 milliards de livres et Inditex 25,3 milliards d'euros.


Vanish

Ce qui se cache derrière ces chiffres ahurissants, c’est l’histoire de la fast fashion moderne, qui a su créer une culture où les articles de mode s’accumulent sans être vraiment valorisés par leurs acheteurs, qui, dans certains cas, ne les portent même pas et sont habitués à s’en débarrasser très rapidement.

Les consommateurs britanniques jettent en moyenne huit articles par an. Chacun de ces articles a une valeur approximative de 24 livres (27,08 euros), ce qui signifie que chaque personne jette en moyenne pour 192 livres (216,63 euros) de vêtements par an.

Plus surprenant encore : plus de la moitié de ces consommateurs abandonnent des pièces tout à fait portables plutôt que d’en faire profiter leurs amis ou leur famille, de les vendre ou de les donner à des associations caritatives.

Cette étude de la marque de détachant Vanish a été menée auprès de 1 500 adultes et fait partie de la campagne #LoveforLonger, censée encourager les clients à garder leurs vêtements plus longtemps.

Selon cette étude, 29 % des gens jettent leurs vêtements parce qu’ils sont tachés, même si ces taches peuvent être enlevées. Mais 23 % des clients affirment ne même pas avoir essayé de les éliminer, car leurs vêtements ne valent pas cher : une conséquence de la course aux prix de la fast fashion…

27 % des interrogés jettent leurs vêtements parce qu’ils sont décousus, ce qui est en réalité très facile à réparer. Les autres raisons de jeter des vêtements : libérer de l’espace dans la garde-robe (18 %), éliminer des vêtements d’un ou d’une ex et se débarrasser de vêtements « vieux » qui n’ont pourtant été portés que quelques fois (12 %).

Environ 10 % des gens déclarent jeter leurs vêtements après les avoir portés quelques fois, encore une fois parce qu’ils ne les ont pas payés cher. Et certains jettent même des articles par flemme de les retourner en boutique !

Autre donnée intéressante : 45 % des sondés vont jusqu’à mettre les vêtements dans des sacs pour les apporter à une association, mais finissent tout de même par les jeter. Pour 59 % d’entre eux, c’est parce qu’ils n’ont simplement pas envie d’avoir à se déplacer.

La campagne Vanish, évidemment, est centrée sur l’augmentation des ventes de produits détachants, mais elle met malgré tout en lumière un vice majeur du secteur de la mode moderne.

La tendance des consommateurs à acheter des vêtements toujours moins chers et en des quantités toujours plus importantes a pour conséquence une accumulation inévitable d’articles dans la garde-robe, dont il faudra bien faire quelque chose à un moment donné.

L’étude révèle que les Britanniques dépensent en moyenne 92 livres (103,80 euros) par mois en nouveaux vêtements, mais ne portent pas plus de la moitié (46 %) de leur garde-robe. Et un vêtement devient vieux après 20 lavages d’après ces consommateurs, ce qui représente en moyenne une cinquantaine de jours portés.

L’étude Vanish révèle également que 41 % des consommateurs admettent n’avoir jamais pensé à ce qui arrive à leurs vêtements lorsqu’ils les jettent et que 37 % ne ressentent aucune culpabilité à jeter des vêtements. Seuls 62 % savaient que leurs vêtements finissent à la décharge avec les ordures communes.

Dans le cadre de la campagne Vanish, des articles textiles jetés à la décharge ont aussi été récupérés pour être nettoyés et détachés afin d'être à nouveau portables.

Traduit par Clémentine Martin

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