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31 mai 2012
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Les achats de mode, premiers sacrifiés quand tout va mal

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31 mai 2012

Les organismes statistiques sont unanimes: avril a été un mois "pourri" pour le commerce et les magasins d’équipement de la personne sont les premiers touchés quand tout va mal. Ces deux derniers jours, l’Institut Français de la Mode (IFM), Procos et l’Insee sont venus le confirmer. L’IFM a semé l’effroi en publiant ce jeudi 31 mai un recul de 17% des ventes de textile-habillement en avril 2012 par rapport à avril 2011.

Mais le textile est loin d’être le seul secteur en baisse. Le Panel Procos (50 enseignes spécialisées nationales) mesure ainsi une chute globale de chiffre d’affaires de 8,2%. Seule la restauration est en hausse, sans doute aidée par les vacances de printemps.


La baisse de consommation en avril a affecté la plupart des secteurs. Mais la mode a été la plus touchée. Photo Maje

Le tableau dressé par l’Insee est à peine plus nuancé. L’institut de statistique mesure une augmentation de la consommation de 0,4% en avril. Mais celle-ci est principalement tirée par la hausse du poste énergétique (+12%) et, dans une moindre mesure, de l’équipement du logement (+5,1%). L’automobile neuve recule de 1%, le textile-cuir plonge de 12,8%.

La règle d’expérience qui veut que l’automobile et l’habillement soient contracycliques - quand le consommateur investit gros dans une voiture, il limite les petites dépenses coup de cœur et inversement, quand il s’épargne de gros achats, il s’autorise plus de petits caprices - ne s’est pas vérifiée. Autre donnée: l'indice de chiffre d'affaires en valeur fourni par la fédération des magasins de bricolage fait état d'un recul sur avril de 8,7%.

Enfin, l'enquête mensuelle de conjoncture dans le commerce de détail de la Banque de France parue le 16 mai (avril 2012 par rapport à avril 2011, en volume et données corrigées des variations saisonnières et jours ouvrables, chiffres provisoires), annonce, elle, une chute vertigineuse de 31% du textile-habillement et de la chaussure. Toujours selon cette évaluation, l'horlogerie-bijouterie est à -11%, les jeux et jouets à -19%, la parfumerie-hygiène à -5%, l'électroménager à +5%, l'électronique stable et le meuble à -1%.

On aurait plutôt affaire à une dépression générale des ventes, au sein de laquelle l’équipement de la maison bénéficierait d’une "moins mauvaise" orientation que celle de l'équipement de la personne. Les facteurs conjoncturels pèsent lourd dans la balance. Ainsi, avril 2012 a compté un samedi et autant de recettes en moins par rapport à avril 2011. Sans compter que, le climat quasi-estival de l’an dernier avait soutenu les ventes, ce qui rend l’historique défavorable.

La météo ayant souvent bon dos, Pascal Madry, le directeur des études de Procos, est allé y voir de plus près. "Selon Météo France, explique-t-il à FashionMag.com, avril 2012 a été le mois le moins ensoleillé de ces 20 dernières années, avec un déficit moyen de 40% en France. C’est aussi le 5è mois d’avril le plus pluvieux depuis 1959. On a compté entre 15 jours de pluie (en Bretagne, région la moins touchée) et 26 jours (en Auvergne): cela ne donne pas envie d’acheter des pièces de printemps-été !". L’économiste constate d’ailleurs que les villes touristiques de la Côte d’Azur, où l’ensoleillement a été meilleur, ont mieux résisté.

A cela s’ajoutent "des facteurs psychologiques dont le textile est le premier à pâtir", tels que l’attentisme de la période préélectorale et les inquiétudes sur le pouvoir d’achat. La montée des dépenses contraintes (logement, télécoms, transports) achève de détourner le chaland des boutiques de mode.

Il n’empêche que le rang de lanterne rouge dans lequel l’équipement de la personne est relégué est inquiétant. "C’est le seul secteur qui affiche des reculs de -15% à -30%, selon les mois, durablement, depuis le fléchissement que nous avons observé en juin dernier", explique Pascal Madry. Pour les consommateurs, la mode semble ainsi devenir une variable d’ajustement.

Olivier Costil

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