×
Publicités
Par
Reuters
Publié le
31 mai 2016
Temps de lecture
3 minutes
Partager
Télécharger
Télécharger l'article
Imprimer
Cliquer ici pour imprimer
Taille du texte
aA+ aA-

Les autorités chinoises font le pari du duty-free

Par
Reuters
Publié le
31 mai 2016

Les efforts chinois pour soutenir la consommation et le tourisme locaux, et faire en sorte que les citoyens de l'Empire du Milieu voyagent moins à l'étranger pour faire leurs achats de luxe, ont eu pour conséquence l'émergence d'un paradis des achats hors taxes au sud de l'île de Haïnan.

China cherche à soutenir le marché du luxe local


Des entreprises, comme le propriétaire du plus grand magasin de duty-free au monde, China International Travel Service, tirent ainsi profit du relâchement effectif depuis février, des restrictions concernant les activités de commerce hors taxe. Les ventes de HNA Group, un conglomérat chinois, ont ainsi augmenté de 160 % depuis cette date.

Les initiatives gouvernementales, qui comprennent l'ouverture de 19 nouveaux magasins de duty-free à travers le pays, interviennent alors que l'an dernier, les ventes de produits de luxe, qui sont traditionnellement proposés dans les rayons des boutiques hors taxes, ont accusé un recul de 2 %. Les observateurs attribuent cette baisse à une campagne contre la démonstration de signes extérieurs de richesse parmi les fonctionnaires gouvernementaux, mais aussi au ralentissement économique.

Actuellement, les Chinois achètent près de 80 % de leurs articles de luxe à l'étranger, dans des villes comme Paris, Londres et Tokyo, selon le cabinet de consultants Bain & Co.

« Qu'il s'agisse de Burberry ou Richemont, de nombreuses marques du secteur ont remarqué que l'avenir de la demande d'articles de luxe concernera les Chinois, et de plus en plus chez eux », déclare ainsi Erwn Rambourg, analyste chez HSBC à Hong Kong.

Dans le Haïnan, qui est plus proche d'Hanoï que de Pékin, les boutiques de duty-free proposent des produits à des prix jusqu'à 30 % inférieurs à ceux pratiqués sur le continent. Elles ont été créées en 2011, dans le cadre d'un programme expérimental dont l'objectif était de développer le tourisme sur l'île.

Les acheteurs ont initialement vu leur achats limités à 8 000 yuans (1 100 euros), deux fois par an. Depuis février, ils peuvent acheter à n'importe quel moment de l'année, dans la limite de 16 000 yuans (2 200 euros).

Le climat clément d'Haïnan et ses 60 plages ont attiré l'attention des promoteurs, notamment dans la partie sud de l'île. La ville de Sanya, qui fait trois fois la taille de Singapour, compte maintenant plus de 1 000 hôtels.

L'un des plus ambitieux projets, Alantis, d'un montant de 1,7 milliard de dollars, est le résultat d'une collaboration entre le conglomérat chinois Fusan et Sol Kerzner, le propriétaire du casino sud-africain Sun City.

« Fosun est optimiste concernant le développement futur de Sanya », a déclaré le groupe dans un e-mail envoyé à Reuters.

Près de la capitale, Haikou, le conglomérat HNA projette de développer un port en eau profonde, un stade international et un circuit de course, ainsi qu'une île artificielle similaire à Palm Islands, à Dubaï.

L'objectif affiché d'HNA est de devenir la première marque de duty-free en Chine.

L'appétit des touristes ne semble toutefois pas se diriger vers l'ensemble du secteur du luxe. Si l'on peut observer des queues à l'entrée de magasins comme Chanel, Estee Lauder et L'Oréal, les boutiques des horlogers haut de gamme semblent ainsi beaucoup moins fréquentées.

« Je veux juste acheter des cosmétiques », explique ainsi Huang Chang, une trentenaire originaire de Chongqing. « A part les sacs, je ne ferai que jeter un coup d'oeil. »

Aaron Fischer, analyste chez CLSA à Hong Kong, ajoute que le nombre limité de zones de duty-free n'est que peu susceptible d'accroître les dépenses domestiques d'articles de luxe. Il précise aussi que le prix n'est pas la seule raison pour laquelle les Chinois achètent à l'étranger. « Acheter des articles dans leur pays d'origine procure un plus grand sentiment de satisfaction », estime-t-il ainsi.

© Thomson Reuters 2021 All rights reserved.